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Regards croisés sur l’occupation américaine d’Haïti (1915-1934)

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Tel est le sous-titre du livre collaboratif « Le devoir d’insoumission »sous la direction de Roberson Edouard et Fritz Calixte. C’est un ouvrage paru le 8 décembre 2016 aux Presses de l’Université Laval (Québec, Canada). Divisé en douze (12) chapitres, le texte examine, en 320 pages, les causes, les enjeux mémoriels et les effets de l’occupation états-unienne d’Haïti, sans oublier les différents types de résistance dans les lieux symboliques de la société haïtienne. Des questions fondamentales ont été abordées dans ce texte collectif : Pourquoi les États-Unisse sont ingérés dans les affaires internes relevant essentiellement de la compétence de l’État haïtien, alors que nous n’étions pas en guerre contre eux ? Pourquoi ils ont mis la République d’Haïti sous un protectorat à la fois militaire, économique, financier, juridique et politique ? Quelle a été la réaction du peuple haïtien ? Comment a été organisée la révolte paysanne contre l’occupation ? Quel rôle a pu jouer l’élite haïtienne, quoique souvent accusée d’opportuniste ? Qu’est-ce qui peut bien expliquer la revitalisation des séquelles de cette occupation dans l’inconscient collectif ? Pourquoi jusqu'à aujourd’hui encore le pays est-il placé sous la tutelle ? Quelle leçon devrait-on tirer de notre histoire ? C’est un ouvrage qui mérite d’être lu et commenté par les étudiants (es), les chercheurs et les analystes politiques du pays.

L’occupation états-unienne d’Haïti a bouleversé le milieu haïtien à la fois dans sa composante symbolique et matérielle. Certains haïtiens ont manifesté leur animosité au protectorat en y opposant différentes formes de résistance. D’autres ont malheureusement servi la cause des envahisseurs. Les vrais motifs de l’occupation étaient le pillage du Trésor haïtien au profit de la nation américaine. Cette occupation a absorbé la dignité nationale et les forces morales du pays.

Ce livre collectif invite à une nouvelle réflexion critique en mobilisant plusieurs disciplines et différentes démarches théoriques. Ces matériaux ont permis de comprendre le « devoir d’insoumission » des Haïtiens face à un recours par les états-uniens au droit et au devoir d’ingérence avant la lettre. Ce devoir d’insoumission a provoqué différentes formes de résistance : la résistance armée, notamment avec des paysans appelés Cacos qui ont été massacrés en grand nombre; la résistance parlementaire ayant débouché parfois sur la dissolution du parlement; la résistancede certains membres des différents gouvernements qu’on a connus à l’époque, particulièrement aux velléités des envahisseurs de sur endetter la République d’Haïti, ce qui a occasionné a maintes reprises un changement de gouvernement; la résistance des intellectuels qui étaient souvent réprimés par les occupants et les collaborateurs. 

Pour le sociologue Roberson Edouard, il y a un lien entre le devoir d’insoumission et le droit à l’insurrection. « Ce dernier est devenu l’arme ultime à laquelle les citoyens peuvent recourir lorsqu’il y a personnalisation excessive de l’exercice du pouvoir d’État, coup d’État et instauration d’une dictature, répression, violences de masse, déni de la volonté collective, trucage des élections, invasion, occupation… », nous dit-il. Toutefois, le « devoir d’insoumission » comme réaction à l’occupation a ses limites, car on ne pourra affronter pendant longtemps des envahisseurs plus armés que soi. Ainsi, comme l’a souligné le professeur Roberson Edouard, le « devoir d’insoumission » est certainement une condition nécessaire pour s’approcher des aspirations d’une population exploitée parce qu’occupée, mais guère suffisante pour les combler. De ce fait, le pays a subi d’autres formes de protectorat d’abord en 1994, ensuite de 2004 à nos jours. Comment donc transformer le « devoir d’insoumission » en un projet collectif capable de mobiliser les différents moyens et compétences en vue du changement social mélioratif d’Haïti ? Voilà la question fondamentale à laquelle les contributeurs nous invitent à apporter des éléments de réponse.

Issu du colloque Regards croisés sur l’occupation américaine d’Haïti (1915-1934)coordonné par le Centre interuniversitaire d’études et de recherche sur le changement social en Haïti (CIERCSH) dans le cadre de la commémoration du centenaire de l’occupation états-unienne en Haïti débutée en mai 2015, ce livre collaboratif a réuni 13 universitaires, tous de sexe masculin. Il aurait été judicieux et raisonnable d’inviter les femmes universitaires à prendre part à ce projet d’écriture. Nous pensons à la professeure Suzy Castor qui a beaucoup réfléchi sur cette thématique. Toutefois, cette initiative a le mérite de proposer des nouvelles pistes de compréhension de l’occupation états-unienne d’Haïti de 1915 à 1934.

Jacques Adler Jean-Pierre




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