Radio Television Caraibes: Haiti, Actualites, Nouvelles, News, Politique: Quand Washington durcit le ton ! Quand Washington durcit le ton ! ================================================================================ La Redaction on 08/02/2012 19:06:00 Le président de la République, Michel Joseph Martelly, poursuit sa tournée en Amérique latine et dans les Petites Antilles au moment où les relations sont refroidies entre Washington et Port-au-Prince. Depuis les fêtes de fin d'année, l'ambassadeur américain à Port-au-Prince, Kenneth H. Merten, a décliné toutes les invitations de la chancellerie relatives aux cérémonies officielles. Hormis le diplomate américain, le corps diplomatique, comme à l'accoutumée, était au complet au Palais national lors de la présentation des voeux au président de la République à la fin du mois de décembre de l'année 2011. A la célébration de la fête de l'Indépendance aux Gonaïves, le premier janvier, l'absence de l'ambassadeur américain était remarquable. A l'ouverture de la rentrée parlementaire le 9 janvier 2012, le diplomate américain a une nouvelle fois brillé par son absence. Ce comportement de Kenneth Merten est-il un message de l'Oncle Sam à Michel Martelly ? Dans les milieux diplomatiques à Port-au-Prince, on a tendance à interpréter le comportement de Washington par rapport aux relations privilégiées qu'entretient Martelly avec Castro et Chavez. Les Américains croyaient que l'arrivée de ce chanteur à la présidence de la République allait refroidir les relations entre Port-au-Prince, La Havane et Caracas. S'appuyant sur l'entourage de Martelly pendant la campagne électorale et son inexpérience sur la scène politique, l'ambassade américaine à Port-au-Prince contestait la présence du candidat Jude Célestin dans la course pour le second tour au profit de l'artiste. L'administration américaine sous la présidence de Georges W. Bush, en dépit des relations cordiales qu'elle entretenait avec Port-au-Prince pendant la gestion de René Préval, n'avait jamais digéré le flirt de ce dernier avec Castro et Chavez. A environ neuf mois au timon des affaires, Martelly multiplie sans retenue ses relations avec la plupart des gouvernements de gauche des pays de l'Amérique latine. Minimisant le signal de Washington, le président haïtien se retranche derrière la souveraineté de l'Etat d'Haïti pour se lancer dans cette voie. Y a-t-il lieu d'évoquer la notion de souveraineté de l'Etat avec la présence de soldats de la Minustah sur le sol national depuis le 29 février 2004 ? Sur le plan institutionnel, le président de la République semble ne pas détenir jusqu'à présent la formule appropriée pour couper court aux rumeurs sur sa nationalité étrangère. Au fur et à mesure que les détracteurs du chef de l'Etat multiplient leurs indices, que la commission poursuit ses investigations sur le dossier, davantage la presse restera attachée au traitement et à la diffusion des informations y relatives. Comment Martelly va-t-il pouvoir maintenir le cap de tenir ses promesses à une population incapable de satisfaire ses besoins primaires, s'il persiste à privilégier la coopération Sud-Sud au mépris de Washington, si les scandales persistent avec les parlementaires et s'il continue de mépriser les journalistes ? Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com Source: Le Nouvelliste