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Retour de Joseph Lambert

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L’affaire Guy Philippe a fait son entrée au Parlement ce lundi avec l’ouverture de la session parlementaire près d’une semaine après l’arrestation puis le transfert aux Etats-Unis du sénateur élu de la Grand’Anse sous des accusations de trafic de drogue et de blanchiment d’argent. L'ambassadeur des Etats-Unis en Haïti, Peter F. Mulrean, et la représentante du secrétaire général de l'ONU, Sandra Honoré, étaient les seuls membres du corps diplomatique à  avoir assisté jusqu'au bout à la cérémonie débutée avec plusieurs heures de retard. Les autres diplomates et invités étaient partis avant l'ouverture de la séance.

Pendant quelques minutes, des députés ont tenté d’inscrire l’affaire à l’ordre du jour alors que les sénateurs, les principaux intéressés, restaient impassibles. Le nom de leur collègue, qui n’a pas eu le temps de s’inscrire au Sénat, n’a même pas été cité lors de l’appel nominal et aucun sénateur n’a protesté. Aucun n’a appuyé non plus les arguments des députés réclamant un huis clos sur le sujet.

Avec arguments et verbe, des députés ont tenté de peser sur le cours du premier jour de travail des élus avant même le vote de l’ordre du jour et de l’ouverture de la séance. 

Le sénateur Salomon, au titre de membre du bureau de l’Assemblée, a lu les prérogatives de l’Assemblée nationale. La Constitution ne laisse pas de place en ce jour solennel à la mise à l’ordre du jour d’autres sujets.

Dans une prise de parole sobre et mesurée, le sénateur Joseph Lambert, ancien président du grand Corps et animal politique comme il se définit lui-même, a fait le point et placé dans son contexte l’Assemblée nationale.

La recommandation de sagesse de Joseph Lambert a eu plus de poids que tous les palabres. Selon lui, les deux chambres devaient d’abord connaître les dessous de l’affaire Guy Philippe avant que qui que ce soit se prononce. Les parlementaires devaient entendre les ministres chargés de la question, le Conseil supérieur de la police nationale, le chef de la police avant de se lancer tête baissée dans toute initiative.

Comme une douche d’eau froide, les mots de l’expérimenté Lambert ont apaisé le courroux théâtral des députés et l’ordre du jour a été adopté avec une seule voix contre. En une seule prise de parole, Joseph Lambert a signé son grand retour au Sénat. 

Quelques minutes plus tard, c’est un autre ancien président du Sénat et de l’Assemblée nationale qui a fait son entrée dans l’enceinte du Parlement. Autant son ton sera chaud et rapide, autant l’assistance restera fraîche et les yeux ailleurs pendant tout son discours. 

Cela n’empêche que le président Jocelerme Privert, en expert, a versé son bilan, positif dans ses mots, sur la tête de tous les élus. Pas un instant le président provisoire n’a fait référence au sujet qui turlupine les élus drapés dans leur nationalisme dont certains s'apprêtaient à boycotter sa présence dans la séance

Jocelerme Privert a fait l’éloge des élections, des institutions qui vont retrouver leur cours normal et félicité Jovenel Moïse, le prochain président qui lui succédera le 7 février.

Prenant le temps de formuler des conseils aux élus et à la nation, Privert a déroulé son bilan économique, bien meilleur que celui du président Michel Martelly sur sa dernière année, en termes de taux de croissance, de vitesse de la décote de la gourde et de perspectives de création d’emplois dans un hymne à la stabilité. C’est une belle sortie que s’est offerte Jocelerme Privert devant une composition du Parlement différente de celle qui l’avait élu le 14 février 2016.

source le Nouvelliste