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Adieu à Préfète Duffaut, le père du « village imaginaire »

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Les funérailles du célèbre peintre Préfète Duffaut, un des derniers géants des arts plastiques en Haïti, ont été chantées samedi en l’église Saint-Louis Roi de France où, dans la sérénité et le recueillement, sa famille, ses amis et diverses personnalités lui ont rendu un ultime hommage.

Celui, qui a laissé son empreinte dans l’univers artistique son époque à travers ses « villages imaginaires », est décédé le samedi 6 octobre dernier à l’âge de 89 ans.

Dans son homélie de circonstance, le célébrant principal, le père Lanex Phanor, a, parlant du disparu, affirmé que « la mort d’un baptisé n’est pas une fin, mais un passage ».

La directrice du Musée du panthéon national (MUPANAH), Michèle Gardère Frisch, et le peintre Philippe Dodard, directeur de l’Ecole nationale des arts (ENARTS), ont, de leur côté, tous deux salué l’exceptionnelle originalité de l’œuvre de Duffaut et souligné que sa conception géométrisée et animée de l’espace urbain avait fait de lui l’un des créateurs haïtiens les plus connus internationalement.

Mais, sa stature n’aura pas suffi à lui donner droit à des funérailles nationales. Indigné, le Dr Frantz Large, très proche du défunt, s’en est pris vivement au gouvernement Martelly/Lamothe qui, estime-t-il, n’a pas rendu à Préfète ce qu’il a donné au pays.

L’absence des officiels était compensée par la mobilisation de plusieurs personnalités comme le peintre Casimir Joseph et la galeriste Mireille Pérodin Jérôme, épouse de feu le peintre Jean-René Jérôme.

Son décor, ses couleurs et son imaginaire propre à lui étaient bel et bien présents pour le dernier tour de piste de monsieur l’artiste dont la dépouille a été placée dans un cercueil peint par de jeunes collègues.

Le cercueil original que l’octogénaire avait lui-même conçu près de quinze ans avant sa mort, soit en 1998, avait disparu dans le séisme dévastateur de 2010, a souligné son fils Dupré « Artiste » Duffaut. Reprenant l’une des légendes ayant jalonné le parcours fulgurant du personnage, ill a également indiqué que c’était dans un songe que Notre-Dame de Lourdes, avait confié à son père, alors charpentier, la mission de « peindre la ville de Jacmel ».

L’infatigable plasticien est allé se reposer pour toujours près de la métropole du sud-est, à Cyvadier, la localité où, le 1er janvier 1923, il avait pris naissance.

Précédé dans l’au-delà par plusieurs autres figures de proue de sa génération parties ces dernières années, Préfète Duffaut laisse la peinture haïtienne encore plus orpheline après André Pierre, Gesner Armand, Alix Roy, Wilson Bigaud, Dieudonné Cédor ou encore Ernst Louizor. spp/Radio Kiskeya

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