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Jovenel Moïse et les patrons se réunissent pour attirer des investissements

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Le président Jovenel Moïse et les patrons prennent langue, agissent côte à côte pour qu’Haïti, mauvais élève dans les classements mondiaux sur la compétitivité, reprenne du poil de la bête. Pour illustrer cette belle entente, ils ont entamé, lors d’une réunion au Palais national ce lundi, la dernière ligne droite vers l’organisation, à Port-au-Prince, du 20 au 22 septembre 2017, d’un forum sur la compétitivité et l’investissement. 

Pour la présidence, le Forum sur la compétitivité et l'investissement (FCI) « doit apporter une réponse à la vision du secteur privé, articulée à travers les différents documents produits par ce dernier ». Il y a plus. L’événement  doit aussi donner l’occasion  « de discuter d’une stratégie de développement des entreprises tenant compte des recommandations déjà émises », a indiqué le communiqué de la présidence qui  annonce la présence de deux invités spéciaux MM. Michael Porter et Daniel Isenberg. 

«Le président de la République, dans le cadre d'un partenariat structuré et consensuel entre l'Etat et le secteur privé, veut profiter de son quinquennat pour mettre définitivement Haïti sur la voie de la compétitivité en encourageant la création d'emplois durables au bénéfice du développement intégral du pays », a souligné le communiqué, qui révèle que le président de la République, au cours de cette rencontre, « a voulu faire part à ces interlocuteurs du secteur privé des principales préoccupations de son administration articulées autour des secteurs suivants : l'énergie, la maîtrise de l'eau de surface, les infrastructures et le logement ».

Faire le bilan des actions réalisées depuis les États généraux de l’investissement (EGI) 2012;  approfondir les réflexions sur la compétitivité du pays; discuter d’un plan d’action réaliste pour le développement des entreprises et de l’investissement; débattre des actions proposées dans le plan, par secteurs et par thèmes; lancer le momentum de réformes via la création d’un secrétariat de suivi de ce plan; initier l’institutionnalisation du dialogue public-privé  sont les objectifs poursuivis par le forum, a expliqué ce communiqué de la présidence. 

Le patron du forum économique du secteur privé, Bernard Craan, a indiqué que les discussions sur l’organisation du forum ont débuté au mois de juin dernier. Le rapprochement, a confirmé Bernard Craan, vise à créer les conditions pour attirer des investisseurs étrangers, des investisseurs haïtiens de la diaspora et d’autres investisseurs haïtiens qui ont déjà pris des risques en Haïti pour créer de la richesse, des emplois. « Le gouvernement et le secteur privé discutent et se mettent ensemble pour trouver les voies et moyens  permettant de créer cet environnement. C’est ce que nous faisons. C’est ce que nous allons faire la semaine prochaine », a indiqué Bernard Craan.

L’équipe, constituée de représentants du secteur public et privé, a travaillé sur des matrices sectorielles. Ces matrices doivent déboucher sur un plan d’action qu’on devrait avoir  à la restitution des actes du forum  au début du moins de novembre. Ce plan d’action sera suivi par un comité mixte privé-public pour assurer que les actions identifiées comme prioritaires sont mises en branle, que les moyens soient aussi disponibles. Il nous faut créer des emplois et de la richesse en Haïti, a insisté Bernard Craan.

Le secteur privé avait préparé un agenda de travail socioéconomique qui avait été présenté aux autorités au début  de leur mandat, au mois de mars, avril. « Maintenant, le gouvernement a préparé un agenda législatif. Nous avons discuté de ce cadre réglementaire », a dit Bernard Craan. Il a souligné que le cadre réglementaire non mis a jour n’est pas le seul obstacle. « La mise à jour du cadre réglementaire n’est pas le seul objectif que nous avons. Il y a des choses qui doivent se faire au niveau de la frontière. Il  faut contrôler cette frontière, s’assurer que ceux qui entrent dans le pays entrent dans des conditions régulières, s’assurer que les entreprises haïtiennes et les importateurs légaux soient mis dans des situations de concurrence loyale. Il faut s’assurer également qu’il y ait des conditions décentes de travail, que les employés du secteur privé et du secteur public reçoivent des salaires adéquats dans un environnement de travail incitatif qui leur permettent de produire et d’être efficients. Il faut faire coïncider les avantages incitatifs que nous avons avec un environnement de travail créateur de richesses. La qualité et la quantité d’infrastructures sont nettement insuffisantes. Il faut plus de routes, plus de kilowatts d’électricité à des prix acceptables, plus de ports et plus d’aéroports », a longuement expliqué Bernard Craan.

Pour le patron des patrons, il faut maintenant déterminer le comment de tout cela. Il a indiqué que le président Jovenel Moïse a jusqu’à présent exprimé la volonté politique pour agir lui et son gouvernement. « Nous allons travailler ensemble, informer les parlementaires, les écouter informer la population »,  a indiqué Bernard Craan. Il a affiché son optimisme face à ces sceptiques qui disent que des évènements similaires déjà organisés dans le passé n’ont pas donné les résultats escomptés. « Je comprends leur scepticisme. C’est vrai qu’il y a beaucoup d’initiatives similaires qui n’ont pas abouti. Cependant, 20 fois sur le métier, vous remettez votre ouvrage. Je suis relativement optimiste, je suis optimiste de nature. Je pense qu’il y a la volonté des deux côtés. Il faut que nous concrétisions tout ça », a estimé Bernard Craan. Si à l’avenir les résultats ne sont pas au rendez-vous, il va falloir s’asseoir et discuter pour trouver les moyens, a-t-il dit.

Haïti est le pays le moins compétitif du continent américain affichant un écart important par rapport à ses voisins dominicain et jamaïcain. Sur une échelle de 1 à 7, l'indice de compétitivité d'Haïti est estimé à 3.1 contre 3.8 et 4.0  pour la République dominicaine. Cet indicateur exprime le niveau de solidité et de l'efficacité des institutions, du développement des infrastructures, de la stabilité macroéconomique, du niveau d'accès et de la qualité de la santé et de l'éducation. Il prend en considération l'accès et la qualité d'éducation supérieure, l'efficience au niveau des marchés de biens et du travail, le développement du marché financier, de l'accès et la qualité des Technologies de l'information et de la communication et de la taille du marché local. 

Finalement, l'indice de compétitivité évalue la sophistication dans la gestion des entreprises et de l'innovation. Consulté au cours d'une enquête, le secteur des affaires haïtien a révélé que le niveau des taxes constitue le facteur le plus contraignant pour réaliser des affaires. Arrivent ensuite l'accès au financement, la corruption, l'inflation et une force de travail inadéquatement éduquée, a confié au journal l’économiste Kesner Pharel du Group Croissance qui fait le monitoring de la compétitivité d’Haïti.Les faibles niveaux de productivité et de compétitivité d'Haïti ont eu un impact très négatif sur la croissance économique et par voie de conséquence sur la capacité du pays à diminuer la pauvreté. Le renforcement de la productivité et de la compétitivité passe par l'adoption de politiques publiques dans les domaines macroéconomiques, de l'éducation, de la santé, de l'environnement, des TICs, de la Recherche et Développement, a ajouté Kesner Pharel.

En 2016, l'investissement dans la région Amérique latine et Caraïbes a atteint 167 milliards, et est en chute depuis qu’il a atteint son maximum (206.9 milliards de dollars) en 2011, précise le rapport de la CEPALC dans lequel elle appelle les pays à élaborer des politiques pour attirer des flux qui soutiennent les processus de développement durable.

Selon le rapport sur « l'investissement direct étranger en Amérique latine et dans les Caraïbes 2017 », qui prévoit pour 2017 une nouvelle baisse autour de 5%, les bas prix des matières premières et leur impact sur les investissements orientés dans les ressources naturelles et une croissance lente de l'activité économique dans plusieurs pays sont à l’origine de ces résultats.

En Haïti, l’IDE est resté relativement stable et a atteint 105 millions, bien que 2016 en particulier a été une année d'instabilité politique et le pays a été frappé par l'ouragan Matthew qui a fait des dégâts estimés à 21% du PIB. L'industrie de la sous-traitance, en particulier le secteur du textile, s’est montrée dynamique, indique le rapport annonçant un investissement à venir d’environ 90 millions de dollars dans deux projets dans le secteur.

MAS Holdings, un conglomérat de Sri Lanka spécialisé dans la fabrication de sous-vêtements, a annoncé l'ouverture d'une usine dans le parc industriel de Caracol, avec un montant estimé à environ 27 millions d'investissement. 

Ce projet ferait de lui le deuxième investisseur dans le parc après le Sud-coréen SAE-A Trading Co. Ltd., le leader mondial des textiles opérant dans ce parc industriel depuis 2012. Pendant ce temps, la société Winds Group, de Hong Kong (région administrative spéciale de Chine), a inauguré une nouvelle usine de vêtements de sport où ils fabriquent 12 millions de vêtements pour des marques de segment moyen des États-Unis et a annoncé qu'elle établira une deuxième usine pour doubler sa capacité de production en 2018. 

Par ailleurs, ce rapport souligne que le secteur du tourisme et l'image du pays ont été affectés en 2016 par l'instabilité et les dommages causés par l'ouragan Matthew. Le potentiel du secteur minier, estimé à 20 milliards de dollars en or et en métaux précieux, est aussi mentionné dans le rapport; mais la CEPALC a vite rappelé que, dans le pays, cela reste un sujet controversé.

Avant et après le séisme du 12 janvier 2010, les forums destinés à attirer les investissements directs étrangers se sont multipliés. L’ex-président Bill Clinton, le Nobel d’économie Mohamed Yunus, le professeur Paul Collier se sont investis en ce sens. Avec Michel Martelly et Laurent Lamothe, sur tous les toits, on criait « qu’Haïti is open for business ». S’il y a eu des investissements intéressants dans le tourisme et la sous-traitance, le volume d’investissements directs étrangers pour sortir l’économie de l’ornière n’est pas venu. Mais pour Jovenel Moïse et le forum économique du secteur privé, le pays est condamné à essayer et à chercher… 

Roberson Alphonse source le nouvelliste



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