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LE DOYEN DE CAVÉ DE JÉRÉMIE S’ÉTEINT À OTTAWA-GATINEAU

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image Mr. Prénel Cavé

Par Eddy Cavé Ottawa, ce 27 novembre 2011

Dans la matinée du dimanche 20 novembre en cours, Prenel Cavé s’éteignait dans le plus grand calme à Gatineau, en la résidence de sa fille aînée Marie-Hélène Cavé Bélance. Il avait 94 ans. Au cours des deux dernières années, l’oncle Pré ne quitta sa chambre, convertie en chambre d’hôpital, que pour de courtes promenades autour de la maison. En fait, depuis qu’il avait passé le cap combien respectable des 90 ans et attrapé un mauvais virus, il menait la vie

tranquille du voyageur arrivé au bout de son périple ». Recevant tous les

jours une kyrielle d’enfants, de petits-enfants, de belles-filles et de beaux-

fils toujours soucieux de lui faire plaisir.

En fait, Tonton Pré était devenu le patriarche d’une vraie petite tribu : 12 filles et fils vivants, depuis la mort de Jean-Marie et de Claudie; 50 petits-enfants; 12 arrière-petits-enfants. Dans l’ensemble, une descendance directe de 76 membres se pressant autour de lui dans le seul souci de l’assister dans ses derniers jours. Par une larme ou un sourire! À tour de rôle, ils étaient presque tous à son chevet. Dans la chambre, Tante Atoune, avec qui il aura partagé 70 de ses 94 ans, et Mme Bertho Bélance, belle-mère de Marie-Hélène et pionnière, elle aussi, de l’ancienne paroisse de Sainte-Hélène.

Papa Pré s’en est allé sans avoir fait, comme il le souhaitait, une dernière visite à Sainte Hèlène, d’où il suivait comme un inspecteur le va-et-vient des bateaux et des voiliers surchargés arrivant dans le port ou le quittant. Il avait ainsi pu prévoir plusieurs des catastrophes qui ont frappé le cabotage de la région.

Tonton Pré est parti sans avoir fait une dernière promenade à pieds à Testasse où il a laissé une partie de lui-même : des centaines de cocotiers, de manguiers, d’arbres véritables, etc. Lui, mon père Doc Babal, décédé en

1964, et Louisson Papillon, un ami commun parti en 1980, avaient des propriétés à Testasse, de sorte que je les ai suivis jour après jour dans ce coin merveilleux jusqu’à ce qu’au jour où je me suis laissé emporter par l’attrait du grand large.

Le doyen n’a pas revu non plus la succursale de la Banque Nationale, au cœur de Nan Goudron, où il a fait les 35 ans de carrière donnant droit à la retraite et où j’ai fait mes premiers pas de ma vie professionnelle sous son regard affectueux. Mes premiers conseils de sagesse dans mes rapports avec la clientèle et la gestion de ma caisse, c’est lui qui me les a donnés. Nous avons vécu ensemble les massacres de 1964 à Jérémie, l’arrestation de nos collègues Frantz Perreault et du sous-directeur Joseph Lagroue, des Cayes, sous prétexte qu’il était l’ami des Villedrouin.

Durant sa longue carrière, il a vu passer tous les dirigeants de la Banque Nationale qui ont fait le réseau des succursales. Du directeur Duperval, surnommé «Ma Banque », à Max Rigaud, en passant par Antonio André, Adrien Bonnefield, Jean-Daniel Polycard, Frantz Alain, Joseph Cayemitte. Et j’en passe, Prenel les connaissait tous et jouissait chez eux de la plus grande estime possible. J’avais presque la larme à l’œil quand je voyais le PDG Antonio André l’accueillir au siège social quand il y allait en visite. Prenel appartenait à cette race d’hommes qui ne laissent que des sentiments favorables dans les cœurs de ceux qui les fréquentent.

Et quand a commencé la vague, à la fois funeste et bénéfique, de l’émigration, Kouzin Pré et Tante Atoune ont suivi « à temps partiel » leurs enfants dans l’aventure canadienne, devenue depuis notre patrie d’adoption. Au point que nous avons, avec Jean-Marie Cavé, commencé il y a douze ans à y enterrer nos morts. Samedi prochain, nous aurons donc deux épitaphes au cimetière d’Orléans, à Ottawa. Aucun d’entre nous n’y pensait au moment où l’année 1986 nous éblouissait par la générosité de ses promesses avec le renversement de la dictature.

Dans notre terre d’accueil, nous avons accumulé énormément de souvenirs heureux. Nous avons vu s’agrandir la famille à un rythme moyen d’une naissance par année, sans parler des mariages, des célébrations de noces d’argent et d’or, des réunions de fin d’études, des cérémonies de collation de grades, etc. Dans le bilan de clôture que l’on fait pour un employé de banque, on ne peut se permettre de rien oublier…

*****

Les funérailles seront chantées à la paroisse Saint-Joseph d’Orléans le samedi 3 décembre prochain. En pleurant le départ de Tonton Pré, nous prierons et pleurerons aussi pour Sainte-Hélène et pour Jérémie, ainsi que pour les victimes et les sinistrés du 12 janvier 2010. Dans notre tristesse, il ne nous manquera que le glas de la cathédrale Saint-Louis et les visages familiers de notre enfance!



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