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Delmas 2 et Bel-Air livrés aux bandes armées

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La multiplication du nombre des victimes innocentes et le crépitement des balles à tout moment terrorisent la population contrainte de partir ou de s’exposer quotidiennement à la mort, dans un milieu populaire extrêmement pauvre qui se transforme en zone de non droit sous le regard presque indifférent des autorités

 

La situation sécuritaire s’est nettement dégradée ces derniers jours dans les quartiers de Delmas 2, rue Saint-Martin, rue Tiremasse et du Bel-Air (centre de Port-au-Prince) où les gangs ont instauré un climat de terreur ayant fait des victimes, provoqué l’exode de nombreuses familles et la quasi-paralysie des activités.

Selon une enquête de Radio Kiskeya, des tirs nourris sont entendus de jour comme de nuit et forcent les riverains qui y sont encore à se terrer chez eux. Car, à tout moment on peut se faire tirer dessus.

Des témoins, qui n’ont plus le moral, racontent que depuis deux semaines, des bandes rivales fortement armées, en provenance de Delmas 2, s’affrontent continuellement au mépris des droits les plus élémentaires de la population civile. Plusieurs passants ont été blessés par balle.

Une personne aurait même été tuée mercredi après avoir été touchée pendant qu’elle circulait à moto à la rue Tiremasse.

L’enfer vécu au quotidien par les résidents de cette zone populaire de la capitale se répercute aussi dans le flux des activités. La circulation automobile a considérablement diminué et les portes des entreprises, boutiques, entrepôts, petits magasins et banques de borlette sont pratiquement fermées.

Les personnes interrogées admettent que ce secteur de la capitale toujours grouillant de monde est sur le point de se transformer en zone de non droit, comme au temps de « l’Opération Bagdad » que les partisans de l’ex-Président Jean-Bertrand Aristide avaient déclenchée au lendemain de sa chute, en 2004.

Inquiets pour leur propre sécurité et celle de leurs proches, elles exhortent les autorités à lancer rapidement une opération en vue de mettre les bandits hors d’état de nuire et de permettre un retour à la normale.

Cependant, parallèlement certains dénoncent des arrestations abusives que la Police nationale et la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) auraient effectuées au cours de deux descentes, samedi dernier et ce jeudi.

Deux militants Lavalas très actifs au Bel-Air, Thimothé Rony et Franco Camille ont également élevé de vives protestations contre la détention de plusieurs dizaines de présumés innocents qui feraient l’objet d’accusations fantaisistes.

Les violentes confrontations entre les redoutables groupes armés de Delmas 2, du Bel-Air et de Sans-Fil, seuls maîtres des lieux, avaient déjà entraîné un début d’exode de la population, il y a quelques mois.

On ignorait encore si cette nouvelle escalade de la violence aurait ou non des motivations politiques dans ces quartiers marginaux, des barils de poudre dormants dont l’extrême pauvreté s’est encore dramatiquement aggravée. spp/Radio Kiskeya

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