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Le Débat présidentiel : les tops et les flops

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Parmi les tops on retrouve, pas nécessairement en ordre, Steven Benoit, Jovenel Moïse et Eric Jean Baptiste, la révélation du Débat présidentiel organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de l’Ouest. Les flops sont Maryse Narcisse, Steeve Khawly et Charles Henry Baker. Sauveur Pierre Etienne, professeur d' université, était parfait dans les bottes de l’enquiquineur de service…

 Sept candidats à la présidence ont débattu pendant 2h30 de questions liées à l’économie lors du Débat présidentiel organisé par la CCI/O. Largement diffusé par Télé 20, Télé Caraïbes, Magik 9, Visa FM et disponible sur le www.lenouvelliste.com, l’exercice a retenu l’attention. L’interaction et les passes d’armes entre certains candidats ont laissé l’impression qu’il y a une réelle bataille, une vraie compétition entre les prétendants au fauteuil de Michel Martelly. 

Si le fond n’a pas eu le mérite de convaincre tout le monde, surtout les plus académiques, les plus exigeants qui veulent voir des leaders bien au fait des problèmes et des solutions envisagées pour Haïti, d’autres croient toutefois utiles de déterminer les tops et les flops. 

Parmi les tops, pas nécessairement dans l’ordre, il y a le sénateur Steven Benoît, Jovenel Moïse et Eric Jean Baptiste, la révélation du Débat présidentiel. 

L’ex-sénateur Steven Benoît, faisant parler son expérience au Parlement, a enfilé son costume de l’homme d’Etat, bien au fait des dossiers. « Monsieur salaire minimum », critique acerbe de l’administration Martelly, a mis en avant ses prises de positions contre la corruption. 

Pendant son temps de parole où il soutient entre autres une loi sur les assurances, la couverture de santé pour tous, la responsabilité fiscale et la gestion rigoureuse des deniers de l’Etat par des chefs prompts à donner eux-mêmes le bon exemple, Steven Benoît a recadré Charles Henry Baker qui a erré dans ses explications illustrant sa compréhension limitée du budget. Mais Baker a été clair sur un point; les ressources du budget ne suffiront pas pour financer le développement, il faut recourir à l'emprunt. Steven Benoît n’a pas croisé le fer qu’avec Baker. Jovenel Moïse en a eu pour son grade. Sans laisser l’impression de l’avoir macéré, Steven Benoit  a sorti, comme uppercut, la phrase que l’on retient de lui. « Vous êtes un bon entrepreneur, restez dans la banane. Je vais vous aider », a-t-il balancé à Jovenel Moïse. Un vrai « banann », dans un combat entre Haïtiens. « Nèg Bannann nan », Jovenel Moïse, entrepreneur, ex-responsable du plus important projet agricole en Haïti ces dernières décennies, tout en maitrise, a partagé sa vision de l’agriculture. Son credo : mettre la terre, le soleil, l’eau et les hommes ensemble. Avec six millions de dollars de prêts de l’Etat, 7 millions investis par des actionnaires, 3 000 personnes ayant mis en commun leurs terres sont sorties de la précarité économique. 

Pour fournir de la figue banane en Allemagne, un contrat de 150 millions de dollars américains a été signé, révèle Jovenel Moïse. Le candidat a cependant été épinglé par certains pour avoir dit qu’avec 6 millions, il a eu le temps de faire 150 millions de dollars. Jovenel Moïse a aussi partagé sa vision de l’énergie. Il faut explorer les énergies alternatives, a proposé Jovenel Moïse, sûr de lui. Pour lui, les partenariats public-privé sont les bienvenus dans ce secteur. La gestion de l’eau sera l’une de ses priorités avec un accent particulier sur les bassins versants. 3.1 milliards de M3 d’eau s’en vont à la mer alors qu’on aurait pu les capter pour l’agriculture, illustre le dauphin désigné de Michel Martelly, champion du PHTK. 

Sans crier gare, Eric Jean Baptiste, couvre-chef, jouant à fond le symbole de l’autorité, surfant aussi sur l’image d’un Fidel Castro, a poussé Jovenel Moïse dans les cordes. Il a qualifié les chiffres de Jovenel Moïse de faux avant de prévenir que ce qui s’était passé en 2010 ne se passera pas en 2015, en référence à Martelly qui pompait des chiffres sans queue ni tête. Gestuel à point, verbe maitrisé pour le bègue qu’il est, Eric Jean Baptiste, Pè Etenel Loto, s’inscrit lui aussi dans la rupture par rapport à l’administration Martelly. « M ap di pote kòd, pote kòd pou mare vòlè », a-t-il rétorqué, pour se démarquer de Sauveur Pierre Etienne de l’OPL qui est prêt à donner amnistie et institué la tolérance zéro à partir du 7 février 2016. Eric Jean Baptiste propose le réaménagement du territoire, le remembrement de la terre, la production nationale dans toutes ses aspérités et la protection, à travers des tarifs douaniers, de l’agriculture et d’autres secteurs de production locale. Il rejoint Steven Benoît, Jovenel Moïse et Sauveur Pierre Etienne qui sont favorables à la préférence aux firmes haïtiennes dans l’exécution de contrats de travaux publics financés par le Trésor public ou par les partenaires internationaux.  

Parfait, presque aussi impeccable que le « Despecable me », personnage de bande dessinée, Sauveur Pierre Etienne a proposé de réformer l’Etat. Il faut 100 milliards de dollars pour lancer le pays sur la voie du développement pour les 25 prochaines années. Il est dans la géostratégie. L’alignement sur la Chine pour trouver les ressources financières avec comme collatéraux, les ressources minières d’Haïti. Dans les bottes de l’enquiquineur de service, Sauveur Pierre Etienne, à sa manière, a enterré Maryse Narcisse, l’un des flops du Débat avec Steeve Khawly. 

Attaquée par Sauveur Pierre Etienne sur le bilan de Lavalas au pouvoir, Maryse Narcisse, terne, grippée et peu convaincante, a montré qu’elle n’avait pas la hargne de la guerrière, le feu sacré pour remporter le Débat. Sur l’élargissement de l’assiette fiscale en guise d’augmentation de la pression, elle a eu le mérite d’être très claire. Sur l’accès à la couverture universelle des soins de santé également. En revanche, sur les mines, elle a bafouillé et admis, en remontant les bretelles à Sauveur Pierre Etienne, qu’elle ne sait pas tout, que Sauveur Pierre Etienne n’est pas capable de répondre à une question dans le domaine médical.

Peu convaincante mais à l’aise a été Maryse Narcisse de Fanmi Lavalas, la militante politique de longue date qui a la confiance et l’onction de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide. Ce qui n’était pas le cas pour Steeve Khawly, visiblement bouffé par le stress. Il se propose de lutter contre la « déforestation, la terre qui va à la mer »,  a sorti le candidat de Bouclier, qui avait toutes les peines du monde à se faire comprendre. Pour le secteur privé, il a souhaité un crédit à taux qui n’est pas celui pratiqué actuellement. Il veut maîtriser l’eau, investir dans l’irrigation et sortir le pays de la subsistance agricole. L’industriel croit nécessaire la mécanisation agricole.  Charles Henry Baker, qui est passé à côté du Débat, est parvenu  à vendre ce qu’il vend depuis ses deux dernières tentatives pour devenir président en 2006 et 2010 : la remobilisation des FAD’H,  le retour de la BNDAI, la mise en place d’un Conseil électoral permanent. Il faut de l’ordre pour mettre Haïti au travail…  Source: Le Nouvelliste



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