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Deux ans après, Haïti se souvient du séisme

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image President Martelly - Memorial 12 Janvier a Titanyen

Haïti a commémoré, le jeudi 12 janvier 2012, le terrible tremblement de terre qui, il y a deux ans, avait ravagé le pays en tuant plus de 200 000 personnes et faisant 1,5 million de sans-abri. La reconstruction des villes sinistrées, dont la capitale Port-au-Prince, peine à progresser et le président Michel Martelly a rappelé en ce jour de recueillement l'importance pour Haïti de changer pour sortir de la pauvreté : « En 2012 que l’eau potable ne soit pas disponible pour la population, est-ce que ce n’est pas une catastrophe ? ».

C'est à l'endroit exact où sont enterrés, dans des fosses communes, des dizaines de milliers de victimes que la cérémonie de commémoration du séisme a eu lieu. Le président Michel Martelly a rendu hommage à ces femmes, ces hommes et ces enfants disparus le 12 janvier 2010. Il tient à ce que leur mort soit une leçon pour le pays :

« Jurons à ces disparus que nous sommes décidés à nous inspirer de la tragédie de leur passage dans l’au-delà. Nous en inspirer non pas pour nous lamenter et continuer à les pleurer, mais pour que l’exemple de leur trépas amène à aménager, à bâtir un habitat haïtien conforme aux exigences de sécurité commandées par notre nature aux caprices meurtriers et dévastateurs. Il nous faut aujourd’hui déconstruire bien des habitudes, nous approprier d’autres valeurs pour désamorcer tout risque de retour à l’horreur ».

Et le président haïtien d’ajouter : « Souvent lorsque nous parlons de catastrophes, nous nous référons aux tremblements de terre et aux cyclones. Aujourd’hui que tous les Haïtiens prennent le temps de la réflexion, je voudrais poser quelques questions. Je voudrais demander : est-ce que lorsqu’il y a une population qui ne peut pas payer un docteur et n’a pas accès aux soins de santé, est-ce que ce n’est pas une catastrophe ? Quand pour la population en 2012, c’est un luxe de savoir lire et écrire, de pouvoir aller à l’école, est-ce que ce n’est pas une catastrophe ? La misère fait que le peuple coupe tous les arbres pour fabriquer du charbon qui le fera vivre pour deux jours, alors que cela tue le pays, cela tue le peuple, est-ce que ce n’est pas une catastrophe ? En 2012 que l’eau potable ne soit pas disponible pour la population, est-ce que ce n’est pas une catastrophe ? ».

Le président Martelly sait que le traumatisme du séisme reste ancré dans le cœur des Haïtiens. Le pays veut néanmoins aller de l'avant mais les défis sont immenses et tous savent qu'il faudra du temps pour sortir de l'urgence humanitaire qui rythme encore le quotidien d'une large majorité de citoyens.

Amélie Baron

 

SOURCE: rfi

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2.10