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DERRIÈRE L’ÉCRAN DE FUMÉE

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« Que l’on puisse tout justifier ne signifie pas que tout soit acceptable ! » Périclès
En politique, l’improvisation demeure l’ennemi numéro un des Hommes d’État et le coup-par-coup reste leur pire fossoyeur. C’est dire que la pensé doit précéder  toute action politique porteuse de projets et de programmes. Malheureusement, les politiciens du Tiers-Monde ont pris avec le temps, la mauvaise habitude de suivre le cours des événements  au lieu de concevoir  comme cela se doit un  plan de développement durable pour leur pays. Dès lors qu’ils ne font qu’accumuler des erreurs, on serait en droit de s’attendre à ce qu’ils rectifient  leur tir ou mettent les clés sous la porte. Tout compte fait, ils ont préféré continuer à donner le spectacle aberrant de « cabotins sans desseins » qui croient amuser leur auditoire national ou international alors qu’ils ne font que s’attirer l’ironie et le mépris de l’Histoire.


Les nouvelles  d’Haïti ne sont guère reluisantes, c’est le moins qu’on puisse dire. Celles en provenance du monde ne sont pas plus reposantes. Le vingt et unième siècle annonce plutôt une histoire  à certains égards tragique, très peu rassurantes. Le fondamentalisme religieux, le nationalisme cocardier refont surface, comme pour narguer l’indifférence et le mépris des grands ensembles qui entretiennent une  solidarité coupable entre eux et vis-à-vis des autres. Les Kamikazes traversent les frontières, se sacrifiant corps et âme dans un combat inégal au nom d’une idéologie collective. La terminologie  politique prend une autre tournure.  Les nationalistes et autres révolutionnaires répondent aujourd’hui  au nom de terroristes. En Haïti, on rencontre plutôt des  champions  toutes catégories de l’autodestruction et d’un égotisme excessif.
La dernière nouvelle tombée comme marée en carême mais qui au fond n’a rien de surprenant est la résurgence d’un parti qui n’avait rien d’autre à offrir que  de la peine, des larmes et du sang tandis que les victimes se comportent en  moutons  benêts qu’il convenait de tondre jusqu’au dernier poil. De « fanmi lavalas », on  a fait un si mauvais usage que c’est indécent qu’on ose encore s’en servir. Personnellement, j’ai fait la tentative la plus désespérée de donner un contenu éthique à ce concept.  Mais à un moment où ce pays fraichement sorti de ce  cycle extrêmement infernal et où l’on s’attendait à trouver un nouvel élan, voilà que le «  bon Berger » semble croire le moment venu  de sortir du trou de souris dans lequel il s’était retranché pour recueillir en les alimentant les retombées des émeutes de la faim et des faux pas du pouvoir existant.  Cela me fait penser à E. Faure parlant aux hommes politiques : « Nous sommes au bord du précipice. Faisons un bond en avant ». A la vérité, la plus belle ruse du diable est de nous persuader qu’il n’existe pas, faisait dire Baudelaire à un prédicateur plus subtil que ses confrères. Alors, serions-nous condamnés à nous plaindre du diable aux portes de l’enfer ? Que voulez-vous, en Haïti, on a toujours tendance à préférer les grands rusés qui ne font pas de vagues et dont le non-agir accomplit mystérieusement  les desseins.
Ainsi, profitant de cette crise grotesquement psychologique dans un pays qui subit la dictature de l’assistanat, les éternels affamés de pouvoir, après avoir abandonné les oripeaux du marxisme-léninisme  pour se convertir au libéralisme économique, ont trouvé, de 90 à nos jours, une nouvelle connotation au mot magique « DÉMOCRATIE » à géométrie variable jusqu’à clamer leur vocation à défendre cette sacro-sainte démocratie. Face à la corruption, aux compromis et compromissions qui réapparaissent, au  sentiment profond d’injustice et d’inégalité,  à la marchandisation de la société, le peuple n’a pas cessé de déchanter. Et dans ce cas d’espèce, la sismicité du volcan mal éteint post  86 est vite retracée avec ses fusées et ses braises, ses cendres et ses roches froides. Et parce  que le peuple ne peut plus compter avec des élites qui ont fait sécession, à force de parler « TIM TIM BWA CHECH »,  en dépit de sa  sagesse qui tient d’une haute civilité, il lui arrive d’avoir à se faire justice lui-même  en  des explosions terrifiantes. Nombreux, les analystes qui croyaient que le mouvement d’insurrection était typique d’une cellule riposte et de ses snipers mais tous réfutaient la thèse que de tels obus pourraient venir  du secteur « Prévalo-lavalassien ».  A tout prendre, au cœur du populisme, Aristide-Préval, Martelly-Lamothe font partie de la même paroisse ; s’ils s’opposent sur la liturgie, ils partagent le même credo avec les mêmes acteurs. « EJUSDEM FARINAE »


Il ne fait aucun doute que la politique du gouvernement Martelly n’est pas à la hauteur des circonstances et on n’a qu’à regarder l’action du pouvoir pour mesurer le vide des idées. D’ailleurs, aucun membre du gouvernement ne peut afficher une expérience ministérielle, voir habiller un mensonge d’État. Entre temps, sur la scène comme dans les coulisses de ce théâtre d’ombres s’affaire une troupe bigarrée. Martelly, lui, naïvement nourrissait  des crocodiles pensant qu’il serait le dernier à être mangé. Se claquemurant dans une pensée molle, au début de son mandat, comme Diogène il a cherché avec sa lanterne les lapins, les carpes, les ratons de la faune politique oubliant que celle-ci n’a pas l’honnêteté dans sa chemise. Aujourd’hui, il se retrouve confronté à une équation insoluble. Son incroyable talent à se faire des ennemis, son refus de mettre de l’huile dans les rouages de son caractère en acier trempé, son incapacité de garantir la paix civile, l’indigence du discours de son Premier Ministre, la rentrée scolaire considérée déjà comme une grenade dégoupillée  nous  amènent à nous demander  si ce pouvoir pourra passer l’automne encore moins l’hiver dans un si sale climat. Et comme nos gauchistes gauchisants ont toujours cru pouvoir combattre l’inertie par l’agitation, par pure méchanceté, ils refusent de dire au peuple qu’il y a erreur sur la marchandise  parce que la crise  frappe toute la planète  comme une peste moderne. Tous les peuples sont frappés, mais tous ne meurent pas. L’Haïti d’aujourd’hui n’y échappe point, avec des classes moyennes déboussolées, sa population de chômeurs sans lendemain, ses classes populaires inconsolables, ses malades munis de leur visa pour l’au-delà, un gouvernement  à qui on ne peut pas demander de comprendre qu’il n’y a qu’une voie contre ce fléau. Et cette voie est dans l’effort collectif où les récompenses des sacrifices seraient la grandeur préservée du pays en vue d’améliorer le sort des générations futures. Dans le cas contraire, ce gouvernement, perçu comme la jungle des égoïsmes, est exposé aux vents de l’Histoire laissant la population dans la crainte croissante d’un avenir ouvert aux luttes claniques. Par delà les soulèvements populaires, j’entends au loin le bruit sourd de flots tumultueux qu’aucune force externe ne pourra juguler.  Que le gouvernement n’oublie jamais que l’Internationale qui occupe une place centrale dans l’équation haïtienne surveille la situation comme le lait sur le feu !


Toutefois, ne pouvant concilier l’idéalisme moral avec le réalisme politique, nous estimons inopportune la démarche du destructeur de la nation de mettre bas les masques avant qu’on les lui arrache, ce traître qui, dans son délire mégalomaniaque provoqua l’occupation en cascade du pays, ce vulgaire petit politicien, vindicatif et revanchard qui a détruit nos maigres structures et la vie des citoyens non-partisans. C’est l’occasion d’honorer la mémoire d’un ami et d’un homme politique haïtien sans pour autant  remuer leurs cendres, le Dr Roger Lafontant et le Pasteur Sylvio Claude  assassinés paradoxalement, l’un au Pénitencier National, l’autre au poste de Police des Cayes  au matin du 30 Septembre 1991. Heureusement, par la grâce de Dieu, dans sa bonté infinie, le soleil, à leurs obsèques était au rendez-vous comme un ultime pied de nez. Le murmure des prières, mêlé au chant des cigales n’avait pas pu et n’apaisera jamais les larmes des parents et amis. Et dans la chaleur  de l’île des Tropiques, le parfum des lilas les a accompagnés jusqu’à leur dernière demeure. Somme toute, les annales gardent la mémoire des souffrances qu’ils supportèrent sans sourciller.

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 Que les Haïtiens  cessent de penser à ces Chefs d’État indignes qui, irrespectueux d’eux-mêmes et des exigences de l’Histoire,  ont précipité le Pays dans l’enfer de la déchéance et de l’indignité ! Aristide- Préval, ce sont là des pages qui doivent être arrachées de l’épopée Haïtienne par tous ceux qui envisagent de récupérer ce pays en état de décomposition avancée. Si le corps social est véritablement atteint par le virus de la haine et de l’immoralité tous azimuts, il faudra bien que certains organes offrent une certaine résistance susceptible de garantir au peuple  un prolongement continu du bonheur de vivre. Tel est le minimum que l’on puisse souhaiter à défaut d’espérer dans les conditions que l’on sait !
                                                                                                     Miami, le 27 Septembre 2012
                                                                                                                Dr Jean L. Théagène
                                                                                                      Président de L’Union Nationale
                                                                                                      Des Démocrates Haïtiens

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