Accueil | Nouvelles | Haiti | Le projet d’agrandir l’aéroport international Toussaint Louverture est encore d’actualité

Le projet d’agrandir l’aéroport international Toussaint Louverture est encore d’actualité

image

Stoppé en automne 2016 sous pression de certains bailleurs traditionnels, le projet de réhabilitation et d’agrandissement de l’aéroport international Toussaint Louverture est toujours d’actualité. Participant à l’émission Grand rendez-vous économique animé par l’économiste Kesner Pharel, le 1er janvier dernier, le ministre de la Planification et de la Coopération externe, Aviol Fleurant, en a fait le point. Le responsable a affirmé que le gouvernement en place, par le biais de son ministère, entame des discussions afin de renégocier le prêt.

La suspension du projet de réhabilitation et d’aménagement de l’aéroport Toussaint louverture, soutient le ministre, s’explique du fait que ce contrat de prêt n’a pas respecté les procédures internationales. Depuis 2008, fait-il savoir, avec l’élimination de la dette, Haïti se trouve dans une situation toute particulière. Dans le processus de contrat de prêts, le pays n’est plus totalement indépendant. Il n’a, en effet, plus droit à des accords de types non concessionnels. De par son statut de pays pauvre très endetté, Haïti, poursuit le titulaire du MPCE, n’est pas récipiendaire des prêts dont les taux d’intérêt sont supérieurs à 1,5%. Ce qui n’est pas le cas dans le cadre de ce contrat. Le taux d’intérêt étant de 4,7%. Une anomalie grave qu’il faut, à tout prix, rectifier !

Ainsi, selon M. Fleurant, il y a un prétexte légal pour que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) remettent en question ce contrat. Mais tout, n’est pas perdu, explique-t-til. En sa qualité de juriste, il affirme avoir analysé légalement et économiquement le contrat. À ce niveau, il croit qu’il y a lieu de renégocier ce prêt. Dans ce cas, déclare l’ancien candidat à la présidence, des discussions sont déjà entamées. Plusieurs milliardaires chinois étaient dans le pays pour les fêtes de fin d’années et le ministre, au nom de l’équité du principe intergénérationnel, en a profité pour engager des discussions à cet effet.

Pour l’instant, les retombées sont plutôt positives. Les Chinois, selon toute vraisemblance, acceptent de renégocier le contrat pour arriver à un nouveau prêt dont les termes de référence sont en accord avec la situation d’Haïti. Toutefois, il se garde d’engager la prochaine administration. « Je ne fais qu’engager les discussions », indique-t-il. Il revient, de l’avis du juriste, au prochain gouvernement de tout mettre en œuvre dans l’optique de continuer cette  œuvre laquelle, laisse-t-il entendre, aura une incidence positive sur l’économie du pays. 

Par ailleurs, Aviol Fleurant a profité pour expliquer le bien-fondé de deux mémorandums d’entente qu’il a signés avec les Chinois. Si les négociations concernant l’accord de prêt pour la réhabilitation de l’aéroport échouent, cela peut, craint-il, du même coup, hypothéquer l’aboutissement des mémorandums qui valent deux milliards de dollars dont un milliard pour le secteur agricole et un milliard pour électrifier le pays. 

Le prêt pour le projet de réhabilitation et d’agrandissement de l’aéroport Toussaint Louverture est octroyé par la Industrial and Commercial Bank (ICBC). La somme contractée est d’environ 290 millions de dollars américains dont une avance de démarrage de 43 millions de dollars a été donnée, en mai 2016, à la firme China National Automation Control System Corp (CASC) qui exécute le projet qui comporte la construction d’un terminal de 28 000 m2 entièrement équipé. 

Il est également question de construire un parking de 3 500 m2, des espaces de stationnement pour avion, un hangar pour hélicoptère, un espace garage pour la réparation des aéronefs, quatre salons VIP, un salon diplomatique, 600 m2 de restaurants, des espaces de congélation. Aussi est-il inclus plusieurs voies de circulation, dont un taxiway, parallèle à la piste de 43 mètres de largeur et la mise en opération de cinq bridges avec des commodités pour faciliter l’embarquement et le débarquement de deux avions.

Jose Flecher source le nouvelliste