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La saga Djakout # 1 - Steeve Khe: Un dossier mal traité

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image Steeve Khe

La vie d’un artiste est comme un livre placé à la bibliothèque publique. Chacun est libre de sa propre interprétation des idées de l’auteur. Ainsi se crée une divergence d’opinion sur un même sujet. L’opinion publique peut exercer une certaine influence capable d’affecter la décision relative à la résolution d’une crise.  Il a fallu le litige entre Djakout #1 et Steeve Khe, le chanteur,  pour reconfirmer le fait que les media et le grand public ont le pouvoir de renverser une situation ou d’accélérer le processus de décision.  

Une demande d’augmentation de salaire déclenche tout un tohu-bohu

Tout a commencé avec une requête d’augmentation de salaire faite par Steeve Khe au personnel administratif de Djakout #1.  Les fondateurs et cofondateurs de cette formation musicale se montrent très acides à l’endroit de Steeve, l’accusant d’être responsable de la publication des informations ayant à voir à ses desiderata. Nous parlons d’accusation puisque les responsables et les musiciens de Djakout #1 n’ont aucune preuve tangible capable de soutenir leurs allégations / leur accusation. Ils ne font que spéculer. Nous avons suivi l’intervention du manager qui se montrait très prudent dans ses déclarations,   contrairement à Shabba et Pouchon qui ne savent comment cacher leur frustration.  Ce tohu-bohu pourrait être évité si les deux protagonistes avaient consenti de s’asseoir à la table de négociation. Ils ont préféré suivre l’exemple des politiciens haïtiens et opté pour la voie des media (radios, réseaux sociaux) au lieu de laver le linge sale en famille. 

Le manager de Djakout #1 semble contredire ce que de soi-disant porte-paroles avaient avancé avant lui.  L’administrateur n’a-t-il pas dit: « Gen dwa se pa Stiv ki pibliye l sou entènet la »?  Le doute plane.  Au tribunal, analysant les allégations faites au sujet de la publication de l’information sur les réseaux sociaux, Steeve Khe serait reconnu innocent pour insuffisance de preuve. D’ailleurs, il a fait un point regardant le montant de l’augmentation de salaire qui circule sur le net, qui, d’après lui, n’est pas celui qu’il avait demandé à Djakout #1.  Si cela se révèle vrai, le problème est tout autre. Il y a anguilles sous roche. Tout est possible. Aurait-on raison de dire « Konplo pi fò pase wanga?  On a l’impression d’assister à une pièce de théâtre en quatre actes.  Komedi, pran chèz ba w.  

A partir de toutes ces interventions de soi-disant porte-paroles, on se rend compte que Djakout #1 qui se dit une institution, une entreprise, n’a pas un organigramme définissant la fonction de chaque membre du comité administratif. On ne sait pas qui fait quoi. Roro, le préfet de discipline de Djakout #1, doit rétablir l’ordre (mete Lòd Nan Dezòd).  Il a l’expérience qu’il faut. Un autre point à signaler. Steeve Khe avait remis une lettre de demande d’ajustement de salaire à Djakout #1, conformément à ce que prescrit l’éthique professionnelle. Pourtant, la décision de suspension a été envoyée au chanteur via message texte sans préciser sa durée.  Encore une autre erreur de la part des décideurs de Djakout #1. Cela reflète un manque de professionnalisme. C’est un fait qui expose les faiblesses de cette administration. Une décision hâtive est prise sans que les responsables n’aient mené une enquête approfondie. Personne ne peut prouver les accusations portées contre Steeve Khe. Bon nombre de gens pensent même que Djakout #1 doit, publiquement, présenter des excuses à Steeve. Vè kèlè, diront les musiciens et le personnel administratif.  

Complémentarité de l’éthique professionnelle et du respect mutuel 

Normalement, le personnel devrait envoyer une lettre recommandée avec avis de réception à l’adresse du chanteur. Dans cette correspondance, il pourrait mentionner la durée de la suspension sans solde de l’artiste et proposer une date de rencontre pour discuter de l’affaire. Les décideurs sont allés trop vite en besogne,  ce qui fait croire que Djakout #1 n’a pas vraiment un conseiller, voire un avocat comme le batteur nous le fit croire. Le problème est mal cerné. Le plus grand dilemme dans le déroulement de cette histoire, c’est que les musiciens et le personnel administratif de Djakout #1 n’admettront pas leur erreur. Ce litige peut avoir des conséquences positives et négatives des deux côtés. L’absence de Steeve Khe va pousser la curiosité des gens à prendre part aux soirées de Djakout #1, espérant un retour- surprise du chanteur qui, de plein droit, a réclamé une augmentation de salaire. 

D’un autre côté, si Steeve Khe démissionne, les gens peuvent tourner le dos graduellement à Djakout #1, comme a été le cas avant la production du CD « Lòd Nan Dezòd ». D’ailleurs, les chansons que Steeve a interprétées sont les plus populaires de ce nouvel album. Il faut que les musiciens comprennent que le public qui leur offre des fleurs aujourd’hui est le même qui va accélérer leur déchéance pour que le vent de l’oubli les emporte plus facilement au loin. Que d’artistes ont vécu une telle expérience au cours de leur carrière. Auteur de l’article: Robert Noël. De source sûre on apprend que déjà deux autres groupes musicaux très populaires ouvrent bien grand les deux battants des portes pour accueillir Steeve Khe, sous la voute d’acier. 

Malheur à l’homme qui se confie à l’homme 

En période de crise, Pouchon n’aide pas vraiment Djakout #1. Il est trop émotif. Il n’a pas du tout réfléchi, ou bien son état d’âme l’a poussé à vider le contenu encombrant de son cœur.  Il s’est débarrassé, d’un trait, des miasmes qui s’accumulaient dans son cœur depuis l’arrivée de Steeve Khe au sein du Djakout #1, et qui le lestaient. Au lieu de mettre de « Lòd Nan Dezòd », comme l’a dit le titre de l’album, il a plutôt créé plus de désordre, jusqu’au point de ne plus pouvoir réparer les dommages causés.  Point de non retour! Il donne l’impression d’un désordre organisé, prémédité!  Il laisse à l’opinion publique l’espace pour exercer la liberté d’expression. De par ses déclarations, Pouchon a, techniquement, fermé les portes de négociation entre Djakout #1 et Steeve Khe. 

On s’étonne grandement de ses déclarations contradictoires et discordantes. Il eut à dire:  « Mwen pa konnen anyen, mwen pa fò nan pale, sitou de bagay ki pa p mennen oken n kote ….men, sèl bagay mwen ka di, e mwen di l déjà, nou men m nan Djakout, nou pase twòp mizè ansan m, nou pa p kite pèson n moun vin n kraze mizè ke nou gen ventan ansan m nan. Un langage un peu flou. Il continue pour dire: «Dat mwen la, mwen pa jan m gen la tête grosse apre tout sa m fè pou Musique Haitienne nan, mwen toujou rete grande puissance, malgre tout sa moun kon n di de mwen ». L’inverse est plutôt vrai. Djakout #1 avait senti le grand besoin d’ajouter un autre chanteur aux côtés de Pouchon.  Steeve Khe a rempli le vide à la plus grande satisfaction du public, d’après les sondages.  

Pouchon a ensuite parlé de son succès, ajoutant ce qui suit: « succès pa ka fè tèt mwen gwo, paske m fè 20 tan map fè succès, mwen pa jan m kite, mwen pa jan m chanje djaz ».  A travers cette dernière déclaration, on se rend compte qu’il reconnait le succès de Steeve Khe. N’a-t-il pas dit: « succès pa ka fè tèt li gwo? »  La vantardise n’est pas une invention de dernière heure. Elle fait oublier l’existence même de la modestie. Des fois, elle ne corrobore pas toutes les qualités dont se vante un athlète ou un artiste.  Les athlètes et les artistes veulent que tout le monde soit mis au courant de leurs exploits et qu’on parle d’eux. Dans le langage simpliste, on parle de fanfaronnade des musiciens, ce que le vernaculaire haïtien traduit par « fè dyòlè », pour vraiment insinuer l’idée de vantardise.

Considérant toutes les déclarations de Pouchon, on est en droit de dire que le bel accueil qu’il avait fait à Steeve Khe lors de son intégration au Djakout #1, reflète l’hypocrisie dans son état pur. Danger, Danger! Auteur de l’article: Robert Noël. Comment espère-t-on revoir Steeve Khe aux côtés de Pouchon après que celui-ci eut fait des déclarations aussi insensées?  Certains pensent qu’il a été publiquement humilié par ses frères musiciens.  Quoiqu’on dise ou fasse, la décision finale dépendra de Steeve Khe, et son choix va permettre de mesurer son niveau de compréhension et de dévoiler son vrai univers.  Djakout ne pourra pas tenir longtemps sans lui. Certaines gens pensent qu’il joue à la vedette et fait trop d’exigences à Djakout #1.  

Le problème ne peut être à ce niveau. L’administration a le droit d’accepter ou de rejeter certaines de ses demandes. L’ouvrier a droit à une augmentation de salaire, mais l’employeur n’est pas obligé de lui acheter soit une voiture, une bicyclette, une motocyclette ou une maison. Ce qui explique le fait que l’ouvrier mérite un salaire décent pour pouvoir répondre à ses besoins immédiats et à ceux de sa famille. On pense que Steeve Khe, dans ses débuts, à Montréal, utilisait le Metro (train) et l’autobus comme moyens de transport pour se rendre au travail. Il prenait, peut-être, le métro et descendait à Berri de Montigny, point de transfert pour se diriger soit à la station de Metro : Atwater, Mc Gill, Peel ou à Papineau,  Pie IX, Rosemont, Beaubien,  Jean-Talon, Jarry ou Henri-Bourassa, etc. Le cas diffère en Haiti puisque le système de transport public au pays n’est pas à point.  Il faut lui trouver un moyen de déplacement sûr et sécurisé.

L’évolution de Steeve Khe, de « So Kute » à « Djakout»

Le grand public vient tout juste de découvrir Steeve Khe (Steeve K Valbrun), à travers Djakout #1, mais pour nous il s’agit plutôt d’une redécouverte de l’artiste.  Steeve faisait partie du groupe « So Kute » que nous avions aidé, dans l’intention de présenter ces jeunes musiciens au grand public d’outre-mer. Nous avions entrepris certaines démarches pour essayer de propulser cette jeune formation musicale à l’échelle internationale, et cela sans condition aucune. Nos démarches leur avaient valu la diffusion de leur musique à New York, et dans d’autres grandes villes des États-Unis, du Canada, du Japon, de l’Afrique et de la Caraïbe.  

Nous avions préparé un porte-folio pour « So Kute », incluant son CD « Horizons » qui comporte 13 chansons et une vidéo,  que nous avions acheminés aux clubs les plus populaires de la diaspora, notamment S.O.B’s à New York.  À « Sounds Of Brazil-S.O.B’s », nos démarches et requêtes avaient garanti une date de prestation à « So Kute », un vendredi soir. Gabriel Jeanty, représentant / manager de « So Kute » à Montréal, par l’intermédiaire d’un ami commun, nous demanda d’aider ce groupe musical de format réduit à émerger.  Avec ce manager, on a eu le soin de partager tous les contacts établis dans le cadre de nos démarches (numéros de téléphone, noms des personnes contactées, dates et heures des conversations).  On jouait cartes sur table avec lui.  De temps en temps, nous lui faisions part des activités entreprises, dans le but de le mettre au courant du statut et de l’avancement des démarches.

Ayant en main tous les points de contact, le manager montréalais du groupe, Gabriel, avait décidé de bifurquer la route sans nous mettre au courant de sa décision. Pour jouer au malin, li fè wout pa bwa, et il avait demandé au personnel de S.O.B’s qu’on le contacte directement. Le groupe « So Kute » reçut une date de prestation. C’était un vendredi mouillé d’une pluie torrentielle. On était présent à S.O.B’s pour faire la connaissance des musiciens de « So Kute » avec lesquels on correspondait via courriels, que nous conservons encore. Jube peut témoigner de toutes les démarches que nous avions entreprises auprès du personnel de S.O.B’s pour obtenir la prestation pour « So Kute ». 

À notre grand étonnement ce soir soir-là, Papa Jube de S.O.B’s annonça au micro que le groupe « So Kute » a été retenu à la frontière Etats-Unis / Canada, sans entrer dans les détails. Puis, il s’excusa auprès des invités.  Surpris de cet incident, nous avions appelé à la frontière et parlé à Gabriel qui, ce samedi matin là, nous avait simplement dit : « Mwen bezwen w anpil, yo kenbe n sou fwontyè a, nou kole toujou, mwen bezwen w, vin n non, ma p tan n ou, wa p vini, mwen bezwen w pou w vin n aide m ». De sa voix, se dégageait une grande peur. On imagine aussi la peur et les émotions qui avaient enveloppé ces jeunes musiciens fraîchement venus d’Haïti, voyant des agents d’immigration armés les mettant en garde à vue. 

Ne connaissant pas les ouailles du business de la musique à l’étranger lors, ces jeunes artistes dépendaient du manager qui n’a pas su remplir les formalités nécessaires. Les déclarations faites aux agents par le manager avaient provoqué la grande suspicion. En plus, il existait une barrière de langage puisque le manager ne parlait pas l’anglais. Il avait peut-être répondu « oui » où il aurait dû dire « non » et « non » où il était supposé répondre par l’affirmative. Pour travailler aux États-Unis, un groupe venant de l’extérieur a besoin de documents légaux, entre autres, un permis de travail. Cette expérience ne pourrait être totalement qualifiée de mauvaise puisque ces jeunes artistes de « So Kute » avaient tiré une leçon de cette débâcle. Depuis, nous n’avons plus entendu parler de « So Kute » et de ses musiciens. 

Il semble que Steeve soit le seul des musiciens de « So Kute » à poursuivre sa carrière musicale. À partir de ce fâcheux incident à la frontière américano-canadienne, nous pensons que Steeve Khe avait commencé des recherches liées au business de la musique. Il comprend plus ou moins bien certaines théories à ce sujet, mais il oublie ou ignore que celles-ci ne sont pas applicables en Haïti, puisqu’il n’existe pas vraiment une entité protectrice des droits des artistes. L’univers musical haïtien est un marché libre sans lois protectrices des œuvres artistiques, sans encadrement des artistes, etc. L’on se demande même si le pays où nous vivons n’appartient à une autre planète. On vit des faits qui ne sont possibles seulement qu’en Haïti, « Only in Haiti », particulièrement dans l’industrie de la musique de danse haïtienne. Il est temps de mettre une bonne structure en place pour éviter, surtout, que les musiciens - giggers ne meurent pauvres. 

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