Radio Television Caraibes: Haiti, Actualites, Nouvelles, News, Politique: Le commerce se meurt à Pétion-Ville ! Le commerce se meurt à Pétion-Ville ! ================================================================================ La Redaction on 17/02/2012 11:27:00 De cette conversation avec cette propriétaire de store, je réalisai l'ampleur du problème. Les véhicules de remorquage sillonnent la ville en quête de bonnes prises. J'ai dit prise parce que c'est de cela qu'il s'agit. En effet, la chasse est ouverte. Aussi le conducteur ne sait-il pas sur quel pied danser. Sans placement de panneaux d'interdiction, il est difficile, pour un chauffeur d'automobile, de déceler quand il respecte le règlement ou le viole. Une situation inconfortable, en vérité ! Un ami commerçant esquisse un cas de figure : «On vous dit qu'à une intersection (un carrefour), il faut laisser cinq mètres, mais c'est difficile. Comment mesurer la distance ?» Au matin du jeudi 9 février 2012, John Chéry, infatigable animateur de la rubrique communautaire «A travers les rues de la capitale », sur Radio Métropole, revenait sur cette difficulté de taille pour les usagers de la voie à Pétion-Ville, il énumère les complications dans l'observance du règlement : 1) il n' y a pas de panneaux d'interdiction; 2) la confusion tient en ce que l'automobiliste ignore quand il faut garer le véhicule avec les deux roues ou les quatre sur le trottoir; 3) pour compliquer le tout, les trottoirs sont le plus souvent occupés par les marchands et marchandes du secteur informel; 4) en définitive, c'est le piéton qui paie les pots cassés, il n'a nulle part où circuler. Par où passer, en effet ? Alors, quand la proposition de construction de parkings municipaux est faite par le chroniqueur et relayé par moi à un commerçant, celui-ci tente pourtant d'excuser la mairie de Pétion-Ville pour son inertie, en relevant qu'elle ne pouvait pas prévoir cette situation, moi de rétorquer que gouverner, c'est répondre à l'appel, répondre à une situation même inattendue. Cette défense venant d'un professionnel qui subit les conséquences du remorquage aveugle des véhicules en stationnement partait d'un bon sentiment. Il n'empêche que la mairie a vu venir l'occupation systématique, pire la transformation de la paisible ville en centre commercial et s'est morfondue dans l'inaction, dans l'inertie. Pourtant, l'urbanisation ne peut se passer de parkings municipaux. Ce n'est pas au-dessus de nos capacités d'organisation. Ailleurs, le parking municipal est bel et bien planté dans le décor urbanistique. Ce que tout voyageur voit de ses yeux et, malheureusement, l'oublie dès son retour sur le tarmac de Maïs-Gâté. L'automobiliste paie donc les conséquences de cette imprévoyance doublée d'inertie de la mairie, vivant désormais dans son quotidien avec la hantise du remorquage injustifié et abusif. Plus grave est l'appréhension du monde commercial qui s'est implanté depuis une dizaine d'années dans la ville, d'une part, et, d'autre part, qui y a trouvé refuge dans la période postsismique. Illustration : Une commerçante rencontre une cliente jusque-là fidèle, et s'étonne de sa non-fréquentation de son store depuis quelque temps. « Mais comment faire des emplettes dans Pétion-Ville avec, suspendue sur la tête de l'automobiliste, l'épée de Damoclès des remorqueurs ? Impossible. » A son tour, la commerçante de me livrer son appréhension : « Le commerce se meurt à Pétion-Ville ! » Voilà où le remorquage abusif et intéressé bouleverse toute l'activité économique d'une ville. La confession de cette entrepreneure commerciale est un cri d'alarme. A la mairie et à la police de fixer les conditions de stationnement, de créer aussi des espaces de stationnement, de rassurer sur la lancée le monde commercial, bref de faire ce qui est juste et indiqué dans la construction laborieuse de l'Etat de droit et dans la relance de l'activité économique. Jean-Claude Boyer Vendredi 10 février 2012 Source: Le Nouvelliste