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Douze mois après, l’environnement plus malade que jamais

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L’administration Martelly a fait de l’environnement l’une de ses priorités. C’est d’ailleurs l’un des quatre « E » prioritaires. Douze mois après cependant, les problèmes semblent devenir plus graves. Aucune nouvelle loi ou mesure n’a encore été adoptée en vue de mettre fin à la dégradation constante de l’environnement. Protéger l’environnement pour ce gouvernement, c’est la reforestation intensive et la nécessité de satisfaire les besoins en énergie domestique. C’est la gestion intégrée des bassins versants et la restauration des sols dégradés. C’est aussi adresser la gestion durable de la biodiversité, la réduction de la vulnérabilité et de la fracture environnementale aggravée par le changement climatique. Mais les priorités passent et le temps de mandat s’écoule. Les études récentes font toujours état de 30 millions d’arbres qui sont abattus tous les ans. Trente-sept millions de mètres cubes de terre arable s’en vont à la mer. La plupart de nos bassins versants sont toujours dans un état de dégradation criante.

Le Premier ministre Garry Conille avait reconnu dans sa déclaration de politique générale que tous les indicateurs environnementaux ont dépassé leur seuil d’alerte. Qu’il s’agisse de la déforestation, de l’érosion des terres cultivables, de la pollution urbaine, de la dégradation des bassins versants et des zones côtières, de l’effritement de la biodiversité et de la sédimentation des rivières. Aussi le chef du gouvernement haïtien a-t-il compris que les problèmes de dégradation des ressources naturelles sont si graves que leurs impacts menacent directement les moyens de production et le cadre de vie des populations, surtout les segments les plus démunis et vulnérables.

L’ancien chef de la primature était convaincu de pouvoir établir un ensemble de mesures d’ordre systémique, technique et humain pour protéger la population et l’environnement contre toutes pollutions et nuisances induites. Parmi ses principales actions, M. Conille avait promis de lancer un programme forestier national sur le long terme comme corps d’une initiative de restauration de la couverture végétale en Haïti. Il comptait aussi mettre en place une infrastructure de production de plantules et de formation adaptées par la construction de dix centres de propagation végétale et de banques de gênes (1 par département) d’une capacité de production de 1 200 000 plantules forestières et fruitières/an, privilégiant une dizaine d’espèces nobles prisées par les populations locales.

En ce qui a trait à la gestion des déchets, il avait compris qu’il faut le renforcement de la capacité des mairies à gérer les déchets, promouvoir une industrie de recyclage de déchets susceptible de générer de l’électricité. Il croyait en un plan directeur de gestion des déchets solides (PDGDS) qui définirait précisément les modalités de mise en œuvre des principes contenus dans la vision stratégique. En fin de compte, le Premier ministre préconisait la production de matériel et la mise en œuvre d’une campagne de sensibilisation et d’éducation pour la sauvegarde des vies en cas de tremblement de terre. En effet, le Premier ministre haïtien avait promis de mener Haïti vers des emplois et une économie « verts ».

Mais comme certains analystes le font remarquer, l’instabilité politique ne peut que retarder les élans de développement. En Haïti, c’est bien le cas de le dire, d’autant qu’il n’y a jamais de continuité institutionnelle. S’il faut chercher ce qui est dans l’environnement considéré comme une priorité pour Michel Martelly douze mois après, il n’y a rien à voir. Les mêmes soucis demeurent. Il n’y a pas de mesures palliatives. Le déboisement et la déforestation restent les deux maux majeurs de l’environnement haïtien. Encore moins de 1,5 % de couverture forestière, selon les dernières statiques.

La politique du nouveau gouvernement Lamothe reconnaît aussi le mal. Les priorités n’ont pas changé. Jean Ronald Toussaint, toujours ministre de l’Environnement, assure que près de 10 millions de plantules qui seront mises en terre sur 300 mille hectares environ sont déjà disponibles. Il promet de mettre en branle une grande campagne de reboisement qui mobilisera des centaines d’établissements scolaires de la capitale et des villes de province. Le ministre Toussaint admet que le problème est sérieux et qu’il faut tenir compte de tous les départements du pays. Mais il est aussi conscient qu’il faut mettre l’accent sur la capitale, compte tenu du fait que l’Ouest est beaucoup plus vulnérable.

Pour ce qui a trait à la gestion des ordures, un colloque de deux jours a été organisé sous le patronage du président de la République en vue de dégager une nouvelle politique de gestion des déchets dans le pays. Le directeur du Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS), Jean Donald Paraison, en a profité pour se décerner un satisfecit pour les efforts déjà déployés à Port-au-Prince dans le domaine de la gestion des ordures.

Toutefois, d’aucuns sont d’avis que douze mois après, rien de vraiment concret n’a été fait pour protéger l’environnement qui se dégrade un peu plus chaque jour. Si certains efforts sont accomplis dans la question de l’éducation pour certains, les promesses de M. Martelly ne sont pas encore tenues en ce qui a trait à l’environnement. La situation demeure donc chaotique et le danger environnemental devient de plus en plus menaçant.

Jackson Joseph jajaph@yahoo.ca
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