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Des professionnels de la musique réunis pour faire reconnaître leurs métiers

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image De la gch vers la dte, sur le panel Auteur/Compositeur: Francois Lenor, Manzè, Raoul Denis Jr (modérateur) et Miu.

L'association des professionnels de la musique, dénommée Ayiti Mizik, a organisé, de concert avec la Fondation Haïti Jazz, une table ronde sur les métiers de la musique ce vendredi 9 novembre 2012 au restaurant Le Villate à Pétion-Ville. Ce grand « chita pale », qui s'inscrit dans le cadre des différentes activités de Kay Mizik la, Centre de Ressources pour la Musique, a réuni plus d'une trentaine de personnalités du monde musical pour proposer des solutions aux problèmes auxquels l'industrie de la musique fait face.

Cette table ronde fut un véritable échange de connaissances et de partage d’expériences en matière de musique. Quatre panels ont accueilli plus d’une dizaine de figures de proue du milieu, dont des auteurs/ compositeurs, des managers, des entrepreneurs de scène, des ingénieurs du son, des producteurs de disques…

« Pour la reconnaissance des métiers de la musique » a été le thème retenu, à cette grande rencontre-débat,  par les membres organisateurs pour faire reconnaître aux fans, amateurs de la musique, mélomanes et au grand public  les différents métiers grâce auxquels l’artiste solo ou la formation musicale se produit : le manager, le producteur de label, l’éditeur (quasi inexistant dans notre industrie), des entrepreneurs de scène qui travaillent tant dans l’organisation de spectacles que dans celle des tournées, l’éditeur phonographique, l’arrangeur, le chef d’orchestre, etc.

Cette table ronde a été l’occasion pour chacun des intervenants de partager leur propre lecture du paysage musical, de voir d’un œil plus critique les conditions dans lesquelles évoluent les musiciens, et d’apporter des éléments de réponse aux problèmes auxquels ceux-ci font face.

Jean-Claude Verdier, intervenant au panel « Encadrement et Entrepreneur de scène », se dit préoccupé par le manque de professionnalisme de cette nouvelle génération d’entrepreneurs et de  « producteurs improvisés » qui misent sur le côté lucratif et commercial de la musique, mais qui n’ont pas l’amour du métier dans l’âme, ce qui est très néfaste pour  « notre industrie musicale n’ayant pas la même configuration aujourd’hui »,indique-t-il.

Joël Widmaier, batteur et membre organisateur principal du prestigieux Festival International de Jazz, croit dur comme fer que n’était « notre sens du sérieux et les exigences artistiques que nous nous imposons à la Fondation, nous ne serions pas à la septième édition de ce festival de standard international et à but non lucratif. Notre rigueur, notre discipline et notre respect du public  nous ont permis de gagner la confiance de nos sponsors et de nos différents partenaires. Héberger  les musiciens venus d’ailleurs dans des conditions saines et agréables, veiller à la bonne présentation de notre produit et le rendre intéressant auprès de nos sponsors, mettre sur pied une équipe pour assurer la promotion du jazz sont quelques-unes de nos priorités », soutient-il, fier et satisfait des réalisations de la Fondation.

Selon Eddy Renaud, directeur de Sonomix, « l’absence de scènes équipées et la défection des appareils de son rendent difficile et malaisée l’organisation de  spectacles. Les soins que doivent accorder les musiciens au  matériel sont souvent négligés. Il est essentiel d’avoir une équipe compétente sur place pour tout coordonner.  Les musiciens doivent être éduqués et comprendre l’importance du matériel afin de mieux le protéger », affirme-t-il.

D’autres personnalités du monde musical haïtien des années 80 sont revenues sur leurs belles années de gloire empreintes d’intenses émotions et de passions. Mimerose Beaubrun, nostalgique de cette époque, se souvient bien de  « Kem pa sote».  « Ce titre carnavalesque  qui a annoncé le début d’une carrière et a permis à Boukman Eksperyans de gravir des échelons tant sur la scène nationale que sur la scène internationale. Cette composition symbolise  notre plus grand exploit. Bouckman est devenu au fil des ans une institution sérieuse qui se fixe des règles à respecter, comme être à l’heure dans les répétitions, honorer les contrats et planifier les tournées.  C’est aussi un lieu d’apprentissage de la musique et nous avons beaucoup de professionnels qui travaillent avec nous », s’est-elle réjouie.

Plusieurs artistes ont mis l’accent sur la nécessité d’améliorer les conditions de vie des musiciens et de les encadrer. « La musique n’est pas à prendre d’assaut »,  a renchéri François Lenor. « Il faut aimer le métier de musicien », ajoute-t-il. Le problème de transmission de nos valeurs musicales a été soulevé par notre musicien de renom et producteur de la formation musicale Mizik Mizik, Fabrice Rouzier. « Il est essentiel pour les jeunes de cette génération de faire connaissance avec les légendes de notre musique. Il n’y a pas de génération spontanée. La musique haïtienne a une belle et longue histoire qui mérite d’être connue de tous. Les jeunes doivent s’informer et s’éduquer musicalement », a-t-il fait remarquer.

Il faut « réhabituer l’oreille des  jeunes à la musique et les exhorter à préférer la qualité à la quantité », a déclaré Micheline Laudun Denis.  Rendre un hommage aux grands noms de la musique haïtienne est une urgence de l’heure et un devoir de mémoire, selon les propos de Tuco Bouzi. Dans cette lutte pour faire reconnaître  les différents métiers du secteur de la musique et les faire entériner dans le code du travail, un document a été soumis au ministère des Affaires sociales et du Travail pour les suites utiles. D’autres efforts sont en train d’être faits pour professionnaliser et structurer le secteur de la musique en Haïti.

Rosny Ladouceur

rosnyladouceur@gmail.com

Source: Le Nouvelliste

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