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DEA/Guy Philippe: Situation de tension dans la Grande Anse

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Une situation de tension règne, actuellement, dans la ville de Jérémie (département de la Grande Anse), tôt dans la matinée de ce vendredi 6 janvier 2017, suite à l’arrestation, la veille, de l’ancien militaire et officier de police, Guy Philippe.

Le sénateur élu aux dernières élections a été finalement arrêté par la Brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants (Blts), à Pétionville (périphérie, est) dans l’après-midi du jeudi 5 janvier 2017, puis extradé dans la soirée, par les agents de la Drug enforcement administration (Dea) vers les États-Unis.

Actuellement en Floride, Guy Philippe s’est présenté devant un juge dans la matinée du vendredi 6 janvier 2017.

Des partisans de Philippe ont dressé des barricades de pneus usagés enflammés dans plusieurs communes du département de la Grande Anse notamment à Jérémie, en signe de protestation à cette arrestation.

Plusieurs étrangers auraient été obligés de se réfugier au commissariat de la ville par peur de représailles contre eux, rapporte un témoin à AlterPresse.

Des médecins cubains auraient été aussi attaqués par des individus non identifiés.

Les principales activités de la ville notamment les transports publics et le fonctionnement des institutions bancaires ont été perturbés.

Des dispositifs de sécurité sont mis en place pour protéger le périmètre du commissariat de Jérémie ainsi que les étrangers face aux manifestants en colère, qui réclament la libération de Guy Philippe.

Ce n’est pas normal que des étrangers viennent arrêter un citoyen haïtien et l’extrader alors qu’Haïti est un pays souverain, souligne la directrice nationale de la Commission épiscopale (catholique romaine) Justice et paix (Ce/Jilap), Jocelyne Colas Noël, jointe au téléphone par AlterPresse.

Toutefois, la détention, par Guy Philipe, d’un certificat de l’institution électorale qui reconnait qu’il est élu sénateur ne justifie pas que les autorités ne puissent l’arrêter pour des actes qui lui ont été reprochés depuis quelques temps, avance-t-elle.

L’ancien officier était poursuivi par la justice haïtienne et avait un mandat d’amener émis à son encontre, rappelle-t-elle.

« On a arrêté un citoyen élu, en marge de la loi », dénonce, pour sa part, Reynald Guerrier Luberus, le responsable de la communication du Parti haïtien tèt kale (Phtk), de l’actuel président élu, Jovenel Moise.

Luberus dit attendre des explications du président de la république, Jocelerme Privert, du Ministre de la justice et de la sécurité publique, Camille Edouard Junior, ainsi que du ministre de l’intérieur et des collectivités territoriales, Annick François Joseph, sur ce qui s’est produit.

« Il n’y a pas eu d’arrestation, c’était un kidnapping. Le gouvernement a commis un crime de haute trahison », fustige-t-il.

C’est un complot pour empêcher à Guy Philippe d’entrer en fonction, selon un de ses avocats, Me Reynold Georges, pointant du doigt le président provisoire qui aurait, selon lui, extradé, le sénateur élu.

Élu au Sénat lors des élections législatives partielles du 20 novembre dernier, l’ex-chef rebelle armé, ayant conduit à la chute du régime de l’ex- chef d’Etat, Jean Bertrand Aristide en 2004, a promis de combattre la corruption, d’œuvrer au rapatriement de la sécurité intérieure et de la souveraineté du pays.

Des mandats d’amener ont été émis contre Guy Philippe, en ce qui concerne l’attaque, dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 mai 2016, d’un commando, en treillis militaire, lourdement armé, contre le commissariat de police des Cayes, troisième ville du pays (département du Sud) à environ 200 km au sud de Port-au-Prince.

Parallèlement, Guy Philippe a été poursuivi depuis une dizaine d’années par la police nationale et la Drug enforcement administration (Dea) pour trafic de drogue présumé.

En 2007, une intervention musclée a eu lieu en sa résidence à Bergeau (Sud). D’autres opérations ont été menées par la suite dans la Grande Anse et particulièrement dans les environs de Pestel, fief de l’ancien militaire.

Alter Presse



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