Un grave incident a été à l’origine d’une vive panique mercredi en début d’après-midi devant les locaux de Radio Caraïbes FM (une station privée) que des policiers, ayant déclenché une grève de protestation, ont tenté d’investir avec l’intention d’agresser physiquement le Député Rodriguez Séjour qui, affirment-ils, serait responsable de l’assassinat mardi de Walky Calixte, un agent II du service de la circulation.
Fulminant de colère, les agents de l’ordre ont tiré des coups de feu en l’air au moment où l’élu de la première circonscription de Port-au-Prince quittait la station dans une atmosphère très agitée après avoir décliné, en direct sur les ondes, toute responsabilité dans la mort du policier survenue à la suite d’un autre incident dans lequel était impliqué le chauffeur du parlementaire.
Walky Calixte, un jeune policier de 27 ans, a été abattu en plein jour au volant de sa voiture à Martissant (banlieue sud de Port-au-Prince), marquant la poursuite d’une nouvelle série noire qui avait déjà fait la veille deux autres victimes dans les rangs de la PNH.
Le Premier ministre démissionnaire, Garry Conille, le ministre chargé des relations avec le Parlement, Ralph Théano, le Député Antoine Rodon Bien-Aimé et le directeur départemental de l’ouest de la police, Michel-Ange Gédéon, se sont rendus précipitamment à Radio-Télé Caraïbes en vue de faire revenir la situation au calme et de permettre à Rodriguez Séjour de regagner son domicile en toute sécurité.
Dans les accusations portées contre le Député, les agents du service de la circulation soutiennent que son chauffeur et également neveu avait été intercepté mardi par une patrouille policière en possession d’une arme illégale avant d’être libéré sous pression. L’homme, qui conduisait le véhicule officiel de M. Séjour, aurait, lors de son élargissement, proféré de graves menaces à l’encontre des policiers placés sous la responsabilité de Walky Calixte.
Ainsi, les agents très remontés contre le représentant de la troisième circonscription de la capitale sont arrivés à la conclusion qu’il aurait une grande part de responsabilité dans la disparition de leur frère d’armes.
En quittant Radio Caraïbes, Rodriguez Séjour a mis sur le compte de l’émotion la réaction des membres de la PNH et souhaité que la justice fasse toute la lumière sur cette affaire. Malgré le soutien de certains partisans, il avait toutes les peines du monde à s’exprimer au milieu d’un dispositif de sécurité qui l’obligeait à presser le pas face à l’hostilité des policiers.
Toutefois, auparavant, l’intéressé, qui a pu obtenir la libération de son protégé grâce à des interventions auprès du ministre de la justice, Michel Brunache, et du commissaire du gouvernement, Jean Renel Sénatus, avait reconnu que l’arme à feu incriminée lui appartenait et n’était pas enregistrée.
Pour sa part, le commissaire Michel-Ange Gédéon, arrivé sur les lieux dans le but de rétablir l’ordre, a lancé un appel au calme aux agents en les exhortant à s’acquitter de leurs tâches avec professionnalisme. Le responsable de la direction départementale de l’ouest de la PNH annonce l’ouverture d’une enquête sur les incidents de mardi et mercredi et appelle le Député Séjour à se montrer coopératif.
En voyage, le directeur central de la police routière (DCPR), Will Dimanche, a appelé notre consoeur Radio Caraïbes pour faire part de son étonnement et condamner l’attitude inacceptable de ses subalternes. Le commissaire projette de rentrer rapidement à Port-au-Prince afin de remédier à cette situation à travers l’adoption de mesures appropriées.
Avant de se lancer à la poursuite du parlementaire, les protestataires avaient observé un arrêt de travail et paralysé la circulation dans certains quartiers comme le carrefour de l’aviation en confisquant les clés de plusieurs véhicules. En réaction à ce mouvement, des membres d’autres unités de la PNH sont intervenus pour permettre aux automobilistes de vaquer à leurs occupations non sans rappeler que les policiers n’ont pas le droit de se mettre en grève.
L’incident ayant visé le Député pendant qu’il se trouvait dans les studios d’une station de radio illustre une fois de plus le délitement des institutions publiques et représente une atteinte grave autant à la liberté des médias qu’au droit à l’information du public. spp/Radio Kiskeya





