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Andy Apaid: Le fisc au service de la persecution politique

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L’industriel et ancien dirigeant de la société civile, André Apaid, a radicalisé un peu plus sa position vis-à-vis du pouvoir en accusant vendredi le Président Michel Martelly d’avoir instrumentalisé la justice pour faire sortir une « liste politique » de membres du secteur privé supposément en contravention avec le fisc, mais dans un contexte où le régime tend à instaurer le règne de l’arbitraire.

Dénonçant la « peur » qui s’installe dans les milieux d’affaires et qui compromet les investissements autant que la création d’emplois, l’ex-fer de lance du groupe des 184 au temps du GNB anti-Aristide s’est déclaré déterminé à défendre jusqu’au bout ses droits tout en prédisant un avenir sombre pour Haïti.

« Je demande au Président de cesser de faire le fanfaron et d’instrumentaliser des personnes, ça ne résoudra pas les problèmes du peuple haïtien », a martelé Apaid qui en a profité pour pointer du doigt le chef du parquet de Port-au-Prince, Me Jean Renel Sénatus qui, selon lui, aurait sous les diktats de M. Martelly, transmis avec zèle au service de l’immigration la liste des entrepreneurs interdits de voyage. « Le commissaire du gouvernement répond directement du chef de l’Etat », a renchéri l’industriel entouré de deux de ses avocats, Mes Gervais Charles et Stanley Gaston, totalement en phase avec leur client dans son argumentation.

« Si c’est ainsi que les autorités continuent à gérer le pays, ils vont le précipiter dans une crise sans précédent », a-t-il poursuivi lors d’une conférence de presse précédée 48 heures plus tôt d’une lettre ouverte au chef de l’Etat dans laquelle il l’avait mis en garde contre un retour au statu quo ante.

Démentant catégoriquement les propos des responsables de la direction générale des impôts selon lesquels il aurait régularisé sa situation en dépêchant un comptable à la DGI, l’entrepreneur -refoulé à l’aéroport de Port-au-Prince quelques jours après avoir eu des échanges vifs avec le Président Martelly sur le CEP permanent- avoue n’avoir pas encore repris possession de son passeport confisqué.

Jouant volontiers le rôle de porte-parole d’une aile du patronat qui se sentirait menacée par le gouvernement Martelly/Lamothe, André Apaid, qui dit n’être personnellement à la recherche d’aucune faveur de l’administration fiscale, a indiqué que les entreprises de plusieurs de ses collègues méritaient en revanche certaines considérations pour avoir victimes de troubles politiques, d’embargo ou du tremblement de terre dévastateur de 2010.

Au cours d’une autre conférence de presse vendredi, la DGI a fait le point sur la situation en indiquant avoir décidé d’annuler les bordereaux émis à l’encontre d’Apaid après avoir reçu des documents prouvant qu’il avait, en 2002, bénéficié de quinze années de franchise fiscale. spp/Radio Kiskeya

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