Haïti en tête de liste des pays d'Amérique latine et des Caraïbes où l'on a le plus faim
Haïti en tête de la liste des pays d'Amérique latine et des Caraïbes ayant le plus faim, selon le dernier classement publié cette semaine sur l'indice de la faim dans le monde.
Avec un indice de 30.8, Haïti garde la tête de ce classement de l'Amérique centrale et des caraïbes, loin devant le Guatemala (12,7), la Bolivie (12,3), la République Dominicaine (10), l'Equateur (7.5) et le Salvador (5.7)
Ce chiffre est calculé en tenant compte de la proportion de la population sous-alimentée (en%), la prévalence de l'insuffisance pondérale des moins de 5 ans (en%) et la proportion de la mortalité infantile avant 5 ans (en%).
Haïti figure donc parmi les 5 pays au monde où la faim sévit le plus selon le classement 2012 de la Global Hunger Index (GHI). Les 4 autres lauréats sont le Burundi, l'Érythrée, l'Éthiopie et le Tchad.
La commission de stabilisation des prix mise en place par le gouvernement Martelly après les premières manifestations contre la faim, a remis son rapport aux autorités haïtiennes.
L'un des membres de ladite commission, Garry Mathieu, (responsable de la Coordination Nationale pour la Sécurité Alimentaire (CNSA) ) a fait savoir que des recommandations ont ont été faites au gouvernement pour qu'il mène de manière plus efficace la lutte contre la faim et l'insécurité alimentaire et garantisse la stabilité des prix.
Parmi ces recommandations, a dit Garry Mathieu, il y des propositions à très court terme, qui concernent en particulier, des activités à haute intensité de main-d'oeuvre de manière à permettre aux population d'avoir les moyens de faire face à leurs besoins alimentaires.
Le responsable de la CNSA a fait néanmoins remarquer que la problématique de la faim en Haïti est d'ordre structurel. Il a ainsi souligné que le problème ne sera pas résolu du jour au lendemain.
Il affirme que 6 propositions ont été faites au gouvernement en ce sens, citant entre autres, la mise en place de stocks stratégiques de produits de consommation dits sensibles, notamment, le riz et l'huile dont des commandes devraient être placée pour un an de manière à éviter les changements brusques des prix.
M. Mathieu parle également de la nécessité pour les commerçants d'avoir 15% de produits locaux dans leurs stocks, pour encourager la production agricole nationale.
Le gouvernement doit aussi mettre sur pied des structures d'achats locaux une fois les zones de production identifiées. Le rapport insiste aussi sur la nécessité que le gouvernement finance le plan de relance du ministère de l'agriculture 2012-2016 pour un montant de 12 milliards de gourdes.
Le président de l'Association Haïtienne des Economistes (AHE), Eddy Labossière a salué le travail de la commission de stabilisation des prix et les propositions faites dans le sens de la relance de la production agricole locale.
L'économiste a cependant fait remarquer que le gouvernement doit mener des études pour s'assurer que les coûts de production des produits locaux leur permettent de se vendre à un prix inférieur par rapport aux produits importés.
Si nous pouvons produire à des prix compétitifs, ce sera une bonne chose pour l'économie, a-t-il dit. Exprimant le souhait qu on aille au delà de simples recommandations, Eddy Labossière a insisté sur la nécessité pour le gouvernement de prioriser l'achat de produits locaux dans la réalisation des programmes de protection sociale dont Aba grangou et les cantines scolaires.
La mise en place de banques de crédits et doutils agricoles est également vivement recommandée par le président de l'AHE. AHP





