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Le compas direct et la nouvelle tendance des promoteurs haïtiens: Un véritable méli-mélo

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La créativité est le fruit de l’imagination fertile. Elle permet de produire de nouvelles idées dans le domaine artistique, littéraire ou encore dans toute discipline exigeant une habilité cognitive. Le succès d’un artiste, d’un groupe d’artistes ou d’un promoteur dépend d’elle. On remarque qu’une dérive prend forme dans l’industrie musicale haïtienne, particulièrement dans l’univers konpa dirèk. Il s’agit de nouveaux concepts créés par les promoteurs haïtiens qui, selon des observateurs avisés, contribuent à la descente graduelle de ce genre musical. 

L’irrationalité des décideurs du marché musical konpa dirèk en Amérique

Certains des promoteurs semblent perdre la raison puisqu’ils organisent des soirées où, à tribord et à bâbord, ils décernent des ceintures de champion ou des clés à un chanteur d’un groupe ou à un orchestre. Cela a commencé avec Gazzman « Couleur » Pierre, chanteur du groupe Disip. Comment imaginer qu’un promoteur puisse titrer une soirée « Tripotay Klé Kompa » à Miami et qu’un autre ait érigé un ring de boxe (Everlast) servant de podium à l’occasion de la double affiche Klass  /  Disip, qui a eu lieu au Club Amazura, à Queens, New York, le samedi 15 avril 2017. Cela fait seulement deux semaines depuis que le méga concert « La nuit du Kompa » a été présenté à Bercy  /  Paris. Cet événement a bénéficié de l’attention de plusieurs continents.  

On ne comprend pas la logique de ces promoteurs en Amérique qui font croire qu’ils assurent la promotion du konpa dirèk tout en contribuant à sa dégénérescence.  Cette nouvelle formule de distribution de ceintures de champion et de clés ne fait pas avancer le konpa dirèk. La formule que ces promoteurs adoptent aujourd’hui remplace le concept de remise de trophées ayant cours à travers le monde, dans toute industrie musicale structurée. On n’aurait jamais pensé que le promoteur de New York serait plongé tête baissée dans l’irrationalité, là où des promoteurs sans grande vision l’ont conduit. Nous le connaissons très, très bien depuis des années et savons que son intelligence le démarque du lot des promoteurs insensés. 

N’est-on pas en droit de dire que ces promoteurs sont à cours d’inspiration. En plus de tout cela, un jury a été constitué pour décider du champion de la soirée. Les trois membres de ce jury sont très connus et sont liés d’une façon ou d’une autre au business de la musique. Cubano, un des trois membres du jury, n’a pu être présent à Amazura à cause d’un accident mineur de voiture survenu en allant au club. Il a dû attendre l’arrivée de la police jusqu’à deux heures du matin pour que le constat soit fait. Un tel fait a été légalement vérifié. 

À qui profite la double affiche Klass   /  Disip? 

Ni Klass, ni Disip n’a choisi ou discuté le format que leur a proposé l’organisateur de cette soirée. L’enjeu dans cette affaire est l’argent offert par le promoteur. À bien regarder, le groupe Klass n’a pas vraiment besoin de la ceinture de champion de boxe WHMIBA  puisqu’il défraie la chronique depuis la sortie de son premier album « Fè l vini avan ». Il occupe une meilleure position que Disip sur l’échiquier musical haïtien.  À qui donc profite ce genre de soirée? Évidemment à Disip qui, après l’excellente production de son nouvel album  « Klere Yo » et avec l’assistance  musicale de Dener Ceide, a gravi l’échelle de la compétition. Ce groupe vient d’avoir sept (7) ans sur la scène HMI (4 avril 2010  -  4 avril 2017). Sa grande première a eu lieu le 4 avril 2010, le jour de Pâques. Il a connu un court moment de gloire, puis a sombré dans l’oubli. Il est ressuscité avant Pâques 2017. 

Le groupe Klass joue encore le rôle de bon samaritain. Il avait aidé Nu Look à sortir des ténèbres, après la double affiche KLass  /  Nu Look qui eut lieu au Club Amazura. Même si Arly Larivière dit souvent que  « ti bagay Amazura a ap la pou lontan », il n’ignore pas que Klass lui avait apporté l’assistance dont il avait besoin, lors,  pour sortir du marasme. Richie s’attendait à une deuxième rencontre Klass  /  Nu Look, un rêve qui n’a jamais été concrétisé. Une telle affiche n’est plus possible puisque Richie et Arly Larivière ne se parlent plus. « Zanmi an fache, zanmitay la gate ». Le premier est né à Port-au-Prince et le second au Cap-Haitien, où ils se sont liés d’amitié. Ils ne sont plus sur la même longueur d’onde. D’après une source digne de foi, ils sont ennemis.  Mais on doit toujours se rappeler qu’entre l’arbre et l’écorce, on n’y met pas le doigt.  

Entre-temps, Gazzman Couleur et Disip profitent de la situation trouble et bizarre entre ces deux compères pour bénéficier de tous les avantages que peut offrir une double affiche Klass  /  Disip.  « Tout sa k pa bon pou youn, li bon pou yon lòt ». Mais il faut que ces deux groupes musicaux sachent que la duplication constante d’une telle affiche va devenir fade et répugnante avant l’été 2017. On  remarque que Gazzman Couleur ne taquine plus les musiciens des autres groupes, une façon de garantir des soirées  – double affiche avec eux.  Il a changé de stratégie. 

L’incitation à la violence: Un danger à conjurer pour éviter le pire

Le nouveau concept que les promoteurs utilisent aujourd’hui incite les fans des deux groupes à la violence, verbale et physique. Après la soirée « Tripotay Klé Kompa » à Cafe Iguana à Miami, le jeudi 13 avril dernier, il y a eu des altercations entre les fans des deux formations musicales. Et la même observation a été faite après la soirée Klass   /   Disip à Amazura. Après une analyse approfondie de la nouvelle théorie des promoteurs délivrant des ceintures de champion et des clés du konpa, on peut dire que la survie de ce nouveau concept est éphémère. 

La duplication d’un tel format de soirée fait plus de mal que de bien au konpa dirèk, qui se joue pour satisfaire seulement une clientèle haïtienne,  que ce soit à New York, New Jersey, Connecticut, Boston, Miami, Orlando, West Palm Beach, Atlanta, Philadelphie, a Montréal, à Ottawa, au Chili, ou bien en Guyane Française ( située en Amérique du Sud). Le concert  « La nuit du Kompa » qui a eu lieu le samedi 8 avril 2017, à Accorhotels Arena à Bercy  / Paris, devrait servir d’archétype à ces promoteurs haïtiens qui se plaignent du fait que le principal architecte de ce grand événement culturel est Martiniquais. Ils disent que c’est une honte que ce ne soit pas un Haïtien qui ait organisé une si belle soirée de concert. Encore une fois, nous  lui présentons nos sincères félicitations. Il a aidé le konpa dirèk en l’exposant aux yeux du monde entier. Ce concert avait bénéficié d’une couverture médiatique des plus extraordinaires. 

« Aide-toi le ciel t’aidera », nous dit le vieil adage, et la manne ne tombe plus du ciel. Qu’avez-vous fait, messieurs les promoteurs haïtiens en Amérique et en Europe pour propulser le konpa dirèk, en dehors du cadre restreint où vous évoluez? Vous ne faites qu’organiser des bals et maintenant vous associez la musique à la boxe ou au « Mixed Martial Arts  -   MMA». Voilà qu’aujourd’hui vous offrez des clés et des ceintures de champion aux groupes musicaux. Aurez-vous le courage d’ouvrir la boîte de Pandore pour exposer les problèmes cruciaux de cette industrie musicale sans toiture, sans mur, ni plancher? Si oui, mais « A ki kle, nan ki pòt, nan ki twou ». Ecoutez donc la voix de votre conscience et vous verrez que vous n’êtes pas du bon côté de la clôture, « nou nan move bò a » . 

La possibilité de changement pour le bien-être collectif

Puisque le changement est le seul paramètre constant de l’équation de la vie, il serait bon que les promoteurs  -  distributeurs de clés et de ceintures de champion de boxe aux musiciens se ressaisissent pour que collectivement ils mènent le konpa dirèk à bon port, là où le succès international l’attend depuis six décades. Malgré les slogans des musiciens du konpa disant « Voye konpa monte », ils ne se soucient vraiment pas du bien-être de ce genre musical. Ils sont satisfaits de sa condition pourvu qu’ils aient des contrats de bals chaque weekend. En dépit de l’état léthargique, douloureux et piteux dans lequel le konpa dirèk végète, ces musiciens déclarent qu’il se porte bien, « yo pa wè limyè a non, limyè a la devan yo ». Ils ne voient et ne défendent que leurs intérêts personnels, négligeant les besoins de la collectivité. Ils prêchent tous la morale à travers leurs chansons, mais restent indifférents à sa mise en application. 

Dans le circuit mondial de la boxe, les associations qui contrôlent ce sport présentent une liste de « boxers » qui entrent en compétition pour décrocher le titre et obtenir la ceinture de champion. Tandis que dans le circuit de la boxe HMI de la WHMIBA (World Haitian Music Industry Boxing Association), aux yeux des promoteurs, il n’existe que trois compétiteurs qui sont Klass, Nu Look et Disip. Le samedi 15 avril 2017, huit jours après le grand concert « La nuit du Kompa » à Bercy  / Paris, le promoteur de la soirée Klass  /  Disip à New York, au cours d’une interview sur Radio Différence FM à New Jersey, à l’émission « Sur le podium », avait, sans nulle réserve, déclaré que Klass et Disip sont des « poids lourds - heavyweights », est-ce pourquoi il les met face-à-face. 

Que font donc ces promoteurs vis-à-vis des autres groupes musicaux de la scène HMI? Sont-ils des quantités négligeables, ou des compétiteurs des catégories suivantes : poids-plume « featherweight », poids mouche « flyweight » ou poids coq « batamweight »? L’industrie musicale haïtienne fonctionne à l’image du pays. Doktè Bijou, HMI la fou.  

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