Inite envers et contre tous
Passée la vague Lambert. Le directoire de la plateforme Inite a résisté. Les rafales de vent de l’ancien sénateur Joseph Lambert n’ont fait aucun dégât. L’annonce de la dissolution n’était que feu de paille. Les rencontres se sont poursuivies au cours de la semaine entre les membres fondateurs. Les documents légaux devront être déposés sous peu au ministère de la Justice pour l’enregistrement du nouveau parti Inite.
Mise en place
Levaillant Louis Jeune, Paul Denis et Saurel Jacinthe banalisent l’interdiction de leurs anciens alliés d’utiliser le nom Inite, et d’autres documents y afférents. Selon la même résolution, les contrevenants à cette disposition – parti, organisation, groupement, personne physique ou morale – encourent des sanctions civiles et pénales.
Cette résolution de quelques membres fondateurs, dont Joseph Lambert, Luc Fleurinor et Michel Clérié, ne préoccupe pas les autres membres de la plateforme. « Nous continuerons avec le processus sans coup férir », précise une source au sein de la structure politique qui tente de rassurer.
Selon notre interlocuteur, qui a souhaité garder l’anonymat, les statuts sont disponibles pour signature depuis quelques jours. Il reste aux parlementaires encore fidèles de les parapher, comme l’exige la législature haïtienne. Cela ne prendra pas beaucoup de temps, contrairement aux membres dissidents qui avaient donné trois mois à Joseph Lambert pour « liquider les biens meubles et immeubles de Inite ». Une opération, paraît-il, « conforme à l’article 8 des statuts de la Plateforme ».
Dans l’intervalle, se poursuivent les démarches en vue du prochain lancement du parti Inite. La presse aura droit à une mise au point la semaine prochaine. Alors, Levaillant Louis Jeune devra répondre à de nombreuses questions, notamment sur le poids politique de ce nouveau parti qu’il porte sur les fonts baptismaux. Seront aussi agitées l’éventuelle alliance avec Fanmi lavalas et la question des prochaines élections.
Adhésion
Des partis politiques fondateurs de la plateforme de René Préval, il ne reste que le MOP (Mouvement d’organisation du pays) du docteur Jean Joseph Molière, Le Konba de l’ancien ministre Evans Lescouflair, ayant un statut d’observateur.
Pour concrétiser ce rêve, l’expérience politique des militants comme l’ancien ministre de la Justice Paul Denis est un gros atout. Sa verticalité et son intégrité ne font pas de doute. Cependant, il faudra aussi galvaniser le leadership et le sentiment d’appartenance des autres membres adhérents.
à ce propos, le député de Torbeck/Chantal, Guy Gérard Georges, s’engage. Il déplore les événements ayant conduit au départ des autres membres, dont Joseph Lambert. « Tout a commencé avec la décision de transformer la plateforme en un parti politique. Certains ont tenté de tout chambarder, mais leur projet a échoué. Le parti Inite verra le jour contre vents et marées », affirme le parlementaire, qui n’a pas encore signé les nouveaux statuts.
Cependant aucune rencontre formelle avec le directoire n’a encore lieu pour finaliser le dossier. Guy Gérard Georges reconnaît des désaccords entre les membres de la plateforme qui s’apprête à devenir un parti politique. Le premier secrétaire de la Chambre des députés souhaite convaincre d’autres collègues sur cette question. « Ces divergences ne doivent pas engendrer le chaos ».
Le comité exécutif de l’ex-plateforme présidentielle avait exclu les ex-sénateurs Joseph Lambert (Sud-Est) et Kély C. Bastien (Nord). Il leur a été reproché leurs positions publiques contraires à celles de l’organisation. Leur soutien déclaré au président Michel Joseph Martelly était devenu intolérable.
Au parlement, Inite mise sur ses parlementaires et alliés. Les dernières négociations pour la formation du gouvernement Lamothe ont mis à mal les plateformes politiques haïtiennes. En quête de projet pour leurs circonscriptions, les parlementaires avaient négocié directement avec le Premier ministre. D’autres avaient soulevé des cas de corruption qui restent encore non élucidés.
Le nouveau parti politique devra mettre des garde-fous pour prévenir les éventuelles dérives. Mais tout n’est pas encore dit. Devenu conseiller du président Martelly, Lambert peut toujours jouer son va-tout. Il est pressenti comme membre du Conseil électoral permanent si la constitution amendée est publiée. Il serait l’un des choix de l’exécutif pour présider l’institution. Ancien coordonnateur national de la plateforme de Préval, cet animal politique aura-t-il encore les coudées franches avec ce pouvoir ?
Eddy Jackson Alexis
Le Matin





