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Renald « Game Over» Mathieu du groupe D’Zine: Un jeune chanteur Capois au talent impressionnant

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image Renald « Game Over» Mathieu du groupe D’Zine

Tous les hommes naissent libres et demeurent égaux en droits, d’après la Déclaration Universelle des Droits de l’homme. Cependant, nous ne le sommes pas en talent et en don. Chacun de nous possède des aptitudes et des dispositions différentes. Il ne pourrait en être autrement, car il n’y aurait aucun esprit de compétition et la vie serait trop facile.

Les mêmes faits sont observés dans l’univers artistique où le talent joue un rôle primordial. Ce n’est pas sans raison qu’on compare souvent des musiciens d’une même génération ou de générations différentes. Est-ce aussi pourquoi qu’aujourd’hui on établit toujours un parallèle entre les chanteurs de l’actuelle génération des musiciens jouant le Konpa Dirèk. Même quand on a du talent, on doit déployer l’effort nécessaire pour arriver au succès.

À travers mon périple sur les sentiers battus de l’art,  je viens de découvrir un chanteur, fils du Cap-Haitien, dont le talent va certainement impressionner les férus du Konpa Dirèk, qui n’ont pas encore la chance de le voir à l’œuvre,  tout aussi bien ceux qui, maintenant,  font l’éloge des chanteurs les plus connus dans le monde de la musique dansante haïtienne. Il s’agit bien de  « Game Over », de son vrai nom Renald Mathieu. « Game Over » est un nom qu’il reçut de ses amis d’enfance, au cours des matches de football de quartier au Cap-Haitien.  Depuis, il s’en sert comme son nom d’artiste.

Bref profil de «Game Over»

Renald Mathieu « Game Over », est né au Cap-Haïtien le 23 août. Il est bien Capois pure essence, dans le sang, dans le cœur et dans l’âme, natif natal, comme il le dit. Il est très fier de son origine. Il a vécu au Cap-Haitien et habitait à la Rue 22 F. Il a fréquenté le Nouveau Collège du Cap-Haitien. Son amour pour la musique a commencé dès son adolescence. Il a choisi de chanter parce qu’il découvrit très tôt le talent qui sommeillait en lui. Il a fait ses premières armes à l’église, et au fil des ans il a développé ce grand talent, qui, aujourd’hui touche plus d’un. http://radiotelevisioncaraibes.com

«Game Over »  a vraiment débuté sa carrière professionnelle en 1999, s’inspirant de ses idoles- musiciens, notamment le groupe musical « Kazak Eksperyans » du Cap-Haitien. Il a surtout aimé le style de Fred Lamour, un chanteur Capois comme lui. L’artiste est surtout fier des deux grands patrimoines indestructibles : les Orchestres Septentrional et Tropicana, qui, à deux,  représentent non seulement la fierté de la Cité christophienne mais aussi celle d’Haïti. On voit bien que « Game Over » a le goût du beau et du bon. 

Face à ces deux géants de la musique haïtienne, « Game Over » se considère un simple enfant en voie de développement, bien qu’il ait déjà bouclé 14 ans comme chanteur. La psychologie nous dicte un fait : l’enfant apprend par imitation. « Game Over » rêve de devenir grand comme eux. Il est vrai que personne ne peut atteindre la perfection, mais en suivant la réflexion de la perfection, on peut s’approcher plus près de la source. Le jeune chanteur se montre très déterminé et se lance à la poursuite du plus grand succès musical. Il réunit tous les atouts qui peuvent le conduire à bon port. Il a appris les techniques vocales qui lui permettent de ne pas détoner en chantant, comme le font certains chanteurs-konpa d’aujourd’hui.

Le chanteur continue à peaufiner son style

Renald Mathieu a vraiment du rythme, une excellente articulation, une bonne diction, et surtout une solide connaissance musicale qu’il a acquise de Nasser Chéry et Joe Charles qui ne marchandent pas leur assistance / leur service, d’après une source proche de ces deux musiciens. Bien d’autres avant « Game Over » sont passés à travers la grande porte que ces deux bassistes laissent grande ouverte aux musiciens, particulièrement aux chanteurs et guitaristes / bassistes intelligents qui sont à la recherche de bonnes techniques instrumentales et vocales. Contrairement à ceux-là, « Game Over » maîtrise non seulement le Konpa Dirèk, son style / son rythme favori,  mais il embrasse tous les genres musicaux. Sa tessiture, sa grande technique vocale et son dynamisme musical le placent dans un autre monde par rapport aux chanteurs  traditionnels, qui, pour la plupart, s’affaissent déjà sous le poids de l’âge. 

« Game Over » a aussi appris les principes de composition musicale et il possède toutes les qualités d’un excellent parolier. Il se tient ferme sur la voie du succès qui lui fait des yeux doux à n’en plus finir. Certains vont se demander qui est vraiment ce « Game Over » ? À ceux-là,  je réponds : « sa w pa konnen pi gran pase w ». Il faut partir à la découverte de cet artiste. Ceux qui ne peuvent pénétrer les mystères de l’inconnu, c'est-à-dire tout ce qui dépasse l’entendement humain, souvent les qualifient de « magie ou miracle ». Pourtant, le talent et le don sont innés. Ce n’est pas sans raison que dans notre langage vernaculaire nous disons souvent: « se pa maji, se don », à chaque fois qu’on réalise des prouesses,  quand le naturel fait surface. Le public va certainement découvrir ou redécouvrir les grands mystères de l’univers « Game Over ».

Le nom « Game Over » convient bien au chanteur puisque le public va contempler toutes les merveilles de son univers  et découvrir tous les secrets qui lui confèrent une telle particularité.  Et les incrédules pourront satisfaire leur curiosité et diront que : « The Game is really Over- le jeu est vraiment  fini » pour les traditionnalistes. Dans mon for intérieur, je me pose la question à savoir : comment se fait-il qu’un groupe musical de Miami qui, aujourd’hui,  fait face à un problème de chanteur ne courtise t-il pas encore « Game Over » ?  Ce chanteur, à mon avis, constitue un grand atout, un capital assuré. Je l’ai vu à l’œuvre sur le vif.

« Game Over » n’est pas né de la dernière pluie


Le chanteur traîne derrière lui des années d’expérience, qui trahissent son jeune âge. Il faisait partie des groupes musicaux suivants : « Magic Band », « Tapaj du Cap-Haitien », « Pikliz de Jacques-Ville » du Nord-est. Il fit un passage éclair au sein de la formation « Feeling ». On le retrouva un peu plus tard, pendant un court temps, évoluant avec « Gamax ». Il mit aussi son talent au service de la formation musicale « Top Talent » de Limonade, Haïti. J’ai eu la chance d’auditionner quelques unes de leurs chansons en live.
 
Toutes ces formations avaient le gabarit de grands groupes musicaux, mais il leur a été impossible de franchir toutes les frontières à cause, peut-être,  du manque de promotion de leurs responsables / managers, et surtout de l’incompréhension des promoteurs / producteurs des autres villes d’Haïti, qui donnent priorité seulement aux groupes de Port-au-Prince ou ceux établis aux Etats-Unis ou ailleurs. Il leur manquait l’encadrement qu’il fallait pour se placer plus solidement sur l’échiquier musical haïtien. Leur musique défiait l’imagination et elle leur aurait valu une grande reconnaissance nationale, si les nécessaires avaient été faits
 
Après toutes ces expériences qu’il a vécues, « Game Over » laissa Haïti et se rendit à Miami, où il intégra le groupe « Alamod ». Son amour pour son pays le força à retourner au bercail. Baba et Zagalo le font rentrer d’Haïti pour qu’il fasse partie du groupe D’Zine à Miami (Floride). Il accepta leur proposition et est aujourd’hui chanteur officiel du groupe. Au cours d’une interview qu’il m’a accordée,  il a déclaré qu’il aime le style de musique que joue D’Zine. Je lui ai posé une question complexe pour évaluer son degré de sentiment pour D’Zine. Je lui ai dit qu’il a un registre vocal que recherche ce groupe de Miami, que dirige un Capois comme lui.

La question a été la suivante : « si les responsables de ce groupe en question te font une offre considérable, accepterais-tu de devenir membre de la formation en question » ? Sa réponse fut : « je veux faire la route avec D’Zine, quelles que soient les conditions : vent, tempête, tsunami ou autres». Une pensée qui voudrait dire «  kite m viv ak D’Zine mwen, D’Zine nan tout san m, D’Zine nan tout kò m ». Quelle sincérité, quelle loyauté d’un jeune artiste Capois!  « Game Over » reste confiant que D’Zine va briller de mille feux puisque tous les musiciens partagent les mêmes aspirations et les mêmes rêves. Pour eux, la priorité n’est pas axée sur l’argent.

Renald « Game Over » renouvelle fermement sa loyauté envers D’Zine et aimerait que son groupe suive les traces de Septentrional et de Tropicana qui ont transcendé des générations. Il se dit décidé et prêt à faire la route avec D’Zine « jouk mayi mi ». Il se sent bien dans sa peau au sein de sa formation musicale, déclare t-il. Il m’a fait part de deux chansons que le groupe D’Zine avait interprétées au cours d’une récente soirée dansante. Elles ont pour titres « Di Mwen » et « Inquiétude » qu’il m’invite à auditionner.  Il ne me reste qu’à souhaiter du succès à « Game Over » et également au groupe D’Zine de Zagalo, qui est actuellement en studio préparant un album.
robertnoel22@yahoo.com

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