Accueil | Nouvelles | Culture | Frédéric Marcelin plus vivant que mort

Frédéric Marcelin plus vivant que mort

Taille de la police: Decrease font Enlarge font
image Frederic Marcelin

Voilà une centaine d’années (10 janvier 1917-10 janvier 2017) qu'a disparu Frédéric Marcelin. Cet écrivain est connu dans la littérature haïtienne comme l’auteur de « Marilisse », de « La Vengeance de Mama », de « Thémistocle-Epaminondas Labasterre », « Les Simulacres », « Au gré du souvenir », et de plusieurs autres oeuvres. 

Ces œuvres donnent, certes, une idée de l’apport de Marcelin à la littérature, mais si l’on veut approfondir sa pensée, la situer dans l’ère contemporaine. Il faut lire et découvrir les trois ouvrages de cet auteur mis en valeur par Michel Soukar. Celui-ci nous a mis sur la piste de cet homme politique et littéraire dans la collection « Textes retrouvés ». Il a publié, avec l’appui financier d’Alternative Insurance Company (AIC) – qui fêtait ses 15 ans en décembre 2016, trois livres de Frédéric Marcelin : « Choses haïtiennes : politique et littérature, 1886 », « Une évolution nécessaire, 1898 » et « Propos d’un Haïtien, 1915 ».

Édités en France, avant sa mort, ces trois joyaux retracent l’univers de l’écrivain et projettent une autre lumière sur sa carrière littéraire et politique. Car, selon Michel Soukar, « Marcelin charrie autour de son nom autant de blâmes que d’éloges ». Par exemple, le livre « Propos d’un Haïtien » (1915) - sorti deux ans avant sa mort en 1917, rayonne, et reprend, à sa manière, l’actualité immédiate sur les actions et la vie des hommes du passé :  les hommes d’État ou les hommes politiques. Il nous décrit la réalité environnante, telle qu'elle est aujourd’hui : les mêmes prises de position, les mêmes erreurs, parfois aussi formulées ou commises dans les mêmes circonstances.

Les hommes – les  Haïtiens n’ont pas changé ! Tant sur le plan politique, littéraire que, plus intime, sur le chapitre amoureux. Comment oublier le duel, à mort, que se sont livré deux concurrents de la belle Philomène qui, par son père, jouit d’une situation économique, une position sociale dans la communauté archeloise. Ces deux hommes estiment que la fille leur appartient. Elle a, peut-être, commis une erreur, selon les vœux de la tradition, de porter en même temps les cadeaux de ses deux aspirants pour aller à l’église. Elle a en effet mis ce dimanche-là le bracelet en argent doré de Jan-Jan et le superbe collier de corail (tour de cou rouge) de Jasmin Larose. 

Cela a alimenté les «zins» dans le bourg. Pour les départager, on a dû recourir aux services d’un conciliateur en la personne d’Aristote Adam. Cela a mal tourné pour Jan-Jan. Jasmin Larose l’a emporté au terme du jeu. Jan-Jan n’a pas entendu raison ; il s’est jeté à la mer pour en finir avec la vie. La belle fille ne s’est pas non plus consolée. Elle  préférait ce jeune homme. On la retrouvait, chaque jour, aux bords de la mer, un espoir au cœur : revoir Jan-Jan. Une leçon pour les jeunes filles d’aujourd’hui qui mènent à la fois plusieurs black  boys à leurs trousses, et un ou des « papas » à la traîne...

Cela peut retenir le lecteur - le souffle puissant et touchant de Marcelin dans ces pages retrouvées : Poésie, style plaisant, sens de l’humour ou, parfois,  raillerie pour ses adversaires. 

« Marcelin, comme l’a souligné M. Olivier Barrau, P.D.G. de l’AIC (Alternative Insurance Company) dans sa présentation, fut l’un des penseurs et hommes d’action de son temps à dénoncer nos tares coupables, à proposer des remèdes, à prévoir notre faillite au cas où nous persistons dans l’erreur. »

C’est donc un «témoin capital». Michel Soukar nous a guidés vers un auteur qui mérite notre estime. Lisons comment celui-ci a terminé « Propos d’un Haïtien » :

« Le petit peuple de Dessalines sera alors un peuple assagi, prospère, riche par son travail et sa population – et sur la nouvelle cité flotteront, à la brise du large, nos couleurs haïtiennes, honorées et respectées. Car, en vérité, ce n’est pas pour rien que le Destin – et de quelle façon ! – nous a permis d’être les maîtres de cette terre. »  

Si, selon les normes de la démocratie, nous n’acceptons de vivre, quel «collier de corail» nous convient-il ?

Wébert Lahens - Le Nouvelliste



Audionow:
Etats Unis: 641.552.5200 T-Mobile/MetroPCS: 360.398.4333 Canada: 438.795.4395 514.900.6012 Bresil 021 40 42 11 31 France: 01.90.14.14.75 Republique Dominicaine 849.936.7140 Mexique 08.99.27.46.700
Studio: 718) 355-9853 / (718) 303-2551 / (509) 2813-9450 / (509) 2813-9452 / (509) 2813-9456 Adresse: 45, Rue Chavannes Port au Prince, Haiti
Email: radiocaraibesfm<at>yahoo.fr
Tél: (509)4300-4300 / 3701-4300
WhatsApp: (509) 3701-4300

  • email Envoyer par email à un ami
  • print Version imprimable
  • Plain text Texte complet
Notes
Pas de note pour cet article
Estimez cet article
0