Accueil | Opinion | Nos affaires dominicaines se suivent

Nos affaires dominicaines se suivent

Le local du campus universitaire de Limonade n'a toujours pas été remis à l'Université d'Etat d'Haïti. Ni à aucune autre entité haïtienne, avons-nous appris.
La réception des travaux, processus technique pointu pour un chantier de cette importance, est une étape cruciale; délicate et indispensable. Les entreprises qui ont conduit les travaux se doivent de remettre les plans, les cahiers techniques, les notices explicatives aux propriétaires, responsables ou gérants du local. Ils se doivent de donner des garanties, de faire des mises en garde ou des recommandations en vue d'assurer une longue vie au complexe.
Selon des sources dignes de foi, rien n'est en cours. Aucune date n'est prévue. Aucune manifestation programmée pour cette étape finale. Sans remise définitive, impossible de lancer les inscriptions, de mettre le campus en ordre de marche.
En un mot comme en cent, Limonade est encore en chantier. Les Dominicains ont encore, seuls, la haute main et les deux mains sur le local; avec les clés et les droits d'y faire ce que bon leur semble.
Est-ce pourquoi l'Etat haïtien n'a pas décaissé la moindre gourde pour le campus ? Est-ce par prudence ? Par souci d'économie ? Attend-il que l'UEH ait le contrôle effectif de Limonade ?
Qu'attend-on pour livrer Limonade, pour délivrer Limonade, pour libérer Limonade ?
Pas de budget et pas de réception définitive du complexe alors que des informations font croire que nos voisins veulent maintenant gérer le projet, le curriculum et le reste; cela fait gros.
Le démenti du ministère des Affaires étrangères au sujet d'un éventuel mémorandum signé entre les deux pays sur ce sujet ne suffit pas à rassurer la communauté universitaire.
Limonade est-il un cadeau, un appât ou un hameçon ?
Nos affaires dominicaines se suivent sans se ressembler.
Ce jeudi, en pleine visite du président mexicain, est tombée l'annonce de la découverte d'un complot dominicano-haïtien pour déstabiliser le président Michel Martelly.
Une conférence de presse conjointe de très hautes autorités de l'île s'est tenue dans un hôtel de Santo Domingo pour présenter à la presse dominicaine les évidences recueillies par les services compétents des deux pays.
Des noms ont été cités, des mandats d'arrêt lancés, avons-nous appris par les journaux dominicains.
Les responsables haïtiens, qui paraissaient quiets et sans soucis ce jeudi, doivent faire le point sur cette ou ces affaires. La population voudrait bien avoir la version officielle, la version nationale.
Cela fait des jours que des rumeurs de complot sont véhiculées dans la presse locale. Cette conjonction avec l'autre pays partageant l'ile avec nous donne du relief à cette ombre.
Parlant d'ombre, un des ouvrages retraçant les relations entre Haïti et la République dominicaine s'intitule : « Les ombres d'une politique néfaste ». Il est de Julio Jean Pierre Audain, diplomate, homme politique, candidat à la présidence en 1957.
A lire Audain, nos affaires avec les Dominicains se suivent et se ressemblent. Depuis des siècles.

Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com
Twitter:@dalfaz

Source: Le Nouvelliste