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Moïse Jean Charles fait-il durer le suspens ?

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image Moise Jean Charles

 C’est la grande question que la majorité des observateurs se posent depuis cette vague d’accusation lancée par le sénateur du Nord contre certains membres de l’exécutif, notamment le Président de la République. À cet effet, l’audition du sénateur par la commission d’enquête sur la nationalité était plus qu’attendue. Déception. Diversion. Les preuves promises par Jean Charles se font attendre.

Le sénateur du Sud, Yvon Buisreth n’a pas caché sa déception suite à la rencontre de la commission avec Moïse Jean Charles. Il n’a déposé qu’un rapport mentionnant des numéros de passeport du président, explique Buisreth. Aucune preuve matérielle n’a donc, à date, été soumise.

Dans ce dossier soumis à la commission par le sénateur Jean Charles, le secrétaire rapporteur de la commission, Youri Latortue a confirmé qu’il consistait en effet en des données d'identification. Ce sont essentiellement des numéros de passeports, ainsi que leurs dates d'émission et d'expiration. Moïse Jean Charles a également soumis une liste de nom d’institutions et de personnalités de référence capable, dit-il, de fournir plus de détails sur les dossiers des autorités mis en doute dans le cadre de cette affaire.

Par ailleurs Youri Latortue préconise en terme de démarche qu'un questionnaire soit acheminé à la présidence afin de recueillir les informations nécessaires. Tandis que, poursuit-il, dans les cas du Premier Ministre, des ministres et des secrétaires d'Etat, ils pourront être l'objet de convocation par la commission sénatoriale d’enquête.

À pied d'œuvre, les membres de la commission ont informé que des correspondances ont été déjà adressées au Premier Ministre ainsi qu'aux membres du gouvernement afin qu'ils fournissent des copies de leurs documents de voyage. Elles sont 39 personnalités à être ciblées dans le cadre de ce dossier, explique Steven Benoit qui informe que la commission a déjà en sa possession les documents de 37 d’entre elles. Pour les deux autres, le sénateur dit attendre leur cv pour éviter toute confusion sur leur identité.

Après la vérification des passeports des membres du gouvernement impliqués dans ce vaste scandale de double nationalité, Steven Benoit annonce que la commission se penchera sur la vérification des cartes d’embarquement. Certains ministres et secrétaires d’état ont beaucoup voyagé et ont eu durant ces 15 dernières années, précise Benoit, plus de 15 passeports. Conséquemment, Benoit explique que cela prendra du temps pour collecter toutes les cartes d’embarquement.

Déjà les membres de la commission se heurtent à certains obstacles. En effet, le certificat de nationalité qui durant la période électorale, rapporte John Joël Joseph, fut délivré aux candidats par le Ministère des affaires étrangères ne relève plus de l’attribution de ce ministère. Bizarre ! En tout cas le sénateur informe qu’il a été référé au Ministère de la justice qui participe à l’émission dudit certificat.

Joseph Lambert, allié déclaré du Président Martelly a une nouvelle fois renouvelé sa volonté de mener jusqu’au bout cette affaire. « Les membres de la commission n’auront aucun état d’âme. Nous ferons le travail avec le plus grand sérieux et la plus grande transparence », a t-il promis. Nous n’écartons pas la possibilité, soutient Lambert, que des collègues parlementaires se déplacent à l’étranger pour rencontrer d’autres parlementaires et même des institutions internationales susceptibles de nous aider dans le cadre de cette enquête.

Moïse Jean Charles persiste !

Le sénateur du Nord, parait être sûr de son affaire. « La partie est terminée pour le Président Martelly. Plus rien n’est possible maintenant », a-t-il martelé, suite à sa déposition devant les membres de la commission, rapporte Radio Kiskeya. Le président serait selon Moïse Jean Charles détenteur de passeports italien et américain ce qui constitue une violation flagrante de la constitution a insisté le sénateur.

L’enquête sera très longue estime par ailleurs Moïse Jean Charles. Elle pourrait durer jusqu’à deux ans. Ainsi, a-t-il invité ses collègues à accorder la priorité au cas du Président qui serait plus déterminante pour l’avenir du régime en place. Les dossiers des ministres et autres secrétaires d’Etat pourront être analysés ultérieurement, suggère le deuxième Sénateur du nord.

Moïse Jean Charles, toujours selon Radio Kiskeya a fourni des informations sur l’origine des preuves des actes de naturalisation contre le chef de l’état. Elles seraient fournies par un particulier chez, qui, M. Martelly aurait l’habitude de séjourner en République Dominicaine.

En tout cas, les jeux se corsent. Des têtes pourraient encore être coupées. Comme à son habitude, le Premier Ministre, Garry Conille, se veut conciliant. Il a assuré qu’il était à la disposition de la commission. Rien n’annonce donc des lendemains meilleurs pour le peuple haïtien. Une fois de plus, le pays fait face à une crise en gestation qui pourrait déchirer un peu plus le tissu social.
Lionel Edouard
doulion29@yahoo.fr
Source: Le Matin
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