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Lettre de Odette Roy Fombrun au Premier Ministre Lafontant

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8 mai 2017

Excellence,

J’ai écouté, avec grand étonnement et stupéfaction, votre présentation de l’ÉTAT DES LIEUX, présentation faite quarante jours après votre installation. Quel dramatique constat ! Vous n’avez heureusement pas déclaré le pays en faillite. Ce qui suppose que vous envisagez des solutions à cette difficile situation. C’est un défi, un grand et difficile défi qu’il vous faut relever.

Je me souviens que le président avait parlé de convoquer des états généraux de la nation.

-Quels secteurs sains vont pouvoir la représenter ? 

-Il y en a et vous saurez les découvrir.

Il m’a fallu toute ma foi dans mon pays pour me ressaisir et décider de répondre aux souhaits exprimés antérieurement par le président et par vous-même de produire de la richesse pour combattre cette grande et ignoble misère qui afflige la majorité nationale.

Il faut reconnaître que le pays a été très mal géré et surtout que ses richesses n’ont jamais été exploitées. En effet, Haïti est riche et toutes ses richesses se gaspillent à l’intérieur du pays: richesses naturelles, culturelles et surtout historiques. Haïti est le seul pays de la Caraïbe à avoir une HISTOIRE UNIQUE : Il a donc de quoi conter, de quoi montrer aux visiteurs tant nationaux qu’étrangers. Il a un riche héritage culturel : indien, espagnol, français et évidemment africain. Il devrait être le pays de la Caraïbe à recevoir le plus de touristes. Or, le voilà déclaré seul PMA d’Amérique.

Quelles que soient les options des états généraux, il faudra en arriver à l’exploitation de ces richesses. Je vous présente donc la manière que j’envisage de les exploiter: DYNAMISATION DES DÉPARTEMENTS

La révolution qu’il faut faire.

L’exploitation de ces richesses permettra de développer l’intérieur du pays, dit pays en dehors. Sans son développement, il n’y a pas d’avenir pour Haïti : leurs populations acculées envahissent les villes qu’elles transforment en marchés de rue, multipliant les bidonvilles, sans aucun espoir de mieux-être. Il faut, à tout prix, leur apprendre à exploiter ces richesses, donc à retourner chez eux où le projet va créer du travail. En effet :

La dynamisation des départements est une grande konbite des maires du département. Le maire du chef-lieu a la responsabilité de créer la Commission de production de richesses(CPR) dont le siège sera cette mairie et son maire, le président.

Le délégué du gouvernement le représentera au CPR.

La Commission aura la collaboration des techniciens fonctionnaires de l’Etat et des volontaires du secteur privé, selon les besoins du projet. En effet :

- Chaque administration communale devra verser aux dossiers du CPR la liste exhaustive des richesses de sa commune : cascades, grottes, ruines, coutumes, danses, sites historiques, us et coutumes, fêtes patronales, terres cultivables disponibles, etc.…

- Le délégué du gouvernement devra verser aux dossiers de la commission la liste des techniciens fonctionnaires de l’État opérant dans le département en spécifiant leur domaine d’expertise et le ministère duquel ils relèvent. Il s’agit évidemment de techniciens à même de contribuer comme consultants ou acteurs à l’étude et à la mise en place de projets d’exploitation des richesses naturelles, culturelles et surtout historiques, l’étude de circuits touristiques ou de projets agricoles. Ces techniciens feront partie de la Commission technique pour la production de richesses (CTPR).

- Les députés du département sont invités à contribuer aux travaux de recherches des richesses et à l’orientation pour le développement de leurs régions. Ils étudieront les projets de loi bénéfiques pour le département. Ils n’auront plus à présenter leurs problèmes au PM, mais à travailler avec lui à les résoudre. De même que les sénateurs.

Heureuse coïncidence : l’approche de solution que je propose comme exemple dans cette présentation concerne le département de l’Artibonite dont la CARAVANE entend promouvoir l’agriculture. Je pense que le président du Sénat, Artibonitien convaincu, appuiera mon projet, avec enthousiasme. (Voir l’étude pour l’Artibonite en annexes.)

 

Évidemment, la vision du TOURIS LAKAY  pour le développement endogène des communautés de l’intérieur prend ici tout son sens, car il se fonde sur la konbite de 3 forces qui sont : les forces vives de la communauté, sa jeunesse, souvent dispersée, et sa diaspora. Tous sont invités à conjuguer leurs efforts dans des projets d’investissements identifiés, par la communauté et le dynamisme de sa jeunesse, réalisables grâce à l’intérêt, le savoir-faire et les ressources financières de la diaspora. Car la diaspora est intéressée à visiter ses lakay pourvu que ses lakay lui offrent certaines commodités dont : des toilettes et de l’eau potable. 

Des séminaires concernant l’entrepreneuriat seront offerts aux jeunes originaires de la communauté concernée. Ils seront invités à présenter des projets intéressants qui seront soumis à la diaspora originaire de cette même communauté pour investissements.

En conclusion, mes combats concernent ici comme ailleurs-la place qui revient à notre pays et que nous devons l’aider à occuper, par l’union et les konbites nationales :

HAITI, CENTRE HISTORIQUE ET CULTUREL DE LA CARAÏBE.