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Madame Yvonne Guerrier Moussignac n’est plus

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Une grande Dame est partie

La mort n’est jamais facile à accepter. C’est d’autant plus pénible de mettre en terre une femme, une mère, une conseillère et une amie. Quand une seule personne remplit majestueusement tous ces rôles, son départ du monde pour l’au-delà laisse un énorme vide dans le cœur de ceux qui l’ont connue. Aussi l’adieu est-elle marquée par la tristesse la plus profonde même si les proches se gardent de verser des larmes. Le climat sobre qui a régné au Parc du Souvenir, le samedi 22 septembre 2012, témoigne de cette réalité : une grande dame s’en est allée, Madame Yvonne Guerrier Moussignac s’est endormie pour toujours.  

Au cours des funérailles, le célébrant principal, Monseigneur Pierre Dumas, a bien mis l’accent sur le fait que la vie de cette dame, son parcours sur la terre, a été à la fois des plus simples et des plus miraculeuses. Née en 1929, elle a 5 ans au moment de la désoccupation. Elle a ensuite connu Vincent, Lescot, Estimé, Magloire, Duvalier et les autres. Elle a survécu aux cyclones et ouragans. Elle a vu son pays détruit par le séisme du 12 janvier 2010. Un miracle puisque que les médecins déclaraient sa mort prochaine des années déjà. C’est à l’hôpital du Canapé-Vert, le 18 septembre 2012, qu’elle est passée de vie à trépas. Elle avait 83 ans.

Monseigneur Dumas, dans son homélie, rappelle que cette femme simple et généreuse, a été toute sa vie une fervente catholique. Sa foi l’a certainement aidée à surmonter l’épreuve de la souffrance et les autres calamités de la vie. Car, elle a souffert physiquement pendant longtemps. Reconnaissante, elle a exigé que sa bible soit ouverte sur son cercueil. 

Ce grand livre, dont elle ne s’est jamais séparée, l’a accompagné dans sa dernière demeure. C’est de lui, de sa bible, et des valeurs paysannes, rappelle Monseigneur Dumas, qu’elle a puisé les principes pour sa vie de citoyenne, de couple et de mère. 

Au Parc du Souvenir, une infinie tristesse était visible sur le visage de la famille et des proches de la défunte. La jeune Yvonne Guerrier avait 25 ans quand elle s’est unie à Jean-Marie Aristhène Moussignac. Son « oui », elle l’avait dit pour la vie. Son mariage a donc duré 58 ans. Seule la mort, comme exprimé dans son vœu nuptiale, l’a séparée de son mari. Une union conjugale qui dure plus d’un demi-siècle, c’est chose rare dans notre société. Voici un bel exemple pour nos jeunes. Le couple a 5 enfants et une dizaine de petits enfants. Les plus jeunes de ces derniers auraient aimé mieux connaître leur grand-mère et bénéficier de son affection. C’est le souhait exprimé par Stanley Moussignac, un des petits-fils de Madame Moussignac, dans son oraison funèbre. C’est d’ailleurs une photo de la grand-mère, en train d’être coiffée par une de ses petites-filles, qui a fait la couverture de la feuille de programme des funérailles. 

Monsieur Aristhène Moussignac, l’époux éploré, fait l’éloge d’une femme aimante et discrète. En guise d’oraison, Jerry Pierre Jacques, un des petits-fils de la défunte a lu Proverbes 31, un texte de la bible dans lequel Salomon loue la femme vertueuse parce qu’elle « ouvre sa bouche avec sagesse, et la loi de la bonté est sur la langue. Elle surveille les voies de sa maison, et ne mange pas le pain de la paresse. Ses fils se lèvent et disent bienheureuse, son mari [aussi] ». 

Les enfants de Madame Moussignac ont fait l’éloge de l’éducation reçue de leur mère qu’ils ont présentée comme une conseillère et une amie. Les extraits de l’oraison de Philippe Moussignac à la mémoire de sa mère en dit long : «  Tout au long de sa vie, ma mère a mis l’accent sur deux choses qui ont été chères à elle et qu’elle a transmises à tous ceux qui l’ont connu : l’éducation, le respect et l’amour des autres. Comme un leitmotiv, ces principes ont guidé sa vie et celle de tous ceux qui ont eu la chance de l’approcher de son vivant. Sur la base de ces deux éléments, elle a élevé ses progénitures, les a éduqués et en a fait des hommes et des femmes utiles à la société haïtienne et à l’humanité toute entière ». Et pour preuve, a-t-il ajouté, « Ma mère n’a pas donné de délinquants à ce pays ».

Madame Moussignac est aussi réputée pour son attention aux autres, sa capacité d’écoute et sa grande générosité. Ses funérailles ont non seulement réunis des ministres, secrétaires d’Etat, directeurs généraux, fonctionnaires, membres de la presse, mais aussi de simples gens, jeunes et vieux, venant de divers endroits du pays pour rendre un dernier hommage à la disparue. L’un de ses fils a témoigné, dans son eulogie, que sa mère considérait tous les enfants de son quartier comme ses propres fils. Dans son programme hebdomadaire, le dimanche 23 septembre, Serge Pierre-Louis, un des plus anciens journalistes de la Radio Caraïbes a raconté comment la maison de Man Tèn (pour Madame Aristhène) était ouverte à tous ceux qui fréquentaient la station de la rue Chavannes et même les gens qu’elle croisait pour la première fois étaient invitée a sa table. 

Fréquentant la rue Chavannes depuis les années 1990, ayant été au Parc du Souvenir ce 22 septembre au moment, il est aisé de constater que le passage de Madame Moussignac sur terre a fait des heureux. Sa vie a été riche en enseignement de sagesse et d’amour pour ses enfants et ses proches. Son départ laisse un vide énorme dans le cœur de ses proches

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