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Les musiciens du groupe Carimi m’ont grandement surpris

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image Carlo Vieux, Richard Cavé et Michael Guirand

Le dimanche 16 décembre, je revenais de voyage et j’ai rencontré les jeunes musiciens du groupe Carimi à l’aéroport J F Kennedy de New York. Ils rentraient de France où ils ont été pour honorer un contrat. Tout s’est bien passé pour eux, ont-ils affirmé. C’était ma première rencontre avec eux.

Nous étions à l’intérieur du terminal du JFK, attendant que nos bagages nous soient délivrés.  Soudain, j’ai remarqué Richard Cavé et Carlo Vieux. Contrairement à mes habitudes, et connaissant la réaction bizarre de certains musiciens haïtiens-rêveurs qui se croient tout-puissants / superstars-  j’avais cette fois décidé de marcher en direction de ces deux artistes pour leur présenter mes félicitations. Je n’espérais pas un mauvais accueil d’eux. Je les traitais avec respect et la réciprocité m’a été rendue. Il faut dire qu’une question me hantait depuis la création de cette formation musicale.

Une fructueuse rencontre

Je voulais savoir la relation qui existait entre Richard Cavé et un ancien élève de l’école des Frères du Sacré-Cœur de Port-au-Prince, qui n’était pas de ma promotion mais qui entretenait de bonnes relations avec tous les élèves de cette institution, sans considérer le niveau académique de ceux qu’il devançait.  Richard Cavé a confirmé qu’il est le fils de cet ancien élève en question. Si ma mémoire m’est encore fidèle, le père de Richard Cavé avait, dans un temps, été chanteur d’un groupe musical « Les Stars » créé chez les Frères du Sacré par feu Frère Claude, de son vrai nom Jean Daniel Jacques. Cette formation de jeunes avait pour maestro Lionel Charles, le frère aîné de Joe Charles, ce bassiste haïtien tout terrain / hi-Tech.

Ce groupe était composé des musiciens suivants : Lionel Charles, maestro-guitariste, Gérard Moise- guitare rythmique, Jerry Gousse et Eddy Louis- bassistes ; Joe Damas-batteur (Joe Dam de Radio Métropole d’Haïti), Coriolan Gramont-tom bassiste (gongiste), Wilner Augustin-tambourineur Cromwell Frémont-accordéoniste,  Herby Augustin et Guyto Cavé – chanteurs. Je me rappelle les avoir vus à l’œuvre au cours d’un concert à l’Institut Français d’Haïti qui, lors, se trouvait à côté du Casino International au Bicentenaire, en face du Rond Point Night Club. Mes parents qui m’avaient accompagné, ce jour-là, avaient apprécié leur grand talent d’artiste et ils étaient très satisfaits de leur performance.

Avec Richard Cavé et Carlo Vieux, j’ai succinctement parlé de musique puisque, comme eux, je pratique cet art depuis mon enfance. Et  j’embrasse tous les styles, allant du classique au pur Jazz en passant par le Reggae, la Salsa et le Compas Direct.  Je leur suggère de tenir la barre solidement pour la hisser encore plus haut. Je leur faisais comprendre qu’ils doivent maintenir la section rythmique plus dynamique tout en essayant d’ajouter de vives couleurs tonales pour hybrider leur musique. Cela n’enlèvera rien de l’essence musicale ni de l’identité de notre musique populaire: le compas direct. Bien au contraire, l’hybridation de cette forme de musique ouvrira d’autres horizons au groupe Carimi. C’est ce que j’aurais souhaité de tout cœur. 

Au cours de notre conversation, je leur ai appris qu’au Bénin (ex-Dahomey) les musiques de Carimi sont jouées par des musiciens originaires de ce coin du continent africain, mais ils y ajoutent des ingrédients donnant une saveur très épicée qui est bien goûtée par d’autres peuples, d’autres cultures.  

L’apparence est souvent trompeuse

Il faudrait voir avec quelle attention Richard Cavé et  Carlo Vieux m’écoutaient parler. Ils ont fait montre d’un grand respect pour un aîné. J’avais profité de l’occasion pour leur dire qu’ils jouent bien et que j’aime leur touche. Je leur prie de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour essayer de maintenir l’orchestre en équilibre au cours des trente années à venir,  tout en évoluant avec le temps.  De la voix de Richard et Carlo se dégageait une grande sincérité, rare chez les musiciens haïtiens.  Leur attitude reflète bien leur éducation familiale.

J’ai aussi eu le temps de me présenter au manager du groupe qui a préféré garder le mutisme. Je m’apprêtais à lui adresser mes sincères compliments pour l’excellent  travail qu’il effectue en tant qu’administrateur du groupe Carimi. C’est comme si je m’adressais à un sourd-muet ou un être inanimé.  Je ne peux lui reprocher son attitude passive puisqu’on n’a pas tous la même éducation-evreybody is different. Je ne pouvais non plus le forcer à parler. D’ailleurs, le libre-arbitre le lui permet. En plus, il n’est pas  musicien et ne saurait jouer à la vedette.  Il n’est qu’un salar du groupe Carimi, qui dirige bien la destinée de cette formation musicale. Je ne parle pas des autres musiciens du groupe simplement parce que je n’ai rencontré que Cavé et Vieux.

Je n’avais pas remarqué la présence de Michael Guirand. En laissant l’aéroport JFK, j’ai salué deux autres musiciens du Carimi qui, très détendus,  m’ont répondu : poze, poze frè m nan. Je trouve que les membres de la formation Carimi n’ont pas vraiment le nez en l’air comme certaines gens veulent faire croire. Ils ont une grande ouverture d’esprit et sont vraiment sympathiques. Ils respectent les gens et comprennent bien le côté business de la musique.  Je leur souhaite du succès continu.

robertnoel22@yahoo.com 

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