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Un weekend aux Gonaives

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image Gary Victor aux Gonaives

Au grand matin du samedi 3 décembre, j’ai pris la Nationale numéro 1 à bord d’un véhicule tout terrain, en compagnie d’amis attachés au livre et à l’édition.

Nous avons eu une seule destination en tête: Gonaïves, la Cité de l’indépendance, terrassée par les flots au moins deux fois en 2004, avec le cyclone Jeanne et en 2008, avec le passage de l’ouragan Anna.

Donnée pour morte après ces deux drames, liés à la fureur de l’eau et à une urbanisation approximative, Gonaïves a pu renaître et a échappé ainsi à sa disparition annoncée au lendemain des catastrophes.

Avant d’arriver aux Gonaïves, j’ai dû traverser Saint-Marc, ville de référence autrefois pour l’Artibonite et devenue ville aujourd’hui trop abimée. On a pu se réjouir tout de même du meilleur état de la route.

Déjà midi sonnant, nous voici dans la ville de Jacques Stephen Alexis et d’Edris Saint-Amand, le premier ayant prouvé son art dans un roman sans fard "Les Arbres musiciens" ; l’autre, parvenu à faire son coup avec un texte majeur intitulé "BonDieu rit".

Le premier motif de notre virée aux Gonaïves a été la foire "Livres en Liberté", une initiative du poète et de l’opérateur culturel, Clément Benoît, heureux d’avoir  réussi sa 17è édition d’activités littéraires inter-ville(s).


Gary Victor comme invité d’honneur de cette foire a pris en cette occasion un véritable bain de foule. Certains jeunes ont songé à Victor dans leurs emplettes.

Environ 40 auteurs, sans compter éditeurs, distributeurs étaient sur place dans cette ville à présent belle et respirable. Fruit d’un travail incessant de l’Etat haïtien et de l’humanitaire.

La troisième ville du pays est actuellement électrifiée 24/24 et plus au moins alimentée en eau courante. Les riverains pensent aussi à débarrasser la ville de ses ordures.

Les nuits gonaïviennes sont plus belles qu’avant. Bars, discothèques, hôtels s’animent beaucoup. Seulement à Raboteau on a  fait la fête avec des beautés tirées des plus parfaites constellations du ciel. Et tout ceci dans l’atmosphère ensorcelante des chanteurs, tels Lucky Duby (disparu), Arly Larivière, Richie et Wanito. 
 
J’avais élu domicile à l’hôtel Royal où le bagagiste, à l’aide de la bombe aérosol a chassé insectes et moustiques fort souvent indésirables.

Mon dernier samedi soir aux Gonaïves s’est déroulé dans un calme serein où certains jeunes discutaient entre autres de L’Espace d’un cillement d’Alexis et  de La P.(putain) respectueuse de Jean Paul Sartre. Gonaïves aura survécu aux mauvais présages. Dans un effort citoyen.


Dominique Batraville

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