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Haïti veut intégrer la Zone économique PetroCaribe

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Michel Martelly et Laurent Lamothe sont arrivés vendredi à Managua, la capitale de Nicaragua, pour participer au VIIIe sommet du programme PetroCaribe. D'un commun accord, le président de la République et le Premier ministre veulent intégrer Haïti dans la Zone économique PetroCaribe (ZEP) que prône Nicolas Maduro. Ils ne voient rien que des avantages...

Le programme PetroCaribe a huit ans. Comme pour faire d'une pierre plusieurs coups, les autorités vénézuéliennes veulent désormais non seulement continuer à supporter les pays membres du projet, mais elles souhaitent aussi les inciter à renforcer leurs productions nationales pour ensuite en bénéficier. Pétrole contre denrées alimentaires. Une façon pour la République bolivarienne de compenser ses huit milliards de dollars d'importation en produits alimentaires. D'où la volonté de Nicolas Maduro d'établir ce qu'il appelle la Zone économique PetroCaribe (ZEP).
 
C'est dans une capitale nicaraguayenne calme et bien préparée pour la circonstance que se déroule ce VIIIe sommet. Les drapeaux d'une vingtaine de pays, membres du programme PetroCaribe, flottent un peu partout à Managua.

Arrivés à l'aéroport international Augusto C. Sandino, dans l'après-midi du vendredi 28 juin, à bord d'un avion privé, Michel Martelly et Laurent Lamothe n'ont juré que par l'intégration d'Haïti dans la ZEP. Dans leur suite à l'hôtel Holyday Inn situé en plein coeur de la capitale, les deux plus hautes autorités d'Haïti expliquent les avantages de ce nouveau programme pour le pays de Dessalines.
 
Michel Martelly est déterminé et motivé. Il le dit à haute voix. Haïti peut intégrer la Zone économique PetroCaribe (ZEP). Le chef de l'Etat ne veut pas rater cette opportunité. « Le voeu du président Nicolas Maduro, a souligné le leader Tèt Kale, c'est de voir l'ensemble des pays bénéficiaires du programme PetroCaribe arriver à s'entendre sur le commerce, le transport aérien, la relance agricole, la lutte contre la faim...des problèmes auxquels font face tous les Etats de la région ».

Les pays de la ZEP seront ouverts entre eux. M. Martelly a souligné que ce projet ne consiste pas seulement à échanger des denrées contre le pétrole avec le Venezuela, mais il est aussi question d'un échange entre l'ensemble des pays membres de la Zone, particulièrement certainement le Venezuela.

Le numéro un haïtien est plus que sûr que le pays qu'il dirige va trouver des produits pour échanger avec ses partenaires de la ZEP. « Je n'ai pas besoin de parler des produits qui sont déjà prêts comme le  rhum Barbancourt, les colas...Actuellement, avec le ministère de l'Agriculture nous sommes en train d'identifier des filières. Au lieu de payer à PetroCaribe l'argent que nous lui devons tous les mois, nous investirons cet argent dans l'économie haïtienne afin de permettre aux planteurs de fonctionner... »

Une idée qui, selon le chef de l'Etat haïtien, va permettre à Haïti de respecter ses engagements envers le Venezuela et du même coup de développer la production nationale. « La ZEP est une formule qui est favorable à Haïti, a-t-il soutenu. Si aujourd'hui le Venezuela nous demande du maïs,  nous le produirons pour lui », a-t-il dit. Le locataire du Palais national a reconnu que le pays doit aussi investir dans le respect des normes et doit standardiser les produits qu'il va exporter.

La proposition d'établir la ZEP ne va rien changer dans la coopération bilatérale entre le Venezuela et Haïti, c'est une garantie des autorités bolivariennes et Michel Martelly s'en réjouit. Il voit déjà le pays en train de créer des emplois dans le secteur agricole. « Ce qui est intéressant avec le Venezuela, a -t-il dit, c'est qu'il promet d'acheter les produits au prix fort. Il ne va pas léser les intérêts des autres pays », s'est félicité le chef de l'Etat.


Le Venezuela veut développer le commerce entre les pays membres du PetroCaribe tout en leur permettant de payer leurs dettes, a renchéri le Premier ministre. La dette d'Haïti au Venezuela s'élève à environ un milliard de dollars. La République bolivarienne est prête à recevoir des produits alimentaires en guise de payement.  Le Bureau de monétisation qui gère le projet, au lieu de faire un payement mensuel, pourra investir dans les associations des planteurs et dans le secteur agricole. L'achat des produits locaux est garanti... », a expliqué Laurent Lamothe.

Cependant, le chef du gouvernement a reconnu qu'aujourd'hui nous ne sommes pas véritablement prêts à exporter. Mais « je suis sûr que tout le monde va se mettre au travail afin de produire pour l'exportation. Cela va générer des emplois dans le pays et donnera un nouvel élan à l'économie et au secteur paysan... »

Les pays membres du programme PetroCaribe commencent à se fixer sur la ZEP

Ce VIIIe sommet du programme PetroCaribe, qui se déroule à Managua,  capitale du Nicaragua, du 28 au 29 juin, est une occasion pour les pays membres dudit programme de se fixer sur la Zone économique intégrée. Pour la première journée du sommet, c'est Rose Anne Auguste, ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée des droits humains et de la Lutte contre la pauvreté extrême, qui avait la responsabilité de prendre position pour Haïti sur les termes de référence relatifs à  l'établissement de la Zone économique PetroCaribe.

Outre les problématiques relatives au transport, au tourisme, au commerce et à la production, Rose Anne Auguste a proposé d'inclure dans les termes de références les volets sociaux et culturels entre les peuples de la région.  

Au nom du gouvernement haïtien, la ministre a fait valoir la nécessité de créer les conditions pour permettre aux peuples de la zone de partager leur immense richesse culturelle. Des idées très applaudies par plusieurs pays, notamment Cuba et la Jamaïque. Madame Auguste a même proposé la création d'une université d'intégration qui permettra aux chercheurs des pays membres de renforcer leur potentialité.

« Il ne s'agit pas d'une université conventionnelle, a-t-elle souligné. Mais de préférence une université qui pourrait se faire à travers des centres d'intégration communautaire afin d'expérimenter la gastronomie, les créations culturelles des pays... »

Le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat haïtien, le sénateur Wencesclas Lambert se dit épaté par la proposition de la ministre Auguste. Le parlementaire du Sud-Est qui a pris part à la séance des discussions qui s'est tenue à l'hôtel Holyday Inn, vendredi, se dit prêt à soutenir la position du gouvernement au Parlement.

Ce samedi, c'est le président du Nicaragua lui-même, le commandant Daniel Ortega,  qui fera la lecture  du procès-verbal du VIIIe sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du programme PetroCaribe. Le travail réalisé sur les termes de références de la formation de la ZEP sera également présenté aux décideurs des pays membres pour les discussions finales.

De retour chez lui, chaque dirigeant doit former son propre groupe interne pour continuer à travailler sur les termes de références. Les Etats resteront en contact à travers une commission formée d'un représentant de chaque pays. Dans exactement trois mois, ils se réuniront pour se fixer à nouveau sur les avancées de la ZEP.

Robenson Geffrard Le Nouvelliste



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