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«The Afro-Caribbean Jazz Sextet» d’Alix Jacques: un nouvel univers musical

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image Alix Jacques "Dr. Lulux'

Le vendredi 26 octobre dernier, « The Afro-Caribbean Jazz Sextet » était à l'affiche au Club-Restaurant « Chez Mireille » à Westbury, Long Island. Un public multiethnique avait répondu en grand nombre à l’invitation pour venir découvrir le nouvel univers musical que notre compatriote Alix Jacques a soigneusement créé.  http://radiotelevisioncaraibes.com

Le spectacle a commencé à 9 :30 pile. Cet orchestre est composé strictement de musiciens professionnels. À la basse on retrouvait Alix Jacques, maestro et fondateur de l'orchestre; Phoenix Rivera à la batterie, Camille Armand aux tambours,  Randall Watson au trombone, Marco Coco à la trompette, Ritchie Breathwaite au saxophone ténor, Williams (Bill) Valicenti au piano. L'orchestre nous a offert un menu musical riche et varié.

Profil d’Alix Jacques

Alix Jacques est né au Cap-Haitien un 9  juillet. Très jeune, il émigra aux États-Unis et établit domicile à New York. Il a appris la guitare sous la direction de Jacques Roc, un des meilleurs guitaristes qu’Haïti ait produit. En 1971, Alix Jacques créa « Les As Noirs de New York City ». Ce groupe s’est dissout en 1972. Puis, la même année, il intégra une nouvelle formation musicale connue sous le nom de « Les Difficiles de New York City ». Il y resta jusqu’en 1974. De 1974 à 1975, il devint musicien indépendant et comme tel il s’est joint à l’Original Shleu-Shleu tantôt comme bassiste tantôt comme guitariste.   http://radiotelevisioncaraibes.com

Afro Caribbean Jazz - Alix JacquesToujours en 1975, il décida de créer le groupe « Djet X » qui a marqué toute une période. En 1978, sentant le besoin de la vraie connaissance musicale, il laissa le « DJET X ». Pendant une année, il planifiait  et pavait son chemin. En 1979, il s’inscrit au Conservatoire de Musique de Brooklyn où il étudia le piano et la théorie musicale. Ayant acquis une solide connaissance en musique, il devait trouver un moyen pour appliquer toute la théorie acquise. Ainsi, en 1980, il produisit un album solo titré « Cole Cole ». 
 
A l’époque, tout le monde parlait de Cole Cole Band d’Alix Jacques. C’était un nouveau concept musical agrémentant le Compas Direct. Alix avait réussi dans sa nouvelle aventure.  Il prit goût et se voyait dans l’obligation de produire un second album « Cole Cole » en 1982, qu’il titre « Symphonie Inachevée ». Le titre même de cet album montre qu’Alix Jacques avait une autre conception musicale et voulait innover le style qu’il jouait. En 1986, il se joignit à Edward Richard, F. Lasfargeas et Viviane Rangon pour créer « U-Turn Band ». 

En 2004, Alix Jacques avait jugé nécessaire de retourner au Conservatoire de Musique de Brooklyn pour se perfectionner. Cette fois, il étudia la Basse Acoustique qu’il maitrise et continue à utiliser. Pour appliquer les nouvelles techniques acquises en 2004, il a créé le «Trio Jazz Group - ATM » avec des musiciens japonais, Tetsu et Massa. En 2008, il intégra le «Jazz Ensemble de St Albans» de New York. En 2010, il étudia la Basse Acoustique en privé, sous la supervision du professeur Yoshio Aomori.  En 2012, il nous offre « Afro-Caribbean Jazz Group ».  

The Afro-Caribbean Jazz Sextet: un professionnalisme confirmé  


«The Afro-Caribbean Jazz Sextet» a fait la différence, en prouvant son vrai professionnalisme. Je tiens aussi à  féliciter « Kari Jazz  Production » qui a su présenter, aux fins et vrais connaisseurs de musique, une si belle affiche qui, en anglais,  dit ce qui suit : Kari Jazz presents Alix Jacques & The Afro-Caribbean Jazz Sextet. Je me découvre pour montrer le respect que je dois à ces talentueux musiciens, particulièrement à Alix Jacques qui m'a grandement surpris. Grand coup de chapeau à Alix Jacques!  

En deux heures et demie (2 h 30), cet orchestre a executé les 14 compositions qui suivent: Señor Blues, Jumping with Symphony Sid, Close your Eyes, Ornithology, Here-There & Everywhere, Like Sonny, Siboney, Afro Blue, Love to Love you Baby, Blue in Green, Johnny come Lately, Night in Tunisia, You must believe in Spring, Manteca.  C'est un grand record. Je ne peux oublier la chanson qui avait couronné le succès du groupe DJET X à la fin du XXe siècle. Il s’agit de « Love to Love you Baby » qu’Alix Jacques avait composée dans les années 70. Ce vendredi 26 octobre, l’Afro-Caribbean Jazz Sextet l’a interprétée avec des couleurs très jazzées, ce qui lui a valu des applaudissements nourris et une ovation très significative.

Je remarque que la section rythmique joue du latin. Je m’attendais à ce que le pianiste maintienne le pattern latin ou s’inspire de l’archétype latin. Il a su harmoniser les mélodies, c'est à dire qu'il les renforçait en utilisant des accords de quatre notes. Ce qui confère un son plus riche que la simple mélodie. Il a aussi utilisé différents renversements (inversions) d’accords qui l’ont aidé à créer des activités harmoniques sans changer l’identité des accords qu’il joue. L’harmonisation me parait excellente. Ceci s’explique à travers le style et les progressions d’accords que ces musiciens utilisent. Les chord-voicings (voisements d'accords) donnent à l'orchestre cette couleur tonale dont je parle. 

Le pianiste jouait plutôt un style caribéen et du jazz pur au dessus du rythme latin que maintenaient le percussionniste Camille Armand, le batteur Phoenix Rivera, fils de Mario Rivera le grand saxophoniste qui faisait partie du grand Orchestre de Tito Puente et qui a marqué le monde de la musique d'une façon générale, et Alix Jacques, le bassiste et maestro de l’orchestre. 

Cette section rythmique défie l'imagination. Ces musiciens ont vraiment du métier. La section cuivre a impressionné tous les invités. Le saxophoniste Ritchie Breathwaite sait comment bercer un public. La connaissance, la précision et la maitrise de l'instrument trahissent l'âge du jeune trompettiste, Marco Coco. D'ailleurs, son nom a attiré l'attention de l’assistance. On a eu l'impression qu'il nous conduisit à l'ombre des cocotiers, sous le doux soleil de la Caraïbe. 

Je dois surtout signaler que mes voisins de table conversaient sans être dérangés par la musique. C'est preuve qu'il n'y avait ni cacophonie, ni bruit désagréable à l'oreille. Le tromboniste a joué sa partition avec une exactitude témoignant ses années d'expérience dans le domaine. L'orchestre jouait à feu doux. Cela prouve encore le professionnalisme de ces musiciens. Il faut que je rappelle à la grande majorité de nos musiciens que: jouer fort ne veut pas dire bien jouer. Si on ne peut pas converser avec ses voisins de table au cours d'un concert, c'est que l'orchestre joue très fort. 

Un nouveau style qui plait à tous
Il faut souligner qu’Alix Jacques a atteint une autre dimension musicale. Il faut remonter dans le passé pour découvrir ou redécouvrir le monde d’Alix Jacques, qui aujourd’hui dirige un orchestre de haut calibre. C’est ce qui permettra de mieux situer le bassiste qu’est devenu Alix Jacques, que beaucoup connaissent sous le nom d’artiste « Docteur Lulux ». Ses efforts et ses recherches musicales ont porté fruits. L’Afro-Caribbean Jazz Sextet  joue une musique-hybridée, c'est-à-dire qu’il ajoute des couleurs tonales variées sur un fond rythmique latin. C’est beau. Ceci authentifie le nom de l’orchestre « Afro-Caribbean Jazz Sextet». 

J’ai découvert la face cachée de Camille Armand à qui, aujourd’hui,  j’attribue le titre de percussionniste sans frontières. Quant au batteur, je ne sais que dire puisque sa façon de jouer m’intrigue et m’impressionne. Il utilise les deux mains pour jouer à l’instrument et il coordonne les mouvements des mains et du pied frappant la grosse caisse. Quelle synchronisation! Rivera n'est pas nouveau dans ce circuit. Dans le passé, il avait accompagné Guy Durosier lors d’un concert à New York où il avait Camille Armand comme percussionniste à ses côtés. 

Ce soir du 26 octobre 2012, Rivera et Camille dialoguaient musicalement. Ils improvisaient des solos qui ont fait vivre de joie le public et ont provoqué le sourire du  maestro qu’ils ont peut-être  surpris. Le batteur et le tambourineur se parlaient. C’est comme s’ils se disaient : Let’s get busy c'est-à-dire faisons notre besogne, nous allons improviser. Alix Jacques les accompagnait puis les lassait l’intervalle pour qu’ils puissent exhiber leur grand talent. 

Je battais la mesure avec eux et me suis rendu compte que ce qu’ils faisaient ne pourrait être l’effet du hasard. Ils connaissent bien ce qu'ils font. Tout comme Camille Armand,   Phoenix Rivera, le batteur, est un musicien tout-terrain, Hi-Tech. Phoenix Rivera a fait tout ce qu’on attendait d’un vrai batteur et il n’a pas hésité, par occasion, de faire du Rim Shot de sa main gauche et, simultanément,  de sa main droite utilisait la cloche ou la cymbale quand il le jugeait nécessaire. Le Rim Shot signifie la façon de faire du batteur qui procure un son particulier en tapant sur le rebord métallique de la caisse-claire. 

Tout cela était rendu possible parce qu’Alix Jacques jouait une ligne rythmique précise et laissait l’intervalle nécessaire au batteur et au percussionniste pour entreprendre de telles excursions musicales. Il faut noter que tous ces musiciens lisaient leur partition en exécutant les plus belles chansons de leur répertoire. Je pense que les batteurs de notre musique de danse populaire devraient, au moins une fois dans leur vie, regarder jouer Phoenix Rivera en spectacle. Le feeling humain se ressentait fort et bien. L'orchestre ne se sert pas du sequencer / drum machine. Tout est naturel. D'ailleurs, le pianiste a utilisé un piano acoustique / un piano à queue.

Phoenix Rivera a fait montre d’une simplicité rare comme musicien. C’est un  homme sympathique ayant une grande ouverture d’esprit. Il ne se gonfle pas la poitrine et, comme tous les musiciens de « Afro-Caribbean Jazz Sextet», il ne se targue pas de sa connaissance musicale et ne se considère pas une Superstar / une Super étoile.  Pourtant, tous ces musiciens ont un bagage musical robuste, preuve de leurs longues années d’expérience. Je pense que ce batteur est une bonne acquisition. Alix Jacques a fait le bon choix et un coup de maître. Je me demande comment il a pu procéder pour créer un si excellent orchestre en si peu de temps. 

C'est là la différence, quand on sait lire et écrire la musique. Le professionnalisme de cet orchestre m’impressionne grandement. Cette grande première l’a confirmé sans réserve.  Alix Jacques s’est réinventé un monde. Il est passé du Compas Direct au  Jazz Latin / Jazz Afro-Caribbean, une initiative que je supporte fort. Quand on veut, on peut réaliser des merveilles. La transition a été facile pour Alix Jacques. Son profil le prouve bien. 

À chacun son univers

C'était une soirée réussie tant du point de vue musique, de présentation des musiciens sur scène que du nombre des invités, qui aussi étaient impeccablement vêtus. L’orchestre a fait salle comble. Les musiciens portaient une chemise et un pantalon noirs, et le maestro habille en costume beige, signes de leur grand respect envers les invités. On ne remarquait aucun des invités, ni des musiciens, portant son pantalon en berne, c'est à dire l'ajustant au bas du coccyx. On n'est pas en prison. Cette facon de s'habiller, avec son pantalon à demi- mat, est l'invention des prisonniers à qui on enlève la ceinture. Les chaussures de basketball n'avaient pas non plus été remarquées dans la salle. La différence entre ces deux mondes / univers sautait aux yeux.  http://radiotelevisioncaraibes.com

Les invités étaient sortis contents et satisfaits de la prestation de l’Afro-Caribbean Jazz Sextet.  C'était la soirée des gens respectueux. Quel beau spectacle! C'était un classique. J’encourage le grand public à aller découvrir « The Afro-Caribbean Jazz Sextet » en spectacle.  Je profite de cette occasion pour présenter mes sincères félicitations aux musiciens de « Afro-Caribbean Jazz Sextet », particulièrement à Alix Jacques qui s’embarque et nous conduit avec assurance dans un autre univers musical. Je souhaite du succès continu à l’orchestre. http://radiotelevisioncaraibes.com

01 Siboney by Mo Gattereau


robertnoel22@yahoo.com 

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