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Célébration de l’été 2017 en musique avec les groupes haïtiens d’outre-mer en tournée estivale en Haïti

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La saison estivale a commencé le 21 juin. Toutes les tranches d’âge sont prêtes à fêter l’été pleinement, sans même penser qu’on est aussi en période cyclonique. Les groupes musicaux haïtiens les plus connus d’outre-mer entreprennent des tournées en Haïti durant l’été pour compenser le déficit financier de la période de vaches maigres (mai et juin) qu’ils ont enregistré. Pourtant, on dit qu’Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère. 

L’on se demande pourquoi les groupes musicaux partent en tournée au pays natal? Les données nous manquent pour pouvoir tirer une conclusion satisfaisante en ce sens. Il semble que l’argent coule à flot dans certains secteurs du pays, malgré l’état de santé précaire de l’économie haïtienne qui inquiète la grande majorité des citoyens. Ces orchestres font penser aux oiseaux migrateurs partant à la recherche de meilleur climat. On ne peut rien leur reprocher puisqu’ils vivent de la musique. 

La vie nocturne reprend son rythme timidement

Les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles en Haïti. Cependant, cela n’affecte pas les « chômeurs riches » du pays. L’insécurité fait peur, mais elle n’empêche pas les gens de participer aux soirées dansantes. La vie nocturne semble bien commencer. La soirée que le nouveau groupe « VAYB » de Mickaël Guirand a animée, le samedi 1er juillet à El Rancho, en est une preuve. C’était peut-être une soirée de curiosité pour marquer la première sortie de cette nouvelle formation musicale. Il faut toutefois souligner qu’il y a eu une bonne promotion autour de la grande première de VAYB. Le répertoire de ce nouvel orchestre nous force à parler de « mort apparente » de Carimi ». On a vu VAYB reprendre les meilleurs morceaux de Carimi tels « Kita Nago », « Bang Bang », « Baby I miss you », etc.  

Quand Mickael Guirand,  dans le refrain du morceau « Bang Bang », dit : « Yo di ti Carlo Vieux pa men m nan CIA, sansib a lagachèt,  sansib a lagachèt o, yo di Richard Cavé pa men m nan CIA, sansib a lagachèt, o», on se rend bien compte que Carimi vit encore à travers VAYB. On ne peut pas trop dire du choix des chansons, car le groupe KAY de Richard Cavé peut également reprendre tous les tubes de Carimi. Cependant, le groupe de Richard Cavé a un avantage. Il a produit son premier disque, ce que VAYB n’a pas fait encore. Toutefois, il faut dire que le public qui applaudit VAYB est le même qui supporte KAY. VAYB a déclaré une polémique ouverte en chantant en chœur : « Nou kraze kay la », pour faire référence au groupe KAY de Richard Cavé.  

Jude Delouche, le guitariste de VAYB, a aussi mis en évidence son talent de chanteur. Cette nouvelle voix fait une différence et apporte un autre souffle, une autre couleur à ce dernier né de l’univers konpa dirèk.  Avec facilité, il a bien repris la chanson « Shape of you » du chanteur-parolier-compositeur anglais, Ed Sheeran, qui dit : « I am in love with your body and last night you were in my room, and now my bedsheets smell like you… ».  Richard Cavé ne doit pas se laisser prendre au piège que lui tend « VAYB ». Qu’il garde son calme. Car la polémique ne fera avancer ni l’un ni l’autre. Bien au contraire, elle va les conduire dans la trivialité puante. Il faut qu’ils s’engagent plutôt dans une compétition digne de ce nom pour faire avancer le konpa dirèk au moins d’un millimètre.

L’octroi de contrats ne se fait plus comme autrefois en Haïti 

Certaines formations musicales entrent en Haïti sans appel d’offres, donc sans aucun contrat. Elles se limitent à entreprendre des démarches à leur arrivée sur le terrain. Elles le font à leurs risques et périls. D’après une source digne de foi, les groupes musicaux couvrent les frais d’hébergement et autres. Pourtant, sur les réseaux sociaux, ils affichent des dates de prestations sans confirmation, se souciant uniquement de montrer que tout va bien pour leur orchestre. Ce sont pour la plupart des dates fictives. Les promoteurs sont automatiquement devenus des démarcheurs locaux, qui vont à la recherche de contrats pour les groupes qui les engagent comme tels. 

Quand on considère les risques qui sont impliqués dans cette façon de fonctionner, on déduit que le jeu ne vaut pas vraiment la chandelle. Il y a des groupes qui ont été expulsés de l’hôtel où ils séjournaient parce qu’ils ne pouvaient absorber les dépenses. Bon nombre d’entre eux retournent bredouilles sans avoir eu le temps de présenter une prestation soit à Port-au-Prince ou dans une ville de province. Il paraît qu’il est beaucoup plus difficile pour certains groupes d’animer des soirées à Port-au-Prince. Par exemple, on remarque que le groupe Disip honore plus de contrats dans les villes de province. Tandis que la situation diffère pour Klass et Nu Look. 

Il ne faut pas nier le fait qu’une nouvelle stratégie de sabotage prend forme à Port-au-Prince. On enlève toutes les affiches annonçant les soirées de l’Orchestre Septentrional à Port-au-Prince. Ces musiciens ne sont pas les seuls à être victimes d’un tel acte. On accuse des promoteurs qui ont peur de la compétition entre les groupes qu’ils représentent et leurs compétiteurs immédiats. Et pour quelques dollars de plus, les détracteurs peuvent tout faire. Ils doivent comprendre que le business dans lequel ils investissent leur temps est risquant et ne garantit pas la réussite de toutes les soirées qu’ils organisent. Si nou pa gen kè, pa jwe pokè.  

La formation « Harmonik » va profiter de sa tournée en Haïti pour prouver sa capacité musicale puisque Mac D, le chanteur de ce groupe, fait croire qu’Harmonik joue un « konpa moderne ». Sa définition de l’épithète « moderne » peut avoir un autre sens. Il a même osé parler de « Konpa R & B » d’Harmonik. Pourtant,  le R & B est défini et mondialement reconnu comme « Rhythm & Blues ». Il n’y a aucun élément, voire une quelconque approche de Blues dans la musique que joue le groupe Harmonik. Il n’est pas insensé de dire que notre situation est grave « Ka Nou Grav ». Ce qui nous étonne, c’est que l’animateur de radio qui l’interviewait accepte une telle absurdité de son invité. Il faut sincèrement dire qu’à l’heure actuelle, le groupe Harmonik cueille des lauriers de succès avec son tout dernier disque. Il est très en demande, mais pas à cause d’un soi-disant « Konpa R & B ».  

Le succès d’un groupe musical en Haïti peut-il garantir sa réussite partout ?

L’opinion publique fait croire qu’Haïti représente la plateforme capable de garantir le succès « partout » d’un groupe musical qui a drainé la grande foule au cours d’une tournée estivale. Cela reste et demeure une utopie. Il est vrai que New York n’est plus le bastion des groupes populaires de konpa dirèk, cependant tous les orchestres haïtiens rêvent d’honorer des contrats dans cette grande ville des États-Unis. Cela n’exclut pas les groupes les plus populaires de Miami qui occupent les meilleures positions au classement de la compétition musicale « konpa dirèk ». 

Frank Sinatra n’a-t-il pas raison de dire dans sa chanson intitulée « New York, New York » : « If I can make it there, I’ll make it anywhere, it’s up to you, New York, New York- si je peux réussir là, je réussirai partout, cela dépend de  toi, New York, New York». Ce dicton s’applique à tous les groupes musicaux haïtiens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des États-Unis. Tous les musiciens haïtiens peuvent témoigner d’un tel fait, sachant que le marché de la musique à New York est plus difficile à conquérir. La saison estivale vient tout juste de commencer, on doit attendre la fin de l’été pour tirer des conclusions justes sur l’évolution des groupes musicaux haïtiens. On ne doit pas non plus s’étonner si certains media annoncent les gagnants de l’année 2017 avant août. 

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