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Les politiques visitent la foire ou signent leur livre

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Pour la deuxième année consécutive, le président de la République a pris part à Livres en folie. Comme Michel Martelly, ce 7 juin, des hommes et femmes politiques ont profité de cet espace soit pour signer un ouvrage, soit pour en acheter.

Auteurs et lecteurs en parfaite harmonie. L'aventure du succès continue pour Livres en folie une 18e fois. Il est 2h 15. Comme les milliers de participants, la chaleur est au rendez-vous au Parc Historique de la Canne à Sucre. Retrouvailles, discussion entre amis, files d'attende devant les kiosques des éditeurs, les auteurs n'arrêtent pas de signer. Soudain, petites bousculades qui n'effraient personne, mais qui attirent l'attention. Il est encore là cette année. Il vient encourager l'initiative et du coup prend un bain de foule comme à son habitude.

On veut le voir. On veut le prendre en photo. Escorté de ses agents de sécurité, le président de la République accompagné de la première dame récidive. Pour la deuxième fois, un chef d'Etat en fonction rend visite aux auteurs, organisateurs et lecteurs de la plus grande foire du livre qui a eu encore un succès cette année.

Jeans bleu, chemise aux rayures jaunes, le président de la République, muni de son téléphone mobile de dernier cri accroché à la poche, se dirige tout droit vers le stand de Joseph Lambert et de Youri Latortue, deux anciens sénateurs devenus ses conseillers politiques. Un groupe de participants le suit. Avec un large sourire, il échange des poignées de mains avec les deux auteurs.

« Où se trouve le chapitre qui me concerne », dit Michel Martelly en feuilletant « Les Mots en vrai... », l'ouvrage de l'ancien sénateur du Sud-Est. Après le stand de ses deux conseillers, le chef de l'Etat fait un petit tour au parc, question de visiter d'autres auteurs, dont Bernard Honorat Gousse, son Premier ministre mort-né qui signait la « Révolution du droit numérique haïtien ».

Ses admirateurs le suivent pas à pas en lançant des slogans du genre '' Viktwa pou pèp''. « C'est impressionnant de voir tous ces gens verser dans un domaine assez compliqué qu'est l'écriture », déclare l'ancien chanteur. C'est l'un des secteurs les plus négligés où les acteurs sont abandonnés à eux-mêmes, reconnaît le président Martelly, conscient du rôle des écrivains dans la vie sociale en Haïti.

Selon le chef de l'Etat, ces créateurs ne font pas qu'écrire, «...ils élucident des mystères et proposent parfois des pistes de solution aux problèmes auxquels est confronté le pays. Du rêve naissent assez souvent de grandes réalisations ». Philosophe, Michel Martelly, mercredi soir, avait honoré au palais national plusieurs auteurs vivants ou à titre posthume.

Pour le président Martelly, l'Etat haïtien a beaucoup à apprendre des expériences des organisateurs de Livres en folie. « Ils sont plus aptes à accompagner l'Etat haïtien au lieu que ça soit l'inverse. Mais puisqu'il est de notre devoir, nous pouvons les aider à trouver un autre espace beaucoup plus grand pour accueillir cette activité dont les participants augmentent chaque année », promet le chef de l'Etat sous le regard de Max Chauvet, directeur du journal Le Nouvelliste, l'un des organisateurs.

Le premier mandataire de la nation soutient que la nomination d'un nouveau directeur à la tête du Bureau des droits d'auteurs peut permettre aux écrivains, musiciens et autres créateurs de vivre du fruit de leur travail.

Comme le chef de l'Etat, d'autres femmes et hommes politiques-en signature ou pas- ont fait le déplacement à cette 18e édition de Livres en folie.

Jacques-Edouard Alexis rejette les allégations de Joseph Lambert

« Je suis ce que je suis et le sénateur Lambert est ce qu'il est », déclare à Livres en folie Jacques-Edouard Alexis, pour répondre aux accusations de l'ancien sénateur Joseph Lambert dans son ouvrage.

Depuis son échec aux élections présidentielles de 2011, il s'est pratiquement retiré de la scène politique. Il ne parle pas dans la presse. Livres en folie cette année a été une occasion rare pour Le Nouvelliste d'avoir ses réactions sur les accusations portées contre lui par Joseph Lambert, son ancien collègue de la plateforme politique INITE.

Dans son ouvrage « Les mots en vrai... », Joseph Lambert a accusé l'ancien Premier ministre d'avoir été la tête pensante du dossier de trafiquant de drogue que l'on collait sur lui. « Je n'ai pas encore lu le livre. Je vais l'acheter et le moment venu j'aurai à réagir sur ce qu'il a dit. Il a donné sa part de vérité et probablement bientôt je vais donner la mienne », avance M. Alexis.

Par ailleurs, l'ancien chef de la Primature avoue que Livres en folie est un rendez-vous incontournable. « Je n'ai jamais raté ce rendez-vous. Sauf quand je suis à l'étranger. Je vois que chaque année le nombre d'auteurs en signature et le nombre de livres augmentent », dit-il.

Parallèlement, l'ancien sénateur Youri Latortue signe ''Le devoir de servir'', son dernier ouvrage en date. Le conseiller politique du président Martelly dit avoir déjà exhorté le chef de l'Etat d'investir dans la production des ouvrages. « Nous avons encouragé le président à honorer les auteurs », avance-t-il.

Comme pour citer quelques passages dans son livre, l'ancien sénateur fait remarquer qu'on peut servir le pays dans n'importe quel domaine. « On n'a pas besoin d'être président de la République ni Premier ministre. On peut le faire dans sa communauté... », dit-il, se félicitant d'avoir bien servi le pays au Parlement.

« Celui qui ne lit pas ne peut pas écrire », dixit Himmler Rebu

Pour le leader du GREH qui signe cette année « René Préval : Le dernier tango », l'auteur vit et s'inspire des autres auteurs aussi. « Celui qui ne lit pas ne peut pas écrire. Livres en folie, c'est une activité extrêmement réjouissante. J'ai vu beaucoup, beaucoup de jeunes. Un écrivain, c'est d'abord un lecteur », dit-il. L'ancien colonel des Forces armées d'Haïti (FAD'H) ne peut s'empêcher de parler de politique. Selon lui, le pouvoir c'est quelque chose d'extrêmement épuisant. « Il faut approcher les cercles du pouvoir pour comprendre comment c'est démoniaque », affirme-t-il.

Bien qu'il ait été un opposant farouche au président René Préval, le leader a loué, dans son ouvrage, la capacité de l'ancien chef de l'Etat à résister aux pressions de la communauté internationale qui lui avait demandé de quitter le pouvoir avant la fin de son mandat. « Pour avoir passé 10 ans à la tête du pays, René Préval est le président qui avait beaucoup plus de chance de réaliser quelque chose pour le pays », selon Himmler Rebu.

Plusieurs parlementaires en fonction se sont invités à la grand-messe du livre. Certains comme auteurs, à l'instant de Cholzer Chancy, député d'Ennery, qui signe « Ennery et les collectivités dans le développement national».

Les sénateur Benoît, Bien-aimé et Jeanty plaident pour le support de Livres en folie

Fidèle comme lui seul à ce grand rendez-vous annuel du livre, on meurt. « Je suis à ma 18e participation. Un succès à chaque fois. Maintenant, le parc Historique devient trop petit pour accueillir l'événement », avance le sénateur Steven Benoît.

Le parlementaire se dit prêt à supporter toute idée visant à la construction de bibliothèques à travers le pays. « C'est l'exécutif qui devrait nous dire ce dont il a besoin en termes de fonds. Nous autres, nous retirerions de l'argent alloué à l'achat de véhicule aux subventions en veux-tu-en-voilà, pour les mettre dans des choses concrètes comme la construction de quatre bibliothèques chaque année dans divers départements », explique-t-il.

C'est un espace de rencontre entre acheteurs et auteurs, lance le sénateur Jean-Baptiste Bien-aimé, qui croit dur comme fer que cette catégorie de créateurs mérite d'être supportée pour leur travail. Tenant dans sa main l'ouvrage « La Minustah et le choléra. Procédure pour dédommager les victimes », une oeuvre de Jaccéus Joseph, le sénateur pense que ce document pourra lui être utile dans le cadre de son travail comme parlementaire. Je suis de ceux qui croient que les Nations unies doivent dédommager toutes les victimes du choléra, a-t-il fait savoir.

Pour sa part, le sénateur Jean Willyam Jeanty estime que tout ce qui peut donner du plaisir au peuple haïtien, lui permettre se récréer en toute convivialité, encourager les auteurs. « C'est une initiative louable à encourager, bien que pour acheter un livre, il faille déployer beaucoup d'efforts », avance l'élu des Nippes comme une requête aux organisateurs de Livres en folie

Il est clair que, selon le parlementaire, on n'a jamais eu une politique culturelle. Mais avant de l'avoir, il indique que le pays doit choisir où il veut aller. « Il faut savoir quelle Haïti on veut construire, quelle culture on veut valoriser. Du côté de l'Etat, on ne sent aucune volonté de redonner vie aux salles de théâtre, de cinéma... », dénonce-t-il.

Plusieurs autres personnalités, comme Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, parlementaires et officiels du gouvernement comme le ministre de la culture Mario Dupuy, ont pris part à cette 18e édition de Livres en folie. Visiblement ému, Joseph Lambert a pris goût à l'écriture. Après la signature de « Les mots en vrai », il annonce pour la fin de l'année un autre ouvrage sur ses expériences dans la plateforme politique INITE, les conflits avec ses anciens collaborateurs de INITE.

Robenson Geffrard et Danio Darius Source Le Nouvelliste

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