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« Haïti prend racines » : Initiative française en faveur de l’agroforesterie après les dégâts de Matthew

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image Herve Conan et Gotson Pierre courtoisie alter presse

 L’Agence française de développement (Afd) est en quête de 25 millions d’Euros pour financer un projet d’agroforesterie dans le Sud d’Haïti, à partir de 2017, afin de contribuer à la reforestation suite au passage, en octobre dernier, du puissant cyclone Matthew.

L’ingénieur Hervé Conan, directeur du département Amérique Latine et Caraïbes de l’Afd, en a fait l’annonce lors d’une interview accordée à AlterPresse durant une récente visite en Haïti, où l’organisme intervient depuis 40 ans.

« Haïti prend racines » est l’intitulé du projet, pour la mise en œuvre duquel des démarches sont en cours auprès du Fond vert pour le climat, un mécanisme de financement lié à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc).

« Le cyclone a mis en évidence le problème de l’environnement en Haïti. Les catastrophes s’amplifient… », souligne Conan. Il pense que l’agroforesterie peut constituer une réponse à la situation, en se basant, entre autres, sur des denrées comme le café et le cacao « qui ont de l’importance pour les gens ».

« Le cyclone est un argument supplémentaire pour démontrer aux institutions l’importance de ce sujet, l’importance d’aller vite et l’importance d’octroyer des financements pour que Haïti puisse se redoter d’une foret et éviter des catastrophes comme celles qui ont ravagé le pays ».

40 ans en Haïti

L’Afd intervient depuis 30 ans dans le secteur agricole du pays, notamment dans la Plaine des Cayes (Sud) et l’Arcahaie (Ouest) où des financements ont été accordés à des projets de sécurité alimentaire. « Un long parcours de travail avec les agriculteurs pour réaménager les périmètres irrigués et mettre en place des organisations de gestion de ces périmètres », dit Hervé Conan.

Dans ce cadre, des habitudes de travail ont également été développées avec le ministère de l’agriculture et « des choses (…) se sont pérennisées sur le terrain », ajoute-t-il.

Avec 400 millions d’Euros engagés en Haïti en 40 ans, dont une partie en prêts, annulés dans les années 1990, l’Afd n’est que le 6ème partenaire financier du pays. Mais elle « apporte un certain nombre de réponses méthodologiques », nuance le directeur régional de l’Afd.

Des 75 pays où l’agence a établi ses bureaux, « Haïti est le premier territoire, en dehors de l’Afrique », à être touché, à partir de 1976.

Comme d’autres pays classés parmi ceux qui sont vulnérables et qui n’ont pas « la capacité d’emprunter », le pays caribéen a accès à des subventions de l’Afd.

Depuis le séisme de 2010, 160 millions d’Euros faisant partie de la promesse d’aide française de 326 millions sont passés par cet organisme.

Dans ce cadre, un projet d’aménagement de quartiers précaires de la capitale (Martissant, Baillergeau) a été défini et mis en place « avec la société civile, le gouvernement et les municipalités », relève Hervé Conan.

Cette initiative est prise en exemple pour mettre l’accent sur le rôle de l’Afd en tant que financeur de développement et « non un opérateur ».

« On ne peut pas mettre en œuvre un projet sans un dialogue avec le ministère concerné. On doit répondre aux priorités du gouvernement », tout en recherchant l’implication de la population, précise le numéro 1 de l’Afd pour l’Amérique latine et les Caraibes.

D’autres actions sont soutenues en matière de santé et d’éducation, ce dernier domaine étant celui sur lequel la France concentre une partie de son aide, suite à la visite, l’année dernière, du président François Hollande à Port-au-Prince.

Le chef d’État français a promis 50 millions d’Euros de 2015 à 2020. « L’Afd remplira sa part », assure Hervé Conan.

Il reconnaît toutefois que ce soutien ne fera pas de miracle, tenant compte notamment du contexte local. Avec un État faible, il y a « plus de difficultés à avoir des résultats… On n’a pas de réponse rapide, pas de résultats immédiats », dit-il.

Il prend en exemple l’agriculture, qui, malgré ses potentialités, est confrontée à de nombreuses difficultés en Haïti.

Aide internationale et enjeux locaux

Interrogé plus généralement sur les avantages et contraintes de l’aide publique au développement dans le contexte actuel, Conan soutient qu’elle ne peut à elle seule assurer le développement. « C’est une part qui doit être vue à l’aune des autres enjeux plutôt locaux ».

Suite aux dernières conférences internationales sur le développement, « l’idée qui prévaut est que l’aide publique au développement doit pouvoir, au delà du financement de projet, aider les pays à se doter de moyens financiers pour leur propre développement ».

En Haïti aujourd’hui, les transferts de la diaspora représentent 25% du Produit intérieur brut (estimé à environ 8 milliards de USD).

« Comment faire pour que cette aide de la diaspora soit la plus efficace possible ? Comment travailler avec les banques locales pour que plus de financements soient disponibles localement ? », s’interroge le directeur de l’Afd pour l’Amérique latine et la Caraïbe.

Gotson Pierre Alter Presse 



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