Radio Television Caraibes: Haiti, Actualites, Nouvelles, News, Politique: Actualités Politiques : Grandes Lignes par Bob Benodin Actualités Politiques : Grandes Lignes par Bob Benodin ================================================================================ La Redaction on 13/12/2011 11:18:00 L’affaire Arnel Bélizaire ayant surgi en trombe à l’avant-scène politique ; Après une liquidation draconienne de deux bouc-émissaires, ne s’est-elle pas terminée par un marché conclu sur la pointe des pieds et au son des cloches de bois, entre l’Exécutif et certains sénateurs qui devront concourir aux prochaines élections ? Cependant, vu la nature et l’importance conjoncturelle des enjeux des prochaines sénatoriales partielles, ce marché pourra-t-il offrir et garantir réellement le proverbial «win, win situation » ? L’importance des prochaines joutes est incommensurable pour établir au sein du parlement la pertinence politique des quatre partis : Repons Peysan (Michel Martelly), INITE (René Préval), OPL (Sauveur Pierre-Etienne) et Lavalas (Jean Bertrand Aristide). Avec la nuance que ces quatre partis partageant le même espace et la même clientèle politiques, ce sera littéralement une lutte à mort, pour l’obtention de leur pertinence et de leur prépondérance politique. Et peut être aussi le prélude de la marche vers la présidence post-Martelly ! Les échecs et les capitulations endurés par Martelly récemment dans les bras de fer entre l’Exécutif et le Législatif, conséquence directe de l’insignifiance de la présence de son parti au sein du parlement, ne lui impose-t-elle pas la nécessité impérieuse d’augmenter sa pertinence au sein du grand corps ? Dans le cas contraire, il aura toutes les difficultés du monde à gouverner le pays dans une période de l’histoire nationale, où il y a un besoin insatiable de leadership et de compétence, non-seulement pour gérer les opportunités qu’offriront les projets de la relance de l’économie et de la reconstruction. Mais surtout pour mettre en vigueur les 3 lois sur la magistrature. Etablir le Judiciaire comme un pouvoir indépendant. Imposer le respect de l’indépendance des pouvoirs. Etablir l’état de droit. Créer une police rurale. Et enfin offrir l’accès à une éducation de qualité aux masses, la capillarité sociale par excellence. Certes, ce ne seront pas là des tâches faciles à matérialiser, ni à maîtriser. Mais elles sont absolument indispensables pour donner une nouvelle direction au pays. Aristide de retour après 7 ans d’exile où son parti a été exclus des élections, d’une part. Mais d’autre part, en tant que leader de parti, n’a-t-il pas refusé de déléguer l’autorité à qui que ce soit pour choisir et désigner des candidats pour représenter son parti à ces élections ? Il n’a voulu que garder et qu’imposer l’exclusivité de son contrôle et de son ascendant personnel sur le Lavalas. Aujourd’hui, Aristide se trouve littéralement dans une « do or die situation ». Il est obligé de remporter une victoire si non écrasante, mais au minimum substantielle aux prochaines élections. Ayant prôné avec ses partisans jusqu'à présent que le Lavalas soit le plus populaire et le plus puissant des partis de masses ; Il est bien obligé de faire une récupération totale, capitale à la fois, de sa pertinence, de son espace et de sa clientèle politiques aux prochaines joutes ! Si non, c’est le déclin et peut être la disparition de son parti en tant qu’instrument politique à option de pouvoir. Et plus grave encore, ce sera la perte peut être irrémédiable de sa pertinence en tant que leader politique ! Ayant légué un patrimoine exécrable, aura-t-il assez de pertinence intellectuelle pour l’empêcher d’entrer totalement dans l’oubli ? Voilà ce qu’Aristide aura à empoigner avec maestria, pour sauf-garder sa pertinence et l’existence de son parti ! Ayant établi sa pertinence politique, il y a 20 ans, par la force, l’intimidation et la brutalité du lynchage par le « père Lebrun » le supplice du collier de feux. Ayant eu le contrôle de la machine électorale, il a pu garantir le maintien de sa prépondérance politique par la fraude électorale. Maintenant, avec les nouvelles donnes conjoncturelles, la présence d’une armée multinationale, la Minustah et n’ayant plus le contrôle de la machine électorale, comment va-t-il œuvrer efficacement pour récupérer ce qu’il a perdu depuis prés de huit ans ? Quand à l’INITE, créé artificiellement par Préval pour éliminer Jacques Edouard Alexis de la compétition présidentielle, compte tenu de son impopularité et de l’échec spectaculaire de son dernier mandat, le succès de cette plateforme aux prochaines sénatoriales partielles, est indubitablement aléatoire ! Préval, une pâle figure de l’histoire qui confond la ruse à l’intelligence. Qui n’a à aucun moment de la durée fait montre d’aucun talent de leadership, ni à la primature, ni à la présidence. Qui a accumulé une kyrielle interminable de crises multiformes, sans pouvoir les résoudre. Qui a mis en exergue son sens de responsabilité comme chef d’état en disparaissant pendant des jours après le cataclysme du 12 janvier 2010. Qui a voulu dialoguer et négocier avec les bandits, après l’hécatombe de l’Opération Baghdâd et pendant la période des zones de non-droit. Qui manifestement a introduit au Sénat des criminels notoires. Etc.…L’INITE n’étant qu’une plateforme et non un parti, est naturellement sur la voie de la dissolution ! L’OPL a un nouveau leader revenu après 10 ans d’exile, Sauver Pierre-Etienne. Il sera le compétiteur par excellence de Jean Bertrand Aristide et de René Préval. Comme Aristide, il est articulé. Il a le don de la parole et la maîtrise du discours populiste, sans l’être. Certes, ayant maintenu une présence pendant son exile à travers les médias ; Cependant, il n’est pas connu autant qu’Aristide et Préval qui ont eu l’avantage d’avoir géré chacun deux mandats présidentiels. Avec la nuance qu’il ne charrie pas non plus comme eux le poids du patrimoine exécrable qu’ils ont légué. Au cours de ses études au Canada, en France et aux Etats-Unis, ayant coudoyé des collègues, des scientistes et des professionnels de ses trois cultures, il a acquis une vision plus moderne de la gestion de l’instrument politique et des affaires de l’Etat. Il aura, comme les 3 leaders contre lesquels, il se trouve en compétition, à établir sa pertinence politique, à acquérir un espace et une clientèle politique. Avec la nuance qu’il n’est pas astreint aux exigences faites aux 3 autres protagonistes d’une victoire écrasante ou substantielle pour garantir sa survie et celle de son parti. Il devra seulement faire mieux que ce que l’OPL a fait récemment aux dernières compétitions électorales. Sauveur Pierre-Etienne devra faire preuve de ses capacités, de communicateur, de rassembleur, d’organisateur, de leader et de modernisateur ! C’est un fait que Martelly, ayant l’option de la fraude électorale à sa portée, pour répondre aux impératifs de pertinence et de prépondérance de son pouvoir, il sera tenté de prendre la voie traditionnelle et plus facile de la confiscation électorale. Après avoir prôné le changement comme thème de sa campagne électorale, quel sera son choix ? Le pragmatisme traditionnel de la fraude électorale, ou le respect pour la première fois de l’expression de la volonté générale ? Hic est quaestio ! Robert Benodin