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Arrestation et transfert de Guy Philippe : les autorités ne pipent mot

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Silence radio du côté du palais national et de la Primature plus de 24 heures après l’arrestation et le transfert vers les Etats unis du sénateur élu, Guy Philippe. L’ambassade américaine à Port-au-Prince salue cette arrestation et indique qu’Haïti et les Etats-Unis collaborent depuis longtemps dans le domaine de la justice. Entre-temps, dans le département de la Grand’Anse, les partisans de Guy Philippe sont sur pied de guerre alors que ce dernier a eu, hier vendredi, sa première comparution devant la justice américaine. 

Pas même une note ni du côté de la présidence, encore moins du côté de la Primature dont le Premier ministre Enex Jean-Charles est le président du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN). Sans succès, Le Nouvelliste a tenté, hier, d’entrer en contact avec ces autorités. Convoqué, vendredi, par la commission Justice et Sécurité du Sénat pour venir s’expliquer sur l’arrestation de Guy Philippe, le ministre de la Justice a demandé aux sénateurs de reporter l’invitation.

« Toutefois, par rapport aux faits évoqués, un rapport circonstancié vous sera acheminé à partir des premiers briefings reçus des services compétents », a écrit Me Camille Junior Edouard aux sénateurs.

Parallèlement, dans un communiqué publié vendredi, « l’ambassade des Etats-Unis salue l’arrestation par la Police nationale d’Haïti le jeudi 5 janvier de Guy Philippe, un fugitif recherché, et la félicite pour son professionnalisme dans la manière dont elle a mené cette arrestation.  Monsieur Philippe a été transféré sous la garde des Etats-Unis. Les États-Unis et le gouvernement haïtien ont une coopération de longue date en matière judiciaire et d'application de la loi, et nous sommes impatients de poursuivre notre coopération à l'avenir. »

Le responsable du Consortium, le parti politique sous la bannière duquel Guy Philippe a été élu sénateur, considère l’arrestation de l’ex-commissaire de police comme « un acte de kidnapping ». Jeantel Joseph évoque l’article 41 de la Constitution haïtienne pour dénoncer les autorités haïtiennes qui ont laissé faire des étrangers sur le sol national. « Aucun individu de nationalité haïtienne ne peut être déporté ou forcé de laisser le territoire national pour quelque motif que ce soit. Nul ne peut être privé pour des motifs politiques de sa capacité juridique et de sa nationalité », selon l’article.

S’agissant de l’Accord entre Haïti et les Etats-Unis sur la lutte contre le trafic des stupéfiants dans la région, le leader politique souligne que « la loi mère est au-dessus de tout… » Il exige le retour en Haïti de Guy Philippe tout en appelant la population à la mobilisation.

L’autre sénateur élu du département de la Grand’Anse, Sorel Jacinthe, estime que cet Accord entre les deux pays devrait être renégocié. Même s’il a dénoncé la façon dont Guy Philippe a été appréhendé, l’ancien président de la Chambre des députés, souligne que tout le monde était au courant que la DEA cherchait à arrêter Guy Philippe depuis longtemps.

Jacinthe a dénoncé des tentatives d’incendie perpétrés sur ses propriétés dans la Grand’Anse par des partisans de Guy Philippe qui l’accusent d’être de mèche avec ceux qui ont arrêté leur leader.

Selon l’acte d’accusation contre Guy Philippe, il est reproché à ce dernier d’avoir importé des stupéfiants sur le sol américain et de blanchiment des avoirs. Depuis 2005, la justice américaine l'avait déjà inculpé et cherchait le bon moment pour l’arrêter.

Vendredi, Guy Philippe a eu sa première audition. Il a été ordonné détenu sans possibilité de libération sous caution lors d'une audience initiale devant le magistrat américain juge Barry L. Garber du district sud de la Floride. L'audience de comparution de M. Philippe est prévue pour le 13 janvier 2017.

Selon l'acte d'accusation, entre 1997 et 2001, l’ex-commissaire de police a conspiré avec d'autres pour importer plus de cinq kilogrammes de cocaïne aux États-Unis. Entre juin 1999 et avril 2003, Guy Philippe aurait également conspiré avec d'autres personnes pour se livrer au blanchiment d'argent afin de dissimuler leur participation à des activités criminelles, y compris le trafic de stupéfiants. L'acte d'accusation allègue qu'en 2000, M. Philippe a transféré un chèque de 112 000 $ par l'entremise d'une institution financière, affectant le commerce interétatique et étranger, y compris les sommes provenant de l'entreprise de trafic de drogues illicites.

Le directeur exécutif du RNDDH qui n’est pas du tout surpris de l’arrestation de Guy Philippe se dit à la fois content et triste. Content, a dit Pierre Espérance, l’arrestation de l’homme fort de Pestel n’est que justice pour ses victimes. Triste, a-t-il ajouté, parce que la justice haïtienne n’a pas pu faire seule le travail. Selon le défenseur des droits humains, plusieurs autres sénateurs et députés se trouvent dans la même situation que Guy Philippe. Toutefois, M. Espérance s’est gardé de citer des noms.

Dans plusieurs communes du département de la Grand’Anse, des partisans de Guy Philippe ont gagné les rues pour exiger le retour de leur sénateur élu. Les manifestants ont attaqué des commissariats de police et mis le feu à plusieurs institutions. On enregistre également plusieurs blessés par balle et à l’arme blanche. 

Robenson Geffrard source le nouvelliste


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