Accueil | Nouvelles | Culture | Les soirées dansantes aident-elles à l’internationalisation du konpa dirèk?

Les soirées dansantes aident-elles à l’internationalisation du konpa dirèk?

Taille de la police: Decrease font Enlarge font
image

Toute musique découle d’une autre. Point n’est besoin de remonter le cours de l’histoire du Compas Direct pour parler une nouvelle fois de sa genèse. Si aujourd’hui nous adoptons deux orthographes pour identifier ce genre musical, c’est pour marquer la différence entre l’original compas et les variantes qui en résultent. La direction qu’emprunte ce genre musical pourra t-elle conduire à son internationalisation? Une analyse succincte va certainement aider à comprendre s’il y a possibilité d’internationaliser cette forme de musique populaire haïtienne. 

Les temps ont changé

Considérant tous les paramètres qui avaient contribué à la popularité du compas original, on note une grande déviation dans la forme et le fond des compositions des groupes musicaux d’aujourd’hui. Dans les années 60-70-80 et début 90, la connaissance musicale et les qualités de musicien étaient une exigence de la profession. Elles étaient considérées comme des pré- requis pour les artistes qui avaient embrassé le pur compas direct qui, à l’époque, n’exigeait pas le support électronique dont font usage les musiciens d’aujourd’hui. 

L’arrivée des gadgets électroniques dans l’industrie de la musique haïtienne a rendu la situation plus facile pour les musiciens actuels, mais elle crée aussi un fort pourcentage d’artistes paresseux et de médiocres qui s’attribuent des titres ronflants. Indéniablement, les temps ont changé. Aujourd’hui, on peut ne pas être musicien et produire une multitude de disques en studio, s’il n’y a pas de contraintes du temps.  On aurait tendance à dire que c’est du « tout voum se do, kon l cho l kwit».  Il suffit de taper d’un seul doigt sur un clavier d’ordinateur pour composer et produire des chansons, sans même comprendre les syntaxes musicales universelles. La quantification les aide beaucoup. Elle permet d’aligner les notes dans le séquençage et de fixer toutes les inexactitudes rythmiques.    

Aujourd’hui, on ouvre l’espace à la prolifération des groupes musicaux de format réduit connus sous l’appellation de « djaz gouyad ». On est passé de « djaz DJ » à cette nouvelle forme. N’est-ce pas là un recul musical considérable? Cependant, on ne peut pas trop blâmer les acteurs, car les jeunes accompagnent cette nouvelle tendance musicale. Ce qui surprend tout le monde, c’est que parmi ces groupes il y en a qui ne veulent pas ouvrir une soirée dansante quand ils sont affichés en tandem avec des formations musicales de grand format. On est en face d’un cas vraiment clinique. C’est la descente graduelle aux enfers du konpa dirèk.  Mais, la situation est réversible, si les musiciens s’écartent du traditionnel « men m ti bagay la ». Ainsi, ils permettront d’identifier leurs groupes musicaux facilement dès les premières notes.  

La convergence des esprits 

Tous les groupes musicaux haïtiens partagent les mêmes aspirations et les mêmes rêves. Ils s’accrochent tous au même circuit: les soirées dansantes. Ils ne considèrent pas le marché international, pourvu qu’ils bénéficient de fréquents contrats de bals. Il est vrai que quelques groupes ont produit leurs plus récents disques, mais sont-ils acceptés par d’autres cultures, d’autres peuples? Pourtant, ils clament à travers leurs chansons qu’ils travaillent pour l’épanouissement du konpa, et qu’ils veulent le propulser plus haut. Autrement dit, « voye konpa monte ak de men nou ».  On ne remarque aucun effort des musiciens en ce sens. Pour arriver à accomplir un tel rêve, il leur faut une vraie prise de conscience collective et des sacrifices énormes. 

Une telle disposition des musiciens changerait la donne et leur ouvrirait d’autres horizons plus bénéfiques que celui dans lequel ils évoluent actuellement: bals en weekend. Ce qui fait que le  konpa dirèk reste et demeure une musique communautaire offerte à une clientèle haïtienne, ici et ailleurs. Ces musiciens, semble t-il,  ne rêvent pas de devenir millionnaires. Ils se contentent de peu, se déclarant tous qu’ils sont « numéro un (1) » ou champion. Comment expliquer qu’une industrie musicale ait tant de groupes numéros un (number 1) et de champions?

Au lieu de s’adonner à l’amélioration de ce genre musical, les artistes valorisent les futilités, nourrissent la division et l’hypocrisie. Ils se chamaillent entre eux, se haïssent et souhaitent la destruction de leurs compétiteurs, oubliant que sans leur existence il ne peut y avoir une compétition digne de ce nom. Les responsables et managers de groupes n’envisagent jamais d’organiser des concerts ou des spectacles bien chorégraphiés. Aujourd’hui, on décerne plutôt des ceintures de champion de boxe à tribord et à bâbord aux chanteurs, particulièrement remarqués.  

Gazzman Couleur n’est pas le seul à avoir reçu une telle ceinture. Le chanteur du groupe Karizma, Emmery, avait exhibé la sienne au Club Amazura de Queens (NY), au cours de la soirée double affiche Cruz La  /  Karizma. Certes, les promoteurs ne sont pas non plus innocents dans l’atrophie et l’asphyxie du konpa dirèk. Les formules qu’ils utilisent ne jouent pas vraiment en faveur des groupes qui, malheureusement, ne cherchent rien de meilleur. On se rend bien compte que les soirées dansantes ne peuvent aider à l’internationalisation du konpa dirèk pour l’instant. On souhaite que les musiciens du konpa se réveillent de leur sommeil pour entreprendre des démarches à l’échelle internationale pouvant mener à la conquête d’autres mondes sous d’autres cieux. 

[email protected]    




Audionow:
Etats Unis: 641.552.5200 T-Mobile/MetroPCS: 360.398.4333 Canada: 438.795.4395 514.900.6012 Bresil 021 40 42 11 31 France: 01.90.14.14.75 Republique Dominicaine 849.936.7140 Mexique 08.99.27.46.700
Studio: 718) 355-9853 / (718) 303-2551 / (509) 2813-9450 / (509) 2813-9452 / (509) 2813-9456 Adresse: 45, Rue Chavannes Port au Prince, Haiti
Email: radiocaraibesfm<at>yahoo.fr
Tél: (509)4300-4300 / 3701-4300
WhatsApp: (509) 3701-4300

-->
Notes
Pas de note pour cet article
Estimez cet article
1.00