Radio Television Caraibes: Haiti, Actualites, Nouvelles, News, Politique: Djakout # 1 vs T-Vice : une victoire incontestable Djakout # 1 vs T-Vice : une victoire incontestable ================================================================================ La Redaction on 06/01/2012 10:30:00 Lundi 2 janvier 2012. 9h p.m. L'arène du Parc historique est parée pour le duel du soir. La scène brille de mille feux dans un décor en toile d'araignée, signé « konfetti Décor ». Des hôtesses aux seins nus, les cheveux en bataille et la peau peinturée, distribuent des baguettes fluo aux couleurs du sponsor de la soirée. Il est 9h 23 p.m. Des agents du CIMO font le va-et-vient devant la scène. Le duel s'annonce épique. Question de chauffer la foule à blanc, le DJ (Jack) déverse des rythmes très carnavalesques : du racine, du B.C., du King Posse avant de tomber dans les incontournables hits technos du moment. Les deux MC, Kako et Caleb, mettent et remettent le match dans son contexte. Ils sondent la foule : « Kot fanatik T-Vice yo ? Kot fanatik Djakout yo ? ». À ce premier test, c'est Djakout qui gagne. 10h 30. Parc historique de Tabarre. 1 500 gourdes à l'avance. Djakout (1), T-Vice (0). Comme annoncé, T-Micky s'offre en apéritif à la foule impatiente, avec « Pou n ale». Le public n'est pas capricieux. Il se laisse embarquer. Il chante aussi. Sa 2e exécution est moins connue. Moins romantique aussi. T-Micky jette un peu du leste. La composition est originale, mais s'inscrit dans l'héritage ''ancestral'' : « si w gen yon bebe k ap ba w problèm, vini nan jazz sa, wa jwenn yon lòt ki san kilòt, k ap ba w yayad... konsa... konsa... ». Les M.C. sont invités à lier le geste à la parole. 11h 11. Hilarité totale. Le public s'exclame. T-Micky a sauvé sa soirée : petit moment de succès apprivoisé. Il peut alors se promener dans le répertoire de papa. C'est le choc des Micky avant celui des Titans. 11h 34. Kako harangue la foule. Les ingénieurs font les dernières mises en place. Le MC profite pour y aller de son petit numéro, faisant ce que seul lui sait faire. Un one-man-show improvisé pour passer le temps. Il transforme la foule en char de carnaval. L'assistance se laisse prendre au jeu. Quelques chorégraphies et mix de DJ plus loin, T-Vice est annoncé. Il est 12h 05. Les projecteurs annoncent la couleur telle la bande annonce d'un film américain. Une voix off solennelle semblant sortir tout droit d'un studio hollywoodien, présente chacun des membres du groupe. Ils sont habillés en « soldiers ». Les hostilités peuvent commencer. « Kite mele m ». Entrée réussie ! La foule se déchaîne. Pour garder le public dans l'esprit du choc, le show est poussé jusqu'au réalisme lorsqu'un membre du groupe T-Vice entreprend d'écraser un keyboard qu'il présente comme celui de Ti-Régi. Après la leçon de keyboardisme proposé par la bande à Martino, le rythme change. Compas slow. Roberto descend du stage pour offrir des fleurs aux femmes de l'assistance (des roses rouges). La musique poursuit : « ou pase bò kote mwen.. tanpri souple mi amor ». Des couples se serrent l'un contre l'autre dans quelques coins obscurs du Parc. Les musiques s'enchaînent. Tous, d'anciens tubes du groupe. Aucune nouveauté. Aucune prise de risque. Le public s'enflamme par moments lorsqu'il ne se laisse pas surprendre par la monotonie. 12h 50. Roberto essaie de sauver les meubles. « Te gen yon kondisyon pou m te aksepte fè bal sa a aswè a, se pou Shabba te aksepte fè yon interview an fransè.» Aux questions posées par le maestro répondent des extraits de la fameuse interview de Shabba à RFI. Le public s'esclaffe. Après une prestation en dents de scie, T-Vice choisit de conclure par un de ses grands succès carnavalesques : « Men elikoptè a ! ». 1 h 02. Le bouquet final est une explosion. Dans tous les sens du terme. Beaucoup de couleurs et une immense clameur ascendante. Pas suffisant pour faire oublier un tour de chant plutôt mitigé. Entre les deux titans, Tony Mix, le DJ du rabòday, fait son show. Un très bon succès pour un des DJ populaires du moment. Une musique asiatique provient de nulle part. Quelle mouche a donc piqué Tony ?! Non ! Ce n'est pas Tony. C'est le « jinggle » d'entrée du groupe Djakout accompagnant, après une éternité, la mise en scène de la résurrection de Ti Pouch. Une chorégraphie de ninjas avec épées et sabres. Une prière rabâchée pour ressusciter le chanteur. Du grand n'importe quoi. Sur ce point là, T-Vice a fait plus fort. L'entrée de Djakout est un peu tirée par les cheveux. Très peu inspirée. N'empêche ! Ce qui allait suivre c'est toute autre chose. Pouchon ressucité, c'est toute la performance qui ressuscite avec lui. « Tout moun se pla pla ! » 1h 48. Djakout lance « Louwe Kris la » avant d'enchaîner avec « Biznis pa m ». La foule est en ébullition. Le sondage d'avant-bal est confirmé par le suffrage populaire ! Djakout fait beaucoup plus vibrer la foule que son prédécesseur. 2h 00 ! Emportée par cette clameur provenant de la foule, la bande à Pouchon invite les rivaux à « Ale lave chodyè yo ». Et après... c'est la folie ! « Jazz la fou ». Les musiciens courent dans tous les sens. Certains se jettent à terre. D'autres se déshabillent. L'un d'eux grimpe sur l'une des tours de hauts-parleurs installées à droite du stage. Au milieu de cette scène de délire, Shabba se retrouve en boxeur et nargue le physique de Roberto. 2h 11. Black-out! Music off. La foule scande en choeur : « Djakout ! Djakout ! ». Ca y est ! C'est plus qu'une évidence. La bande des Martino ne fut pas de taille ce soir. Comme des fans de football assistant à une prestation écrasante de son équipe, l'assistance lance des « Olé !». 2h 13. Changement de registre. Changement de costume. « Abandone » où Pouchon, costard-cravate, bouquet de fleur en main, chante en communion avec la foule. Le nouveau ton vestimentaire donné par le maestro est suivi par les autres musiciens : chemise blanche à manches longues, pantalon noir, chapeau de cérémonie pa ret sou yo... Arowo ! Arowo ! ». « Pa panike pa panike... Shabba pral pale fransè ». Ou plutôt l'écrire. C'est le moment du cours de français du maître Shabba, tableau noir à l'appui. Une leçon sur les adjectifs possessifs. Shabba s'embrouille « c'est (pas) la qualité », mais la volonté y est. 2h 35. Autre tableau. Les femmes sont invitées à chanter avec Pouchon : « Piga w al kwè », avant d'y aller avec Shabba : «M ap fout ou polis ! ». Suite à quoi ils passent à ce que Pouchon présente comme le 2e hymne national du pays « Pa kale kòw sou mwen », suivi de « Pwofite » avant de conclure assez modestement avec « Revolte », leur meringue carnavalesque de 2008. Il va être 3 h. Le bal est bouclé. Le verdict des urnes est sans appel : victoire de Djakout par K.O. populaire. À quand le match retour ? Thierry Endrick Carré Source: Le Nouvelliste