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Nos voeux pour la nouvelle année et le nouveau démarrage

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Qu’en est-il du rêve caressé par l’administration Martelly-Lamothe de faire d’Haïti un pays émergent à l’orée de 2030 ? On n’en parle plus depuis la fin du mandat de Michel Joseph Martelly ou mieux encore depuis l’éviction de Laurent Lamothe à la Primature. Ce projet, quoique apparemment utopique, avait le mérite de nous faire rêver grand en nous élaborant une vision et en nous fixant des objectifs dignes d’une communauté voulant se mettre au diapason du progrès mondial. 

Le rêve n’était pas si chimérique qu’on le pense. Ce qui fait défaut, c’est cet élément motivant et rassembleur capable de réunir toute la nation autour d’un même agenda commun. Nous connaissons nos faiblesses, nos limites et nos potentialités. Notre quête du progrès doit s’évertuer à pallier nos faiblesses, à réduire au minimum nos limites à partir d’une exploitation judicieuse de nos potentialités. 

Si nous devions énumérer nos faiblesses, nous dirions d’abord l’instabilité politique, la faiblesse des institutions républicaines, de l’éducation, l'absence d’infrastructures routières et agricoles, l'absence d’investissement direct étranger, la fragilité de l’environnement, l’insuffisance des services financiers et des services d’assurance, l'absence d'appui à l’entrepreneuriat, l'inexistance de la politique d’emploi, etc. Ce sont ces différents obstacles qui obstruent la route vers la croissance et rendent irréalisable le rêve de hisser Haïti au rang des pays émergents vers 2030. 

Aujourd’hui, à défaut de pouvoir concrétiser ce rêve, il nous reste encore la possibilité de nous rattraper en essayant de nous mettre à la tâche et de consolider nos acquis. Pour ce faire, il faut d’abord penser à renforcer les secteurs qui montrent une certaine propension à la croissance. Le secteur bancaire, par exemple, qui, en dépit d'une conjoncture houleuse, fait montre d’une stabilité et d’une rentabilité prouvées. Certains progrès sont à mettre à l’actif de ce secteur au cours de ces dernières années, comme le Mobile Banking, les cartes de crédit et de débit. Ceux-ci donnent la possibilité aux clients d’utiliser davantage la monnaie électronique au lieu de la monnaie fiduciaire au moment où les braquages et les actes de rançonnement deviennent monnaie courante dans le pays. 

À l’approche de la nouvelle année, nos souhaits au secteur bancaire vont dans le sens d’une amélioration dans les services de cartes de crédit et de débit au bénéfice des clients. Ces derniers perdent parfois des temps précieux dans les lignes ou dans les machines RTM pour se refuser un service à un moment crucial. Défaillance des ondes ou des machines oblige. 

Plusieurs décennies depuis l’avènement des banques commerciales en Haïti, la population est haïtienne gravement sous-bancarisée. À côté du chômage, l’exclusion financière demeure l’un des indicateurs de la pauvreté à laquelle est confrontée la grande majorité des Haïtiens vivant dans l’arrière-pays. Pourquoi l’inclusion financière en Haïti ne peut pas suivre l’évolution de la téléphonie mobile ? Ce serait déjà un grand pas vers la croissance. 

L’année fiscale 2015-2016 a vu une relance de la production agricole qui a connu une croissance de 3%, soit une des meilleures progressions pour cette année. Malheureusement, le secteur agricole haïtien est confronté à des difficultés énormes qui l’empêchent de se développer adéquatement et de contribuer plus fortement à la croissance du PIB. L'une des contraintes de ce secteur est l’absence d’une politique viable qui apporterait aux exploitants de ce secteur une amélioration de leur condition de vie. La deuxième contrainte de ce secteur lui vient de la concurrence déloyale que lui font les produits étrangers importés au pays. Ces derniers bénéficient d’une politique tarifaire assez favorable aux importations que l’État haïtien pratique depuis des décennies au détriment du secteur qui ne bénéficie d’aucun incitatif à leur survie. Face aux intempéries qui menacent continuellement les récoltes, les producteurs n’ont quasiment aucun recours de la part des autorités étatiques ni des compagnies d’assurance. Notre vœu pour l’année 2017 est que les banques et le secteur des assurances s’impliquent davantage dans l’agriculture pour que le secteur agricole retrouve sa prospérité d’antan. Pourquoi le secteur des assurances est si peu connu en Haïti ? Plus d’un demi-siècle depuis l’implantation des premiers services d’assurance dans le pays, l’évangile des assurances n’est pas trop vulgarisé en Haïti, un pays trop enclin aux catastrophes naturelles. En témoigne l’absence d’une loi-cadre régissant le secteur des assurances dans le pays. Comment imaginer un tel état de fait au XXIe siècle où partout à travers le monde les services d’assurance constituent un levier indispensable à l’économie. 

Le séisme du 12 janvier 2010 et récemment le passage du cyclone Matthew, qui ont causé des dégâts incalculables au niveau de l’économie nationale, témoignent de l’importance des services d’assurance dans le processus de relèvement économique après les catastrophes naturelles. L’importance des services d’assurance est tellement méconnue que certains propriétaires d’entreprises très connues dans le Sud du pays n’ont pas su se prémunir d’une couverture d’assurance. Il en résulte que ces entrepreneurs, dont les entreprises ont été totalement détruites par Matthew, se retrouvent aujourd’hui seuls et désarmés quand il s’agit d’amorcer la relance. 

Pour 2017, nous formulons le vœu que le Parlement haïtien vote la loi sur les assurances et ainsi participe au processus de renforcement de l’économie. Enfin, les investissements directs étrangers fuient Haïti depuis que les échauffourées politiques ont transformé le pays en un vrai champ de mines. Cela se ressent à tous les niveaux de la vie nationale, particulièrement au niveau de la création d’emplois stables où Haïti est le pays de la région où le chômage a la plus forte proportion. D’où le renforcement de l’oisiveté et de ses corollaires immédiats, la délinquance, le vol, le banditisme, etc. 

Nos vœux les plus chers pour 2017: que les politiques s’organisent pour trouver d’abord par un moyen efficace et sans heurt, un successeur élu au président Michel Martelly et ensuite assurer sur la durée l’alternance démocratique au profit du démarrage économique! 

Garry Cyprien source le nouvelliste



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