Radio Television Caraibes: Haiti, Actualites, Nouvelles, News, Politique: Armée: Le pouvoir durcit le ton Armée: Le pouvoir durcit le ton ================================================================================ La Redaction on 24/03/2012 06:50:00 Le ministre de la justice et de la sécurité publique, Michel Brunache, a ordonné jeudi sans réserve l’adoption de mesures coercitives à l’encontre d’individus armés en uniforme qui se réclament des ex-Forces Armées d’Haïti en demandant à la Police Nationale de mettre fin immédiatement à leurs activités sur le territoire susceptibles de « mettre en péril les fondements de l’Etat de droit ». Ces nouvelles instructions musclées soulignent également la nécessité pour les forces de l’ordre de déloger des bâtiments administratifs et anciennes bases militaires qu’ils occupent, les présumés anciens soldats dont une cinquantaine ont investi depuis lundi le bureau départemental du ministère de l’agriculture au Cap-Haïtien (274 km au nord de Port-au-Prince). « La circulation d’hommes en uniforme et parfois armés n’appartenant ni à la MINUSTAH ni à la PNH est absolument inacceptable. La police se doit d’agir avec la dernière rigueur en vue de mettre fin à cette situation illégale qui trouble l’ordre public », lit-on dans une lettre adressée au directeur général de la PNH, Mario Andrésol, dont copie a été remise à la presse. Plus loin, le ministre Brunache, premier officiel de l’administration Martelly à menacer de mettre au pas les militaires démobilisés, enjoint au commandant en chef de la police de « prendre toutes les mesures appropriées afin de mettre fin à ces agissements qui violent la constitution et les lois de la république ». Il n’était pas encore possible de savoir comment la PNH entend exécuter l’ordre qu’elle a reçu de neutraliser des hommes armés souvent menaçants et qui enchaîne les provocations à un rythme effréné. Beaucoup s’interrogent aussi sur le role actuel du haut commandement de la police en raison des pressions qu’aurait exercées la Présidence pour forcer Mario Andrésol à partir avant la fin de son mandat constitutionnel, l’été prochain. Avant le ministre de la justice, le ministère de l’intérieur et de la défense nationale avait tenté mercredi de donner le ton en réclamant le retrait des individus en arme des anciennes casernes et des sites appartenant à l’Etat sous peine de geler le processus d’indemnisation en cours. Au Cap-Haïtien comme au camp de Lamentin (sud de la capitale) en passant par d’autres points du territoire où ils imposent leur présence, les membres supposés des ex-FAd’H -qui se livrent à des manoeuvres tactiques en compagnie de jeunes gens des deux sexes en tenue de camouflage- réclament le paiement de 18 années d’arriérés de salaire en guise de dédommagement et leur réintégration dans l’armée dissoute en 1995 après une succession de coups d’état et des violations continues des droits humains. Le Président Michel Martelly, qui a maintes fois réitéré sa détermination à doter le pays d’une nouvelle armée appelée à remplacer les casques bleus, a confié le dossier à une commission civile. Mais, ce projet ne bénéficie pas du soutien des principaux partenaires d’Haïti comme les Etats-Unis demeurés hostiles au financement de la restauration de l’institution militaire. spp/Radio Kiskeya