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Artisanat : cap sur le marché international

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Dona Karan, la designer américaine de renommée internationale, croit que l’artisanat haïtien doit viser le marché international. Ce ne sera pas sans efforts pour améliorer les créations, ni sans des écoles vocationnelles pour mieux former les artisans.

2 heures, samedi 25 octobre. Au Parc Historique de la Canne à Sucre, des dames sortent leurs éventails. La canicule s’invite à la 8 e édition d’Artisanat en fête. « Il faudra inventer le climatiseur au grand air », plaisante l’ex-Galata, Margareth Graham, sac en main, entre le stand de M. Gomier, Albert Einstein et  Frantz Duval, l’un des coordonnateurs de l’évènement. La chaleur n’étiole en rien la volonté du public de découvrir, de redécouvrir les créations de quelque 200 artisans.

Pour l’aventure, Dona Karan, la designer américaine de renommée internationale, s’est préparée. Chignon stricte, sandales, lunettes de soleil, corsages noirs sans manches, elle refait une immersion dans l’univers du bois, du fer découpé, des os, de la corne, des paillettes... Elle donne du temps au temps, regarde, photographie, passe commande, discute avec des artisans.

Des pièces en pierres taillées, en feuilles de tabac tapent dans l’œil de Dona Karan, ambassadeur de l’artisanat haïtien. Celle qui a porté, entre autres, des bijoux en corne pendant des interviews sur CNN et dans le show de la reine de la télé américaine Oprah Winfrey, constate des progrès. «Certaines pièces sont de standard international », constate Dona Karan, qui affirme être « inspirée par les artisans haïtiens ».

Les mots mesurés, la designer croit qu’il faut « maintenant viser le marché international ». Le potentiel est là mais l’encadrement manque, soutient Dona Karan, qui appelle à la création d’une école vocationnelle, d'écoles pour former aux métiers de l’artisanat. Pour le moment, il y a des discussions sur le sujet. On envisage la création de l’école, on envisage aussi des séminaires de formation, indique-t-elle en pensant à la compétition. Sur le plan international, l’Inde, le Vietnam, le Pérou sont des compétiteurs très sérieux, confie la designer, qui souligne « que tout est dans la présentation, le finish des pièces ». Entre-temps, les artisans n’ont qu’à aiguiser leur curiosité, faire des recherches sur Internet, regarder Youtube pour voir ce qui est tendance.

Martine Blanchard de l’IRPAH croit qu’il est nécessaire de faciliter la formation des artisans. « C’est très important », estime-t-elle, affirmant que des artisans ont fait beaucoup de progrès dans leur travail. Il en faut plus pour atteindre le marché international et damer le pion aux compétiteurs.

En attendant tout ça, Max E. Chauvet, directeur général du journal Le Nouvelliste, pense qu’il faut considérer l’artisanat comme un business. Parce que ce secteur a des potentiels, des hommes et femmes d’affaires doivent penser à investir dans cette filière. Ces investissements, croit Max E. Chauvet, pourraient permettre l’amélioration des créations des artisans.

Parce qu’il a été professeur pendant deux ans à l’école nationale des arts et métiers de Conakry, Nesmy Manigat, ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, affirme « que le pays doit offrir un encadrement spécifique aux jeunes créateurs pour leur permettre de professionnaliser leur production ». En ce sens, « l’ENARTS, les écoles gérées par l’INFP aujourd’hui, les centres privés ou l’apprentissage non-formel méritent d’être structurés ». « Nos jeunes créateurs ont besoin de maîtriser les matières et matériaux qu’ils utilisent, de même que des techniques de base en dessin, géométrie, électricité pour ceux qui font les jolies lampes, le marketing, etc. Ils doivent aussi suivre les tendances sur les marchés internationaux, les interpréter et s’en inspirer », soutient Nesmy Manigat, qui a passé des heures dimanche avec des artisans au parc.

« J’ai vu des créations à la 8 e édition d’Artisanat en fête qui ne manquent pas grand-chose pour être proposées à de grandes chaînes ou des boutiques spécialisées », confie-t-il. « C’est ce qui a justifié la participation du ministère de l’Education à cet évènement à travers l’Institut national de formation professionnelle (INFP) qui se doit de se réformer afin de pouvoir accompagner cette industrie créatrice de richesse et d’emplois », selon Nesmy Manigat. « J’ai aussi vu, même timidement,  la formation de clusters intéressants entre des créateurs, des industriels et des exportateurs. Il y a là un potentiel riche », révèle le ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle.

Roberson ALphpnse Source: Le Nouvelliste



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