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Carmelle Jean-Marie, nouveau ministre de l'Economie et des Finances

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Mme Carmelle Jean-Marie a été installée ce mercredi comme nouveau ministre de l'Economie et des Finances en remplacement de M. André Lemercier Georges. En l'absence du Premier ministre Laurent Lamothe et du président Michel Joseph Martelly, c'est le ministre du Commerce reconduit Wilson Laleau qui a présidé la cérémonie et installé le nouveau venu à sa nouvelle fonction.

En présence de nombreux invités parmi lesquels on remarquait plusieurs membres de l'administration publique, le nouveau titulaire du Ministère de l'Economie et des Finances(MEF) a annoncé la couleur en révélant d'emblée son intention d'entreprendre le pari de la compétitivité pour mettre le pays sur les rails de la croissance.

A ce sujet, Carmelle Jean-Marie demeure persuadée que stimuler et miser sur la compétitivité des secteurs productifs de l'économie nationale tant pour la demande interne que pour les marchés à l'exportation permettra de réussir le pari d'un pays émergent en 2030.

Habituée des couloirs de ce ministère, elle ne cache pas sa joie de refouler un terrain qu'elle connaît déjà. Animée d'une détermination débordante, Carmelle Jean-Marie confie sans détour qu'elle est déjà impatiente de se mettre au travail pour passer de la parole aux actes et matérialiser la feuille de route du ministère de l'Economie et des Finances qui veut « contribuer au sein du gouvernement à faire d'Haïti un pays émergent en 2030, avec des taux élevés de croissance économique dépassant 10% en rythme annuel».


Le troisième vice-président du conseil d'administration de SCIOP qui exécute le projet Oasis à Pétion-Ville a aussi noté la stratégie indiquée pour y arriver. Selon elle, « Cela ne sera possible que si les politiques et réformes appropriées sont mises en oeuvre de manière résolue et coordonnée pour stimuler l'investissement et libérer les énergies créatrices ».

Contextualisant son arrivée à la tête du MEF, Mme Jean-Marie a déclaré: « J'ai accepté cette mission dans un contexte où l'économie mondiale est encore sous la menace de plusieurs chocs, caractérisés par un ralentissement de la croissance et des incertitudes sur le système financier mondial fragilisé depuis la crise récente.» Ce faisant, elle ne s'est référée ni à aucune documentation chiffrée ni à aucun indicateur du cadre macroéconomique.

Le successeur d'André Lemercier Georges s'est montré sensible à l'expérience de la Corée du Sud, du Vietnam, de la Thaïlande, du Chili, de l'Afrique du Sud qui se sont réorganisés comme en temps de guerre pour remettre leur économie sur la voie de la croissance et du progrès social. Ces pays, dit-elle, ont créé des «task force» de haut niveau sous des formes variées mais dont la constante fut une politique économique cohérente, intégrée et efficace.

Habituée du ministère pour y avoir été conseiller en Finance du ministre entre 1996 et 2000, Carmelle Jean-Marie constate que ce ministère a été réduit depuis très longtemps par les impératifs de la conjoncture à n'être que le simple guichet financier de l'Etat, se limitant à gérer les recettes et les dépenses de l'Etat. Elle se réjouit du fait que ce ministère pourra pleinement accompagner le gouvernement dans sa stratégie de création d'emplois, si chère au président de la République.

« Seulement 5% de nos importations sont payées par des exportations, exposant l'ampleur de la dépendance de notre économie vis-à-vis de l'étranger », a admis le ministre des Finances en soulignant qu'il n'y a pas de prospérité économique et de croissance durable sans exportations significatives. Là encore, dit-elle, il n'y a pas de fatalité car nous disposons encore d'espaces agricoles, de ressources minières qu'il convient de valoriser dans le respect scrupuleux des intérêts nationaux.

Mme Jean-Marie promet de travailler de concert avec le ministère du Commerce et de l'Industrie et d'utiliser toutes les ressources disponibles pour accompagner le gouvernement dans la relance de la production nationale, notamment de l'offre exportable. Pour pouvoir participer à la création de nouvelles entreprises de production de biens et services dans des secteurs jugés porteurs pour l'économie nationale, des apports en numéraires ou sous forme d'actifs physiques immobiliers du domaine privé de l'Etat seront envisagés par ledit ministère.

Le grand argentier de la République croit que nous n'aboutirons pas au taux de croissance économique attendu sans une administration tournée vers la simplification et la performance. « Simplification des procédures administratives encore trop nombreuses et complexes, malgré les efforts récents. Le gouvernement entend renforcer les mesures pour améliorer la position du pays dans le classement « Doing Business », expression d'un environnement d'affaires plus incitatif », a-t-elle déclaré devant des représentants de la coopération internationale et des institutions sous tutelle du ministère des Finances.

« Le Ministère de l'Economie et des Finances entend être un catalyseur au sein du gouvernement Martelly-Lamothe pour contribuer aux réformes administratives et financières qui s'imposent actuellement et aussi créer les bases devant contribuer à l'amélioration de la compétitivité et à la promotion de l'emploi indispensable à la stabilité sociale et politique de notre pays », a conclu le ministre de l'Economie et des Finances.

Dieudonné Joachim
djoachim@lenouvelliste.com Source: Le Nouvelliste

Mme Carmelle Jean-Marie a fait de longues études universitaires en France. D'abord à l'Universite de Paris II, Assas où elle a obtenu un diplôme d'études specialisées (DES) en économie financière, monétaire et bancaire. Puis à l'Institut technique de banques et l'Institut des techniques de marchés du groupe Centre de formation de la profession bancaire (CFPB). Jusqu'à sa nomination comme ministre de l'Economie et des Finances, elle était le troisième vice-président du conseil d'administration de la SCIOP S.A. Après une longue carrière à la Banque de la République d'Haïti. Elle devient le principal conseiller en Finance du ministre de l'Economie et des Finances de 1996 à 2000.

Après son passage dans l'administration publique, Carmelle Jean-Marie intègre le secteur privé en rejoignant le deuxième Groupe bancaire français : Le groupe Caisse d'épargne dont elle devient le représentant résident de la filiale « financière OCCEOR » pour toute la région Caraïbe hors département français d'Amérique

Elle est également administratrice de la compagnie pétrolière Total Haïti S.A. depuis 2002 et a siégé au conseil d'administration des institutions de microcrédit comme le Fonds haïtien d'aide à la femme (FHAF) et l'Association pour la coopération avec la microentreprise (ACME) et à la Chambre francohaïtienne de Commerce et d'Industrie (CFHCI).

Source : Oasis.com