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Indignation toujours vive

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Des étudiants molestés, blessés ; des pare-brises cassées ; une bibliothèque saccagée ; du matériel endommagé ou volé ; un colloque international interrompu : c’est le bilan de la violente intervention des partisans du président Michel Martelly à la Faculté d’ethnologie (Fe) le 17 février dernier.

Accompagné de plusieurs centaines de sympathisants, le chef de l’Etat, Michel Joseph Martelly, qui voulait pénétrer dans les locaux de la faculté a essuyé la résistance des étudiants, selon ce qu’ont rapporté plusieurs témoins.

Toutefois, le bureau de communication de la présidence explique que ce sont « des fauteurs de trouble réfugiés dans l’enceinte de la Faculté d’Ethnologie, [qui] ont agressé le cortège du Président de la République qui parcourait l’aire du Champs de Mars à pied accompagné de bandes carnavalesques ».

Quelques heures après, le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Jean-Renel Sénatus, s’est transporté sur les lieux afin de constater les dégâts et a promis de mettre l’action publique en mouvement contre les auteurs.

Tabassé en présence du président

Inquiets, les parents de l’étudiant en 4e année de psychologie, Pierre Emile Duverseau, ayant été « transporté à l’hôpital dans un état critique » après avoir été sévèrement battu par les partisans du président, ont fui la capitale, selon James Beltis, délégué des étudiants de la Faculté des sciences humaines (Fasch) au Conseil de l’Université d’État d’Haiti.

Selon nos sources, l’étudiant Duverseau se trouverait actuellement dans sa ville natale (de province), où des soins lui sont prodigués par ses proches.

« Quand on a été tabassé en présence du président de la république (…) on a plus d’une raison d’avoir peur », estime l’étudiant Beltis.

« Incident inqualifiable »

Dans des déclarations relayées par plusieurs médias, le recteur de l’Ueh, Jean Vernet Henry, considère les évènements du 17 février comme « vraiment malheureux », un « incident inqualifiable ».

« Il n’est pas normal de lancer des pierres contre le cortège du Président », dit-il. Par contre, ajoute le recteur, « vu que le président se rendait à la Faculté d’Éthologie, il devait l’annoncer au décanat de la Faculté et (…) des mesures aurait été prises pour le recevoir correctement ».

Le professeur Henry se dit « consterné » par le fait que « des personnes on envahi l’enceinte de la faculté et ont tout cassé ».

Jusqu’à présent le Conseil de l’université, l’organe décisionnel suprême de l’Ueh ne s’est pas encore prononcé sur l’incident du 17 février 2012.

Contactés par AlterPresse, plusieurs membres du conseil ont condamné les violences et se sont indignés de ce qui s’est passé à la Fe.

Dans un texte de position transmis à AlterPresse, le délégué des étudiants de cette faculté, Cenanfils Junior, mentionne l’existence de pseudo-étudiants « roses », proches du pouvoir, qui auraient reçus plusieurs millions de gourdes pour l’organisation d’un carnaval à la Fe et à l’Institut national d’administration, de gestion et de hautes études internationales (Inaghei).

Contactés par AlterPresse, plusieurs membres du conseil ont condamné les violences et se sont indignés de ce qui s’est passé à la faculté d’ethnologie.

Qualifiant l’incident du 17 février de « provocation et de brigandage du président de la république », le collectif de mobilisation pour le dédommagement des victimes du choléra (komodevik), regroupant des organisations du mouvement social haïtien et des associations d’étudiants, propose, entre autres, que « les victimes, professeurs et étudiants, portent plaintes contre le pouvoir de Martelly ».

Le Komodevik rappelle que des « débarquements similaires » ont déjà eu lieu à l’Ueh, en 1992 à la Faculté des sciences (Fds), durant la période du sanglant coup d’État militaire contre le président Jean Bertrand Aristide, et en 2003, lorsque des supporters d’Aristide ont sauvagement investi la Fasch.

Cette fois, le président s’est présenté lui-même sur les lieux, souligne le regroupement, qui y voit un niveau poussé d’« avilissement » de la « présidence ». [efd gp apr 23/02/2012 14 :00] Alter Presse

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