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A l’occasion des rencontres québécoises, Dany Laferrière souhaite l’émergence de meilleures images du pays

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image Dany Laferriere

L’écrivain haïtien Dany Laferrière, président des rencontres québécoises en Haiti, veut voir briller une meilleure image d’Haïti à l’extérieur lors de ces échanges prévus du 1er au 8 mai 2013.

Initiées par la maison d’édition Mémoire d’encrier à l’occasion de son 10 e anniversaire, lévénement accueillera vingt-et-un auteurs(es) du Québec et des ouvrages de près d’une cinquantaine d’éditeurs du Québec et du Canada français.

A l’issue de ces rencontres québécoises, Laferrière espère voir se produire de nouvelles images qui feront percevoir Haïti différemment à l’extérieur.

« J’en ai marre des clichés qui se disent un peu partout dans le monde sur Haïti. Je crois que les seules personnes capables d’éteindre les clichés, de les effacer : ce sont les artistes parce qu’ils vont les remplacer par d’autres clichés », souligne Laferrière lors d’un point de presse auquel a assisté AlterPresse, le lundi 29 avril.

Il croit qu’à cette occasion les écrivains québécois vont non seulement rencontrer leurs camarades haïtiens mais aussi « regarder la vie haïtienne » pour pouvoir faire la comparaison entre ce que ces derniers écrivent et « la vie qu’ils ont vue » par rapport à ce que « les médias internationaux disent ».

« La littérature se nourrit de la vie et l’écrivain trouve sa vraie matière dans la réalité », souligne-t-il.

« Je crois qu’il était temps de faire un pont entre les deux sociétés. Cette société haïtienne où sont partis la pulsion originelle, le gout d’écrire, les images qui m’habitent, qui me font écrire aussi, la chaleur humaine et cette société québécoise où la décision d’écrire est venue », se réjouit le président de l’événement.

Manifestant son attachement aux deux sociétés, Laferrière pense qu’il fallait relier Haïti et Québec pour que sa vie ne soit pas une simple fiction.

Il se voit dans son rôle de président comme un facilitateur qui espère que tout « se passe bien, que tout le monde se trouve dans une condition optimale pour créer ».

« Tout ce que j’ai à gagner c’est qu’un jeune écrivain haïtien se trouve en relation d’amitié et de fraternité avec un écrivain québécois », espère t-il.

L’écrivain souhaite la poursuite de telles activités culturelles pouvant développer des relations qui contribueront à faire venir ici (Haïti) l’année prochaine un écrivain québécois en résidence d’auteur et vice versa.

Il appelle les organisateurs à continuer l’initiative en vue de garder le côté collectif de l’affaire en avançant que « la littérature est une aventure à la fois individuelle et collective ».

« ’Individuelle’ dans le sens que je ne peux pas savoir ce que les gens vont écrire, ce qui va les frapper. ’Collective’ dans le sens que je peux chercher à leur (écrivains québécois) donner un cadre pour qu’ils sachent qu’il y a une vie en Haïti », explique t-il.

« Après près de 80 ans de rencontres, d’échanges, de partage entre Haïtiens et Québécois, il est venu le temps de célébrer ces rencontres haitiano-québécoises, de célébrer cette fraternité agissante entre les québécois et les haïtiens », exprime, pour sa part, l’écrivain et éditeur Rodney St Eloi.

L’éditeur voit à l’occasion de cette commémoration l’élan d’un vœu de partage et de rencontre entre les imaginaires québécois et haïtien.

Pour lui, le message sera clair : « s’il y a un lieu pour développer ce pays, s’il y a une ligne de force, la ligne de force c’est la culture. On ne peut pas penser le développement d’Haïti sans penser la culture ».

Lors de ces rencontres haitiano-québécoises, l’écrivain anticipe un échange égal où les Haïtiens seront partie prenante à moitié de cette coopération.

Il n’y aura pas d’acculturation, assure Saint Eloi, qui préfère parler d’altérité Alter Presse

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