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Quel style de gouvernement pour l’administration Moïse-Lafontant ?

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L’administration Moïse-Lafontant peine à trouver ses marques et à prendre sa vitesse de croisière. Elle donne l’impression d’expédier les affaires courantes alors que des turbulences pointent à son horizon.

Les premières pluies de printemps, qui ne sont ni des cyclones ni des perturbations particulières, mettent à mal nos capacités d'encaisser les coups de la nature. Le gouvernement semble avoir le choix entre des pansements, de vraies et longues mesures de redressement de prier pour que le pire nous épargne.

Les enseignants des écoles publiques sont en grève pour réclamer, comme chaque année, augmentation de salaire, lettres de nomination, versement d’arriérés et de meilleures conditions de travail. Il y aura sans doute des promesses, quelques paiements et une entente sucrée avec les syndicats les plus velléitaires ou les plus acrimonieux. Il faut vite choisir pour éviter de pénaliser les élèves.

Des élèves des écoles publiques sont dans les rues pour exiger la reprise des cours, le retour en classe des professeurs, le pain de l’instruction et une année scolaire complète. Cela aussi est un remake. Le gouvernement risque de les sacrifier encore une fois, comme ses prédécesseurs. Les élèves sont les oubliés du tango que l’Etat et les syndicats entament chaque année. La nouvelle administration n’a pas encore changé la musique.

Des marchands de rue de Pétion-Ville manifestent depuis plusieurs jours contre une décision de la mairie de cette ville de leur interdire d’étaler leurs marchandises à même les trottoirs de la municipalité. La mairie a vu très grand, d’un coup. Au pays de l’informel, Delmas et Port-au-Prince ont donné la marche à suivre : commencer par récupérer des blocs avant de penser à l’intégralité des rues. Cela ne concerne pas le gouvernement directement, mais tout relève de sa compétence dans cette affaire si les manifestations se poursuivent.

Les syndicats de transporteurs publics font de la résistance devant les velléités du gouvernement d’augmenter le prix de l’essence à la pompe. Les négociations ne vont pas dans le sens des espérances de l’Etat. Le gouvernement devra baisser ses prétentions. Il faut dire qu’avoir les syndicats comme seul et principal interlocuteur est une stratégie pour le moins singulière. Le prix des produits pétroliers est le premier grand test de la bonne gouvernance.

Alors qu’il aurait dû présenter un budget rectificatif qui reflète ses priorités et ses objectifs, l’administration Moïse-Lafontant vient de perdre trois mois. D’ici juin, il lui faudra travailler sur la loi de finances pour le prochain exercice fiscal. Le bon sens prescrit de chercher à éteindre au plus vite les conflits et les revendications, pour passer aux vrais problèmes.

Le premier ministre ne rassure pas sur ses capacités. Le gouvernement n’emballe pas sur ses projets. Le président semble encore courir la fin du marathon de sa campagne électorale. N’est-il pas urgent d’éteindre les petits feux qui s’éternisent et  qu’arrive l’heure de gouverner ?

Frantz Duval - Editorial du Nouvelliste