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Dener Ceide… toute la musique haïtienne

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image Dener Ceide

De passage en Haïti pour une prestation donnée au Quartier Latin le samedi 12 août, Dener Ceide en profite pour renouer, par le biais des médias, avec le public local qui ne l’a pas vu depuis près de 4 ans et pour entamer sur place la promotion de « Sele Bride », son tout premier single en solo. Après des débuts dans la musique évangélique, Dener est devenu compositeur pour le compas, offrant des hits à des groupes comme Harmonik, Disip, Klass et Zenglen, avant de collaborer avec les artistes internationaux Lauryn Hill, Inner Circle et Yolanda Adams. Aujourd’hui, il présente au public son propre son et projette même de faire un clin d’œil au rabòday. Dener Ceide est définitivement au cœur de la musique haïtienne et il veut la faire avancer !

On est loin du jeune Dener qui faisait ses débuts dans l’arène du compas en tant que compositeur avec le titre « Déception » qui figure sur l’album « Première danse » de Nickenson  Prud’homme. Au cours des 12 années qui se sont écoulées, l’homme a mûri. L’artiste a grandi. Tout ceci pour le bonheur de la musique haïtienne et le plaisir des mélomanes. Après avoir marqué 2016 en s’assurant de déposer sa touche sur tous les albums compas à succès de l’année, Dener nous fait parvenir sa musique cette année sous la forme d’un single, « Sele Bride », le premier en solo de l’artiste, sorti à la fin du mois de juillet. 

Dener Ceide ne se lasse pas de parler de « Sele Bride », son premier projet solo. Avec ce morceau l’artiste se démarque du compas et sert un son aux couleurs de nos chansons traditionnelles, influencé par les musiques du monde. Ce ne sera sans doute pas la dernière composition de cette trempe que l’on recevra de l’auteur-interprète qui ne craint pas d’explorer d’autres horizons musicaux. « Je n’ai pas peur de prendre des risques », affirme le compositeur qui préfère initier et endosser lui-même certaines créations tout en extériorisant le produit des mille et une influences qui l’ont aidé à modeler son art. 

Le guitariste a été bercé dans son enfance par des titres comme « Tout moun ale nan kanaval », « Ayiti bèl fanm » et des groupes comme Papach et Boukman Eksperyans. « J’ai été vraiment influencé par la musique haïtienne de 86 à 92. C’était juste après le départ de Jean-Claude Duvalier et les chansons de l’époque traitaient d’émancipation, de changement... C’est cela que, aujourd’hui encore, j’essaie de reproduire », affirme l’homme qui a aussi des influences religieuses. 

« À chaque époque de ma vie, j’ai une demande spirituelle », explique Dener qui a grandi dans un environnement catholique. « À 14-15 ans, j’ai fait d’autres expériences. Puis, au début de la vingtaine, je me suis encore permis plus d’ouverture vers d’autres religions comme le bouddhisme et le vodou », poursuit-il. Chacune de ces expériences religieuses a bien sûr été accompagnée d’hymnes qui ont marqué le compositeur et co-interprète de « Sincerly yours ». 

Les hymnes protestants, les mélodies que l’on chante dans les Lakou, les tambours, les chansons traditionnelles… ces rythmes qui lui rappellent Haïti quand il est en terre étrangère et aussi la musique de Bob Marley, artiste qu’il trouve très spirituel sans pour autant être religieux… tout cela a marqué Dener qui se présente comme un universaliste qui croit en l’amour. Puis, il y a bien sûr ces morceaux et ces artistes dont il ne se lasse pas… « Last train home » de Pat Metheny, « Here comes the sun » des Beatles, l’œuvre de B.I.C qu’il considère d’ailleurs comme un des meilleurs lyricistes de son époque, la musique du guitariste Frantz Casséus, et bien sûr, celle de Tabou Combo, formation musicale au sein de laquelle il a fait office de chanteur et guitariste entre 2008 et 2013… Nul doute qu’un compositeur d’un tel calibre se nourrit lui-même de beaucoup de musique! 

Dener est aussi un consommateur de compas, ce rythme qui garde son empreinte depuis son premier essai à la demande de Nickenson Prud’homme en 2005. Il en écoute au même titre qu’il en compose pour les groupes les plus en vogue du moment. « Il y a des chansons que je compose en deux heures et d’autres qui me prennent jusqu’à trois mois. J’essaie de me mettre dans la peau de l’artiste. J’écoute son histoire. Mais quand je n’ai pas trop de détails, c’est finalement mon histoire que je transmets. Certains artistes me font assez confiance et se contentent de me demander de leur faire une chanson sur un sujet précis. D’autres fois, ils tombent sur une de mes créations non encore publiées et attribuées et me disent : ‘’Dener, je veux l’avoir’’ », raconte celui à qui on doit « Heartbreak & Misery », superbe adaptation de « Jealous » de Labyrinth chantée par Gazzman Couleur sur l’album « Klere yo » du groupe Disip, classé album de l’année par Ticket.

Toujours à l’affût de nouveaux sons, Dener découvre en ce moment le rabòday. « Ces temps-ci, j’écoute beaucoup de rabòday. M bezwen konprann sa k rabòday la », lâche, enthousiaste, le compositeur qui avoue aimer le rythme tout en déplorant la faiblesse du contenu des productions dans cette tendance. « C’est un rythme entraînant qu’on ne peut pas laisser partir à la dérive. Je pense que les musiciens de la tendance compas, et tous les autres musiciens haïtiens d’ailleurs, ne devraient pas le regarder de haut », insiste l’artiste qui voit le rabòday dans un standard international. S’agit-il d’un rythme qu’il inclurait dans une de ses compositions ? Bien sûr, répond-il sans longue réflexion. 

Compositeur du moment, plume d’or du compas, guitariste aux multiples talents, sont autant d’étiquettes qui siéent comme un gant à Dener. Il faut l’admettre, ces dernières années, Dener pot konpa a sou do l. Il ne tente pas de le nier d’ailleurs. Sans fausse modestie, le musicien préfère exprimer sa gratitude envers la vie, envers le public qui accueille si bien ses productions et ces artistes qui continuer à faire appel à lui. « Il y a tellement de gens qui composent de belles chansons, mais qui n’ont pas la chance d’avoir l’écoute dont je bénéficie. Ça me fait prendre conscience que j’ai encore beaucoup de travail à faire », conclut-il humblement.

Daphney Valsaint Malandre source Ticket Magazine



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