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Qu’est-ce qui explique l’échec persistant au baccalauréat haïtien ces dernières années ?

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Depuis plusieurs décennies, les résultats du baccalauréat haïtien sont un véritable échec. Chaque année semble un record historique en terme d’échec. Qu’est-ce qui explique cet échec persistant dans notre baccalauréat  ces dernières années ? Qu’est-ce qui en est à l’origine ? Qu’est-ce qui justifie que parfois même des élèves – brillants en salle de classe et obtenant d’excellentes notes aux examens de leurs écoles – échouent au bac ou parfois sont ajournés aux examens de la session extraordinaire ? Cet échec, presque global, massif, est-il dû à notre système éducatif, jugé par plus d’un inapproprié, obsolète ? A la formation des enseignants ? Ou au bilinguisme où le français, langue d’apprentissage, est mal appris aux élèves, qui peinent à l’écrire et le parler ?  

Pour répondre à ces questions,  deux enseignants et éducateurs ont été invités le samedi 12 août à Forum: Amary Joseph Noël et Jean Marie Pierre. Le professeur Noël pense que c’est l’échec de tout un système. Répondant à la question sur la manifestation de l’échec, Jean Marie Pierre croit qu’il relève du niveau de notre université qu’il considère comme étant « un lieu de tests, de diplômes ». Et cet échec, pense-t-il, ne date pas d’hier. Il se rappelle le nombre d’élèves ayant échoué au bac en 1962, l’année durant laquelle il passait ses examens officiels. Pour lui, il s’agit d’échecs récurrents. 

De l’avis du professeur Amary Joseph Noël, ces échecs sont liés au type de curriculum inapproprié – qui laisse à désirer – au niveau de formation du personnel enseignant. Les professeur Amary Joseph Noël et Jean Marie Pierre conviennent que la baisse du niveau de qualité de notre éducation relève en partie de la fermeture de l’Institut national pédagogique, un centre de réflexions et d’évaluation des enseignants, du programme scolaire. 

Les deux invités de Forum en appellent à une réforme en profondeur de notre éducation, d’avoir un document référentiel,  un corps de correcteurs certifiés et bien formés, une commission de vérification des corrections. Cette dernière proposition s’explique par des cas où des copies de bacheliers ne sont pas corrigées selon les normes ou elles le sont par fantaisie, par manque de compétence.