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La célébration de l'œuvre littéraire de l'historien Jean Ledan fils et de la vie du père

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image Prof. Etienne Telemaque, Dr. Fritz Boutin et Jean Ledan Fils

Haïti a tout perdu sauf la culture. Et, c'est grâce à sa richesse culturelle qu'elle respire encore aujourd'hui. Nos poètes, nos peintres, nos écrivains, nos historiens, nos acteurs, nos musiciens et nos artisans ont si bien présenté Haïti à travers leurs œuvres qu'ils lui ont insufflé un long souffle de vie, signe d'espoir vers un lendemain meilleur. Si vraiment la parole créé, Haïti renaîtra de ses cendres. Il faut toujours se rappeler que la culture est l'âme d'un peuple. Je le redis aujourd'hui: un peuple sans culture est un mort-vivant ou un vivant mort spirituellement.

Le dimanche 18 septembre 2011, un grand évènement culturel a eu lieu au Restaurant Chez Mireille à Westbury, Long Island, New York. Tous ceux qui s'intéressent vraiment aux choses de l'esprit avaient fait le déplacement pour montrer leur appréciation des grandes valeurs. C'était le rendez-vous des arts: poésie, musique, littérature, etc. Les invités de marque étaient venus en nombre imposant non seulement pour rendre un hommage posthume à Jean Ledan père mais aussi pour célébrer l'œuvre littéraire de Jean Ledan fils et supporter la vente-signature des livres de ce grand historien. Cette rencontre permettait aussi de valoriser le talent des musiciens du groupe "Toutrel de New York" et celui d'Alix Condé, ce maître-pianiste que ni la forme, ni le style de musique, ni le temps peut défier. Le groupe " Toutrel" est un quartet-troubadour composé de Cony Ledan à la guitare, Rolard Ligondé (Roro) à la guitare, Reynold Félix à la flûte et Sergo Decius au tambour. Un troubadour est un chantre national qui chante l'amour, la patrie, la nature et la vie. Il dénonce les injustices sociales et pointe du doigt les problèmes sociaux. La mort du Docteur Loubo en est un exemple. La vieille chanson ne nous dit-elle pas: yo tuye Doktè Loubo mounn Okay pa di yon mo .... fò-w juje, fò-w juje mezanmi, fò- w juje men sa se twòp atò?
 
Les faits marquants de la soirée
 
Tout a commencé avec Alix Condé au piano jouant des pièces musicales bien conçues, comme pour souhaiter la bienvenue aux invités qui se trouvaient déjà dans la salle une heure avant le début du programme. Cela reflète le professionnalisme de l'artiste, tout aussi bien celui de Moryl Gattereau qui prit la décision d'organiser un évènement d'une telle grandeur. Les musiciens du groupe "Toutrel de New York" étaient déjà présents. Quel professionnalisme!
 Il marquait 6 h 00 pile quand le Professeur Étienne Télémaque, maître de cérémonie, se présenta microphone en main pour débuter la soirée. Il salua l'assistance et fit une excellente introduction pour rappeler le contenu du menu culturel qui allait être offert. Puis, il a succinctement parlé de l’œuvre littéraire de Jean Ledan père puis du fils. Après avoir parcouru cet univers littéraire, il introduit le groupe "Toutrel de New York" qui, sans tarder, commença sa prestation. Ce groupe a puisé de son riche répertoire des chansons connues de l'assistance. Il faut surtout souligner le fait que ces musiciens aient exécuté avec maestria les chansons de Jean Ledan père, toutes des poèmes mis en musique. C'est ce qui fait la particularité de Toutrel qui à travers sa musique préserve notre héritage culturel. Nul ne peut se dire grand tant qu'il / qu'elle n'a pas contribué au progrès et à l’avancement de la société. Et, la grandeur de l'homme (collectif singulier) ne se mesure pas à partir de ses acquisitions matérielles mais plutôt à partir de sa valeur intrinsèque. Jean Ledan père fut un grand homme. Il n'est plus mais il nous a laissé des œuvres que nous saurons apprécier à leur juste valeur. D'ailleurs, la vraie mort c'est l'oubli c'est à dire quand nous ne parlons plus de nos disparus ou ne pensons plus à eux. Une étoile ne disparait jamais, elle devient plutôt inaperçue. Jean Ledan père fut un troubadour classique qui, accompagné de sa guitare, chantait pour le plaisir de tous. Il fut un chef de file très respecté et très aimé. Il fut un modèle et une source d'inspiration pour tous. Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, tous les troubadours ne souffraient pas et ne souffrent pas de cécité intellectuelle. Ce fait vient d'être prouvé encore une fois. A l'école des troubadours, les générations se succèdent mais ne se ressemblent pas.
 
On ne pourrait laisser passer inaperçue la présence du poète, parolier et compositeur,  le Docteur Yves Charles, qui a écrit le poème Nostalgie, cette chanson fétiche de Léon Dimanche qui, d'ailleurs, lui a valu son grand succès à travers le temps. C'est un poème connu de tous les Haïtiens, une chanson qui transcende le temps. J'ai cru que le groupe Toutrel allait l'interpréter pour faire plaisir aux invités. Le jovial Cony Ledan nous a joués un tour en chantant la première ligne de cette chanson puis s'arrêta.  Déjà, les invités commençaient à la chanter en chœur avec lui. Cela prouve bien que cette composition musicale conserve toute sa fraicheur, non seulement à cause de la voix qui l'a chantée mais aussi de la substance des paroles écrites par le Docteur Yves Charles. Ni le temps, ni le vent de l'oubli ne peut balayer et emporter les souvenirs gravés au cœur de tous ceux-là que cette chanson a profondément marqués. Un contraste fort! La chanson "Nostalgie" nous a comblés de joie. Il faut dire en passant que Cony Ledan est un artiste consommé, très versatile. Sa tessiture le place dans un univers où se regroupent les connaisseurs de musique. La polyvalence des Cayens et Cayennes se remarque très fortement à travers les Arts. Ils détiennent le grand secret pour allier la poésie à la musique, la musique à la littérature et la littérature à la peinture.  
 
Le décor, le rêve et la réalité du moment
 
En jetant un coup d'œil à travers la salle, on eut l'impression d'être au Jardin de l'Éternité contemplant les merveilles de l'univers culturel des Cayes. Les dames, impeccablement vêtues, rappelaient les jolies fleurs du parterre haïtien. Elles ont la beauté de l'aurore et l'éclat du soleil.  Tandis que les hommes dans leur tenue vestimentaire reflétaient la haute couture. Ce beau décor de fraicheur projetait la beauté naturelle de la ville des Cayes et de ses environs. On aurait tendance à croire qu'il nous manquait les plages telles que Gelée sur mer, la Perle et l'Ilet sur mer. Tout cela a été compensé par les riches mélodies du groupe "Toutrel" coulant à flot, comme les vagues de la mer ramenant sur les rivages l'essence de la culture du terroir. C'est comme si on ressentait la brise du soir de l'autre côté du sentier sillonnant le grand jardin juxtaposant la rivière. Un fait bien particulier retient mon attention: la simplicité avec laquelle Roro Ligondé joue à la guitare. Sa touche, sa créativité, son sens d'improvisation et sa versatilité de style confirment son grand talent et ses années d'expérience dans le domaine de la musique. Ses amis et anciens camarades de classe m'ont appris qu'il a commencé à jouer à la guitare en classe primaire à l'école des Frères des Cayes. Donc, il n'est pas un nouveau né dans le monde musical. Vraiment, il n'est pas de la dernière pluie. Reynold Félix, flûtiste du groupe, de temps en temps ajoutait les condiments nécessaires relevant ainsi le goût du bouillon culturel que nous offrait Toutrel. De la musique de "Toutrel" se dégageait une forte énergie qui faisait vibrer les cœurs au rythme du moment. Certains dansaient ou cadençaient sur place. D'autres tambourinaient sur le contour des tables en battant la mesure des pieds. On avait bien envie d'avancer sur la piste pour danser, ce qui aurait certainement fait plaisir aux musiciens. Il n'y avait aucune restriction. Un couple ne pouvant plus résister à la tentation fit ce que leurs cœurs désiraient. Ce beau couple a dansé. C'était là une invitation formelle aux autres invités pour emboîter le pas dans le même sens, mais la timidité des hommes les a retenus cloués à leur siège.
 
L'intermède
 
Après avoir joué longuement, les musiciens ont observé un temps de répit. Le maître de cérémonie invita l'assistance à manger. Cela s'est fait dans l'ordre et la discipline. Au moment où l'on se préparait à manger, Alix Condé reprit place sur le podium. Il créa une ambiance qui stimule l'appétit. C'était comme un dîner à la chandelle. Alix continua sur la même lancée en offrant de jolies pièces musicales à hauts degrés de difficultés d'exécution, ce qui mit en évidence son grand talent de musicien. Au cours de son excursion musicale, il a joué un morceau qui, du point de vue de progression d'accords et des lignes mélodiques, me rappelle la chanson "Easy To Love" de Cole Porter, une composition où abondent des accords que peu de pianistes contemporains connaissent. Alix Condé a charmé l'assistance par sa touche et le choix des chansons. C'est comme si l’artiste coulait du sirop sur son passage pour attirer un essaim d'abeilles. Pris d'émotions, Jean Chardavoine, un musicien-guitariste de jazz, alla se poser à un mètre du piano d'Alix Condé comme une abeille accrochée à une fleur, délectant son suc. Il écoutait avec attention la musique que jouait ce grand pianiste, fils des Cayes. C'était sa façon à lui de montrer son appréciation et valoriser le talent de celui-ci. De par sa touche et sa connaissance musicale, Alix se démarque des autres pianistes. Ce qui a surtout fait la différence entre lui et les autres ce sont les chord-voicings (les voisements d'accords-les voix des accords) qu'il utilise pour apporter une vive couleur tonale aux compositions musicales. "Voicing' ne se réfère pas toujours à la voix humaine. Un chord-voicing n'est rien d'autre que la façon de placer les notes dans un accord. Ceci a aussi un rapport avec l'inversion / le renversement des accords.
 
Au début de  l'intermède,  le maître de cérémonie fit une brève tournée recueillant les impressions de quelques invités. Le Docteur Fritz Boutin a été le premier à donner ses impressions de la mi-soirée. Puis, ce fut le tour de Docteur Joanne Verrier qui laissa parler son cœur. Elle va ouvrir sa clinique dentaire au 218-20 Hemsptead Avenue à Queens Village, New York, pour desservir la communauté. Gérard Ligondé a aussi partagé ses impressions. Il faut dire que toutes les opinions ont convergé dans le même sens. La positivité a rejailli. Après ce sondage d'opinion, on procéda à la remise de plaques de reconnaissance. Winchel Beague en a reçu une pour sa collaboration inconditionnelle. Winchel s'intéresse à tout ce qui a rapport avec sa ville natale. C'est le "pakapala des Cayes. Je ne suis pas des Cayes mais je peux témoigner de ce fait. Une plaque-collabo de Moryl Gattereau, d'Etienne Télémaque, de Winchel Beague et du Docteur Fritz Boutin a été décernée à l'historien Jean Ledan fils et remise par le Docteur Yves Charles. Jay Noel  a eu l'honneur d'être choisi pour remettre une plaque, du dynamique et grand visionnaire Lesly Condé, Consul Général d'Haïti à Chicago, dédicacée à Jean Ledan père pour sa contribution à la culture. Jay Noel se retourna vers Jean Ledan fils pour la lui passer. Celui-ci, reconnaissant et respectant le droit d'aînesse, fit appel à Sergo Ledan qui, avec fierté, l'accepta au nom du père. La parole a été ensuite accordée à Mario De Volcy qui parla des troubadours et brièvement de Jean Ledan père. Il essaya de passer à pied joint sans mentionner son rapport avec les Cayes. Soudain, Cony Ledan intervint pour dire à l'assistance que Mario a un certain lien avec les Cayes puisque dans un temps il était batteur de l'orchestre New Stars des Cayes, un fait que personne n'a jamais mentionné. Cony Ledan a une mémoire fidèle. Il se souvient de tout, même des noms des poètes et de leurs œuvres. Cela est si vrai que des fois il raconte avec aisance l'histoire gravitant autour d'une chanson ou d'un poème.  
 
La reprise
 
Le groupe "Toutrel" revient en cage ouverte pour continuer sa prestation. C'est comme si la fête venait tout juste de commencer. On perd toute notion du temps. On se laissait aller là où les musiciens de Toutrel voulaient nous conduire. On se sentait chez soi en famille. Mes voisines de table me parlaient comme si on se connaissait depuis plusieurs décades. Voilà l'ambiance qui a régné! Tout ceci avait un goût d'éternité mais il fallait que la soirée se termine. Le professeur Étienne Télémaque assurant sa fonction avec professionnalisme annonça que le groupe allait jouer sa dernière chanson. Il nous restait quelques bonnes minutes à passer ensemble. Cony Ledan s'en rendit compte et sollicita l'autorisation pour offrir un dernier morceau gai. La chanson avait pour titre St Jacques. Les paroles de ce tube ont un étroit rapport avec notre tradition indigène et africaine. Au milieu de la chanson, Roro Ligondé et Cony Ledan ont créé un intervalle, tout en maintenant le rythme, pour permettre à Sergo Decius d'exprimer son talent de tambourineur. Le langage du tambour a résonné fort au point de faire sourire l'Afrique. Sergo fit un long solo qui lui attira un applaudissement nourri. Sous les ailes de Toutrel nous avons transcendé les océans, brisé les barrières sociales pour nous rendre en Afrique, jusqu'au Bénin, ex Dahomey, cet ancien point de transfert des esclaves vers l'Amérique lors de la traite des Noirs. Nous sommes étroitement liés à l'Afrique par le sang et l'histoire. Et, le Bénin (ex-Dahomey) est ce coin de terre où s'attachent solidement nos racines africaines. Il était 10:30 quand la fête prit fin. On eut le temps de parler à ses amis d'antan et lier connaissance à d'autres. C'était vraiment une excellente soirée de retrouvailles cayennes. J'ai eu l'honneur de rencontrer Dr. Maryse Noël-Roumain, PhD, auteur du livre autobiographique "Evocations of my Past".  
 
La vente-signature de Jean Ledan fils a connu un succès sans précédent. Jamais on n'a eu une telle diversité culturelle au cours d'une vente-signature de livres. Quand je suis arrivé au Restaurant Chez Mireille, le Dr Fritz Boutin était assis aux côtés de l'auteur, l'écrivain / l'historien Jean Ledan fils. Il lui posait certaines questions autour de son œuvre littéraire, questions auxquelles il répondait non seulement pour satisfaire la curiosité de son interlocuteur mais aussi celle de tous ceux qui contournaient sa table de travail. J'avais déjà complété le choix des livres qui m'intéressaient le plus et attendais mon tour pour payer. J'étais très satisfait de ses réponses. J'ai pu réaliser qu'un écrivain ne peut pas être égoïste puisqu'il partage son œuvre avec le public. Cette soirée a été pour moi une vraie occasion de recherche et de découverte. Quand j'ai acheté le livre "L'Histoire d'Haïti en toute simplicité" j'ai vite découvert Jean Ledan fils, le peintre, un fait sur lequel l'accent n'a pas été placé au cours de la soirée. En page de couverture du livre en question c'est le tableau peint par Jean Ledan fils qui saute aux yeux. J'ai l'impression d'avoir acheté le livre et la peinture. Ça vaut le coût. C'est une aubaine. Jean Ledan fils présente une œuvre littéraire assez riche. Parmi ses livres, on compte "À propos de l'histoire d'Haïti, saviez-vous que.." présenté en 10 volumes, "L'Histoire d'Haïti en toute simplicité", " Hommage au patrimoine", "Bicentenaire de l'Independence ", "Chronique d'un départ annoncé " pour ne citer que ceux-là.
 
En fait, le Professeur Étienne Télémaque et le groupe "Toutrel" ont eu une bonne gestion du temps. Ceci reflète bien leur professionnalisme. C'était une soirée réussie au maximum tant du point de vue de participation des invités, de la prestation de "Toutrel" et d'Alix Condé. Du point de vue organisation, il n'y a aucun reproche à adresser à l'Architecte de cette saine soirée, Moryl Gattereau fils, comme le maître de cérémonie l'a si bien dit. Ayant été témoin de ce méga évènement culturel, je me considère aujourd'hui membre de la famille Cayenne. Je promets de participer à toutes les activités qui seront organisées dans le but d'assurer le progrès, le développement et l'avancement de la ville des Cayes et ses environs. Quand la nature se déchaîne et fait pleurer les Cayes, j'ai le cœur inondé. Je ne saurais laisser passer cette occasion sans rappeler à Moryl Gattereau fils ce qui suit: quand on s'oublie pour aider les autres et prier pour autrui, on reçoit les bienfaits de Dieu au centuple. Penser aux autres est grand. 
 
Jean Robert Noël


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Winchel Beague Jean Ledan Fils et Mario DeVolcy L'auteur Jean Ledan Fils Dr. Boutin, Dr. Charles et Prof Telemaque Gladys Noel Cony Ledan Roro Ligonde Jean Ledan et Herve Eveillard Dr. Yves Charles et Mme. Gladys Beague Mme. Cosy Joseph et Mme Myrline Jolin Ing. Mahens Felix et Dr. Ronald Verrier Jean Max Calvin
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