Mme Josépha Raymond Gauthier, présente le plan stratégique de développement d'Haïti au Conseil économique et social des Nations unies
Mme. Gauthier
Le Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC), qui tient en ce moment sa session de fond annuelle pour 2012, s’est entretenu, mardi 24 juillet au matin, de la situation en Haïti avec Mme Josépha Raymond Gauthier, ministre de la Planification et de la coopération externe.
Au cours de cette réunion, Mme Gauthier a présenté les progrès réalisés dans le redressement du pays, tout en reconnaissant que la situation restait difficile. «Cette situation ne fera que s’aggraver si nos partenaires ne réalisent pas que l’heure n’est plus au découragement », a-t-elle dit. La ministre a indiqué que le gouvernement Martelly-Lamothe était résolu « à donner un meilleur visage à Haïti » en facilitant notamment les investissements et en promouvant l’Etat de droit. Pour ce faire, elle a qualifié l’accompagnement de la communauté internationale d’obligation, afin de mettre Haïti sur la voie du développement durable et de parvenir à l’objectif fixé par le président et le gouvernement, à savoir faire d’Haïti un pays émergent d’ici 2030. Le plan stratégique de développement, élaboré par le Ministère de la Planification, est un outil destiné à rationaliser l’aide apportée au pays et à la pérenniser. Il sera sous peu l’objet de consultations publiques avec tous les acteurs intéressés au développement du pays.
Lors de l’exposé détaillé du plan de développement, M. Claude Grand Pierre, conseiller spécial au Ministère de la Planification et de la coopération externe, a passé en revue la vision, les grands choix globaux, la stratégie et les grands chantiers pour le relèvement et le développement d’Haïti, à savoir les refondations territoriale, économique, sociale et institutionnelle. Grâce à ce plan, Haïti propose une vision et un schéma clair et vigoureux à l’ensemble des bailleurs de fonds, ce qui a longtemps fait défaut de la relation d’Haïti avec ses partenaires.
Mme Gauthier a souligné que ces priorités nationales devaient également être celles des partenaires internationaux d’Haïti afin d’assurer la cohérence de l’aide et de faciliter les investissements nécessaires au développement à moyen et long terme du pays.
Le nouveau cadre de coordination de l’aide au développement d’Haïti a aussi été abordé avec ses mécanismes tant gouvernementaux que conjoints d’efficacité de l’aide.
Le Conseil économique et social était également saisi du rapport de son Groupe consultatif sur Haïti, présidé par l’ambassadeur Guillermo Rishchynski, représentant permanent du Canada auprès de l’ONU, et composé de onze autres pays, tous proches d’Haïti et soucieux de son développement. Ce Groupe s’est rendu en Haïti en mai dernier et y a rencontré les autorités nationales, la société civile et les partenaires présents sur le terrain de façon à sonder les perspectives de développement et les besoins d’aide internationale. Dans son rapport, le Groupe a mis en exergue la pertinence du plan stratégique de développement élaboré par le gouvernement et appelé l’ensemble des acteurs internationaux à l’utiliser lorsqu’ils décident de l’aide à apporter au pays. Le Groupe incite également les bailleurs de fonds à avoir directement recours aux structures administratives haïtiennes plutôt que de passer par des canaux parallèles, qui ne font que disperser et fragmenter l’aide internationale. Parallèlement, des efforts continus sont attendus de la part des autorités pour mener à bien des réformes administratives et institutionnelles.
Participaient également à cette réunion, en duplex depuis Port-au-Prince, Monsieur Nigel Fisher, coordonnateur résident de l’ONU en Haïti, qui a fait état de l’appui du système onusien au plan stratégique et a appelé à un appui coordonné de la part de la communauté internationale pour lui donner effet. L’objectif de renforcement des institutions haïtiennes est au cœur des activités de l’ONU en Haïti au cours des prochaines années, a-t-il souligné.
Le débat qui s’en est suivi avec les Etats membres du Conseil (Australie, Brésil, Canada, Chili, CARICOM, Etats-Unis, El Salvador, Mexique, République Dominicaine…) a mis en exergue l’appui dont bénéficie Haïti. De nombreux pays ont en effet exprimé leur volonté de continuer à aider le pays et de l’intégrer pleinement parmi leurs partenaires régionaux et internationaux. Si cela passe par le respect de certains engagement eu égard au bon fonctionnement des pouvoirs publics, et suppose le maintien d’une présence internationale forte dans le pays, il n’en reste pas moins que la communauté internationale demeure dans de très bonnes dispositions vis-à-vis du gouvernement Martelly-Lamothe et désireuse de l’accompagner au-delà de la reconstruction post-séisme vers un développement à long terme. L&rsquo%3





