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Kore Etidyan lancé sur fond de controverse

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image Président Martelly

Le président de la République, Michel Martelly, a officiellement lancé le programme d'assistance sociale « Kore Etidyan » dans les jardins du palais municipal de Delmas ce lundi 17 décembre 2012, lequel bout déjà sur un feu de vives polémiques.

Décontracté, le président s’est adressé à une foule d’étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) et des Universités publiques régionales (UPR). Comme un père à ses fils, le chef de l’Etat a exhorté les étudiants à être tolérants et à se soucier de leurs études comme de l’avenir du pays. L’absence des responsables  de l’UEH, dont le recteur Jean-Vernet Henry, était pour plus d'un très remarquée.

Kore Etidyan, l’un des derniers nés de l’ère Martelly, doit octroyer une allocation annuelle de 18 000  gourdes à quelque 28 000 étudiants de l’UEH et des UPR pour l’année académique 2012-2013. Selon le dépliant de communication, seuls les étudiants des universités publiques du pays régulièrement inscrits et enregistrés dans la base de données reliant les universités au Fond d’assistance économique et sociale (FAES) sont qualifiés pour recevoir cette allocation. Ces étudiants devront être, en outre, détenteurs de la carte d’identité nationale et de la carte d’étudiant valide, âgés de moins de 30 ans et posséder un téléphone Digicel.

« Sur plus de 10 000 dossiers soumis, 3 500 d’entre eux ont déjà reçu un premier versement de 2 000 gourdes, précise Bertrand Roy, représentant du FAES, maître d’œuvre délégué à la réalisation du programme. En plus de pallier les nombreuses entraves financières des étudiants, ce projet vise à  promouvoir l’excellence dans les universités publiques. »

Dédain, incompréhension, suspicion. Le programme « Kore Etidyan » ne convainc pas tout  le monde. A quelques pas de la cérémonie de lancement, il a suscité  de sévères critiques tout comme d'ailleurs ce programme est fortement critiqué par des autorités de l’université qui sont censés pourtant être des coresponsables.

« Il est tout à fait faux de dire que le programme est mené en collaboration avec l’Université d’Etat, fustige Jean-Vernet  Henry d’un ton ferme. J’ai appris la nouvelle seulement dans la presse. Jusqu'à très récemment, je ne disposais même pas du dépliant  d’annonce. Ce programme n’est pas de l’université. D’ailleurs, si nous avions à choisir, un tel programme ne verrait pas le jour. »

 « Nous avons bien d’autres besoins, poursuit l’agronome, dont un campus. Le gouvernement nous a promis cette année 10 000 dollars américains pour démarrer les travaux. Nous déplorons que cette promesse n’ait pas été tenue.»

« De plus, déclare M. Henry, nous ne partageons pas les modalités de qualification qu’impose le FAES.  Nous n’accepterons pas de transmettre notre base de données à une quelconque institution, qu’elle soit étatique ou non. La base de données de l’université est confidentielle. Et enfin, il n’est pas logique qu'on exige aux étudiants bénéficiaires de disposer d’un téléphone Digicel. »

Hancy Pierre, coordonnateur de la Faculté des sciences humaines, est lui aussi opposé à l’application du programme dans ses formes actuelles. « Bien que j’étais favorable à l’initiative, je constate de plus en plus que ce programme détruirait l’indépendance et l’autonomie acquises par l’université d’Etat. En ce sens, « Kore Etidyan » ne fait que suivre l’exemple d’autres projets qui ont, pendant les années antérieures, amenuisé l’élan de l’UEH. Y figurent les 300 plats par faculté distribués sous l’administration Préval et la distribution sélective d’argent sous les Duvalier. »

« En outre, conclut le travailleur social, les programmes d’assistance sociale sont en général le fruit d’une volonté de contrôle de la personne par une aide matérielle personnalisée. Ils sont élaborés en réaction aux programmes d’assistance publique qui,  sont menés en reconnaissance des droits sociaux et consignés dans des législations. En contournant les procédures requises, le programme « Kore Etidyan » paraît suspect.»

Depuis près d’une semaine, la Faculté des sciences humaines a arrêté le processus d’inscription des étudiants au nouveau programme « Kore Etidyan ». Malgré la protestation de quelques-uns, les responsables de ladite faculté exigent que le programme soit renégocié. Dans un communiqué datant du 7 décembre 2012, un regroupement  d’organisations estudiantines a dénoncé la discrimination faite par ledit programme à l’égard des étudiants-es âgés  de plus de 30 ans. « C’est un fait qui prouve que les dirigeants haïtiens (s’il y en a) ne sont pas conscients du fait que le système éducatif haïtien contient beaucoup de surâgés », écrivent-ils.

A l’argument de l’autonomie de l’Université s’oppose l’argument de l’autonomie des étudiants. Jean-Marie Théodat, doyen de l’Université de Limonade, vante le programme qu’il dit être magnifique. « Il est clair que grâce à ce programme, les étudiants pourront être mieux à même de mener leurs études. Avec cet argent, des familles pauvres seront très certainement soulagées. »

Depuis le séisme du 12 janvier 2010, la quasi-totalité des facultés de l’université d’Etat d’Haïti fonctionne dans des structures provisoires. Pour l’année 2012-2013, un budget d’environ un milliard et six cents millions de gourdes a été alloué au fonctionnement de l’UEH.

Dumas Maçon

Source: Le Nouvelliste



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